intersiderale - διαστρική

M1

A l’école des MANDAÏ/E/S...

CM5

lundi 1er avril 2002, par Cybermandaï-e-s

DANS NOS BIBERONS, on nous fourgait déjà de la graine de rentabilité.
Et viens que je te gave de fluor !
Et viens que je te fasse ingérer à haute dose du calcium qui te rendra plus forte !
Et ouvre ta bouche bien grande que j’y introduise l’huile de foie de morue qui renforcera ta protection naturelle !
Et ne vomis pas tout sur le tapis, s’il te plaît !
Prends des cours de diction, ma chérie !
Suis bien tes leçons d’anglais, mon chou !
Continue comme ça, mon amour, et quand tu seras grande, tu iras à l’Université.
Ah, tu es notre fierté ! Tu as vu ça, chéri, première de classe, qu’est-ce que je te disais ?
Tu auras tout ce que nous n’avons pas eu.
Toute notre sueur, toutes ces heures passées à trimer, tu nous les rendras au centuple !
Quand tu seras à l’Université, et puis après, quand tu seras devenu quelqu’un !
Nous croyons en toi, tu en es capable !
Combien d’entre nous ont entendu ces phrases ?
Combien d’entre nous ont cru, le temps de se forger des idées qui nous appartiennent, que l’idéal de nos parents était non seulement juste, mais qu’il allait se réaliser ?
Combien de fils et de filles d’ouvriers ou d’employés modestes ont vu s’ouvrir des portes refusées à leurs parents, pour qu’ensuite une mâchoire d’acier se referme sur eux ?
Pour qu’ensuite, à l’école des files de pointage et des discours bornés des employées du FOREM et des syndicats, nos savoirs imbibés de la sueur de nos parents se transforment lentement mais sûrement en incompréhension, puis en révoltes !
Pour que tout ce savoir, enfin transmis aux enfants des couches populaires, finisse en estampilles bimensuelles sur une carte qui voudrait contrôler nos actes et nos pensées !
Alors d’abord, on est perplexe. On se remet en question. On accepte de passer à la moulinette des entretiens d’embauche. Pour finir en charpie, évacués, ou pour obtenir un haché de sous-sous-sous statut quelconque, dans un secteur à vingt mille lieues de notre savoir et de nos savoirs-faire, où l’on nous demandera en prime d’être flexibles et malléables à tout va.
Deux fois, trois fois, dix fois, on apprend la leçon du mandaï, jeune employé précaire à haute polyvalence et à contrat merdique !
Jusqu’à plus faim, plus soif, plus envie, même plus de vivre.
Et puis on entend l’histoire d’un/e autre mandaï/e. Et d’un/e autre encore. Et dans les interstices de liberté que l’ONEM ou les patrons nous laissent par mégarde, on continue à lire, à écrire, à photographier, à cyber-échanger... Parce que c’est tout ce qu’on sait faire. Le savoir, c’est tout ce qu’on a bien voulu nous laisser. C’est aussi tout ce qu’on refusera de se laisser prendre. Même les huissiers, ces rapaces domestiques, ne pourront pas nous le confisquer. Richesse des précaires, ressources ultimes des mandaï/e/s de ce monde, nos savoirs et nos savoirs-faire continueront à se multiplier, de façon exponentielle. Parce que c’est devenu notre seule arme. Parce que c’est devenu notre premier désir. Un désir inaliénable.

P.-S.

Le lieu de constitution du travail immatériel est la métropole et la territoire. à l’intérieur de la métropole et du territoire, il s’agit de repérer et de définir les Bassins du Travail Immatériel dans lesquels le travail immatériel « est organisé » et « s’auto-organise ». Le BTI possède une mobilité et une flexibilité qui ne peuvent être structurée que partiellement. Le BTI est structuré par toutes une séries de relations de travail, de savoir et par les institutions et les réseaux d’entreprises qui formalisent ici les canaux d’informations et d’échange du travail immatériel, sans être pour autant en mesure de le contrôler et de le commander complètement. Les différentes activités se croisent et se constituent dans les réseaux informatiques et informels, dans les relations professionnelles et sociales au travers desquels on peut reconstruire la carte des organisations du travail et des formes de coopérations et de production des Multitudes.
Dans les BTI, l’entreprise est un système d’organisation d’espaces et de temps de productions qui le plus souvent ne gère pas et ne contrôle pas directement. L’entreprise est un système qui se superpose aux articulations du BTI et qui s’approprie la plus-value de la coopération qui se développe et se forme en son sein. Mais l’indépendance du BTI par rapport à l’entreprise n’a jamais mise en doute puisque elle s’enracine dans le territoire et dans la métropole, dans ses circuits d’information, de formations et de vie. Pour construire le travail immatériel, elle n’a pas besoin de l’entreprise mais de la métropole et du territoire. [...]
Lazzarato in Posse, n°2.

4 Messages de forum

  • > A L’ÉCOLE DES MANDAÏ/E/S... 27 août 2002 16:44, par Decraemer Laurent

    Spinoza disait que "le bonheur est dans la connaissance", dirait-il encore cela aujourd’hui ?

    Répondre à ce message

    • > A L’ÉCOLE DES MANDAÏ/E/S... 3 janvier 2005 11:45, par Decraemer Laurent

      Salut Ô Roi des Mandaïs,

      Ici votre homonyme qui s’étonne de voir ses noms et prénoms affiché dans une rubrique, au demeurant interressante, alors qu’il tuait le temps sur la Toile...

      Decraemer Laurent Né le 11/11/71 ( mais on s’en fout) Article bien rédigé.

      Répondre à ce message

    • > A L’ÉCOLE DES MANDAÏ/E/S... 20 février 2014 11:09, par Donnie77

      vous achetez vous noyez defiscaliser placement


      impots quotient


      defiscalisation perco Nouvelle defiscalisation mine defiscalisation immobiliere ancien 2012 vous allumez defiscalisation duflot dans l’ancien Parce que ce impots amiens

      Répondre à ce message

  • A l’école des MANDAÏ/E/S... 1er septembre 2010 19:12, par karate kid

    Salut Ô Roi des Mandaïs,

    Ici votre homonyme qui s’étonne de voir ses noms et prénoms affiché dans une rubrique, au demeurant interressante, alors qu’il tuait le temps sur la Toile...

    Decraemer Laurent Né le 11/11/71 ( mais on s’en fout) Article bien rédigé.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0