intersiderale - διαστρική

M1

annexe au séminaire de critique historique de l’Université MÉGALOPOLIS XXXVIV - 2245-2246

CM7

lundi 1er avril 2002, par Cybermandaï-e-s

JE VAIS VOUS LIVRER le fragment d’un récit qui sans nul doute devait être beaucoup plus long mais n’est parvenu jusqu’à nous que sous cette forme irrémédiablement tronquée. A ce jour, il n’existe aucun autre document connu faisant référence à cet évènement. Et il est impossible de l’insérer logiquement dans l’histoire politique de Mégalopolis. Les spécialistes en littérature post-moderne - ce texte date en effet de cette époque - excluent qu’il puissent s’agir d’un passage de roman, de scénario ou de toute autres fictions datant de l’époque. Il y a 200 ans le bio-pouvoir du Grand Gouvernement Impérial était tel que pareil texte n’aurait pu sortir de l’imagination d’aucun cerveau.
Mais il y a la un paradoxe énorme que je ne peux m’empêcher de relever : si ce récit ne peut avoir été inventer sous un bio-pouvoir aussi fort alors il relate des fait réels. Il nous faudrait donc admettre qu’à cette époque-là ce qu’on n’osait pas imaginer dans un conte politico-philosophie, on ne voyait aucun problème à le poser en acte dans la rue. Il faut formuler d’autres hypothèses à l’égard de ce fragment.

Je vis dans la zone A1. Si tu sais lire une carte, tu l’as pigé c’est totale banlieue de la Mégalopolis. Ça c’est mon territoire géographique, physique. Faute des moyens matériels nécessaires, je le quitte rarement mais virtuellement je suis bien plus nomade. Peu avant les événements dont il va être question de nombreux groupe de déserteurs dont je faisais partie commencèrent à fréquenter et à construire des territoires en commun avec des soldats toujours en activité dans l’armée des travailleurs. Selon moi, ce fait fut déterminant pour la suite des évènements.
Tout à commencer à la fin mai. Depuis 15 jours, le temps était chaud et sec - je peux m’en souvenir très bien : nos parties de foot étaient devenues quasi sahariennes temps la poussière avait envahi le terrain. C’est dernières années avait été politiquement très mortifères : suppression de droit, précarisation des nouvelles formes de travail, répression policière sur toute forme de contestation. Le Grand Gouvernement Impérial se plaçait à l’écoute des grands Capitaines de la nouvelle économie pour tracer les nouveaux axes politiques et puisait dans les caisses pour soutenir la lente extinction des vieux Généraux de l’industrie défaillante. Dans la périphérie certaines minorité s’organisait mais globalement l’Armée des travailleur suivait le commandement : arbeit ! Pour tout qui refusait comme forme de vie celle de soldat de l’Empire, les temps étaient durs.
Or un beau jour de mai : la désertion fut massive ! la grève générale !
Grève sans revendication, juste l’envie de ne plus mettre sa vie au ordre du Commandement Suprême. La condamnation des différentes instance de l’Empire furent générale : irresponsables, paresseux, communistes, anarchistes, voyous,... Le syndicat clama sont innocence et on le crût. Mais l’Empire était bien dans une jolie panade : 65’% de grévistes - avec des pics énormes dans un secteur aussi hégémonique que celui du travail immatériel, d’où est d’ailleurs parti le mouvement gagnant ensuite les usines et la tout les autres secteurs. On allait pas virer tout le monde, on ne savait même pas qui était les leaders - impossible de les foutre en taule - et puis il n’y avait aucune manif qu’on aurait pu faire dégénérer avec l’aide des forces de l’ordre. Comment faire peser la répression politique sur une bande de gens qui se balade dans les parc, bavarde aux terrasse des cafés, fait des barbecues ou la sieste ! Le Grand Gouvernement Impérial décida de jouer la carte de l’épuisement. Sans ressource monétaire à moyen terme cette stupide mutinerie s’éteindra obligatoirement. On poursuivra les quelques entêtés résiduelle et l’ordre reviendra. Logique.
Mais le problème de l’assise économique de cet étrange mouvement avait déjà été pris en compte par ceux qui y participèrent. Autour des machines à café, dans les trains de navetteur, au réfectoire de la puissante Sodehxo ou dans des réunions relativement discrètes des groupes d’affinité - regroupé ensuite en véritable réseaux - avait préparer " localement " les modalités pratique de la première phase de la désertion. Le surprenant mot d’ordre avait été " restons chez nous, flânons, laissons nous aller au farniente ". Mais, en corollaire à cette grève et " l’air de rien ", s’auto-organisèrent des fêtes partout dans la cité - le 1er mai tout les jours pendant 2 semaines - et la population des grévistes joyeuses et libérée y participa avec enthousiasme - ce qui amena même le puissant lobby des brasseurs à ce désolidarisé de la position de l’Empire au sujet de cette grève. Et au fur et à mesure que ce remplissait dans la joie et la bonne humeur les caisses, des groupes de travail se formèrent pour mettre sur pied toute la logistique qui allait permettre de ne pas s’effondrer " matériellement " dans la seconde phase de ce conflit social sans précédent.
Parce que c’est bien de ça qu’il s’agissait. Avec l’argent récolter, il fallait préparer le siège économique auquel l’Empire allait se livrer ! Des réserves alimentaires furent faîtes, des accords passés avec des membres du personnel médical - pour des soins gratuits -, avec des coopératives de producteurs indépendants - qui parièrent leur récolte sur cette entreprise d’apparence rocambolesque - et avec foules d’autres personnes. Rien ne fut laissé au hasard. L’Empire s’enfonçait encore d’avantage dans la panade : toute les possibilités auxquelles il peut penser, les multitudes peuvent y penser, mais l’inverse n’est pas vrai.

LA SECONDE PHASE.
Les grévistes commencèrent à formuler des projets collectifs. Tout simple, au début : match de foot, tournois de bellotte, repas collectif... Puis le temps s’ouvrant vierge de toute entrave Impériale devant eux ils complexifièrent les choses et leur imaginations se libérant des chaînes du bio-pouvoir. Ils mirent sur pied des formations où circulaient les savoirs mineurs (bricolage, couture, sociologie, cuisine, épistémologie relativiste, groupe d’échange d’expériences en matière de pédagogie enfantine, économie post-fordiste,...), s’attaquèrent à l’aménagement du territoire (assainissement de terrains laissés vagues par le Grand Gouvernement, taille des arbres, plantations de potagers collectifs,...), créèrent eux même leur propre structures culturelles (réapparition de cinéma de quartier grâce à du matos sortit d’on-ne-sait-où, création de groupes de lectures, de compagnies théatrales, de groupe de chant, de cours de danse...) et construire toute une série de micro-services publiques totalement adaptés au désirs des collectivités locales (garde d’enfant à tour de rôle, banque alimentaire de qualité, restaurant tournant, centre de prêt de matos en tout genre : caméra dv, camionnette, marteau piqueur, pc portable,...). La richesse sociale nous sortait par les trou de nez et si nous avions quelques chose à revendiquer nous savions maintenant ce que c’était : ce mode de vie-là !
Mais l’usure était là. Le siège économique que l’Empire, en position d’attente comme un charognard, avait mis sur pied portait ces fruits. C’est alors qu’apparu toute la puissante structure logistique mise imperceptiblement sur pied durant les premières semaines de cette grève des plus originale. La protestation s’articula, on passa à la phase revendicative...

En saurons nous jamais plus ? Ces événements qui tiennent presque de la légende quand on tente de les relier avec le contexte de l’époque dont date ce texte. Comme le dit cette locution piedmontaise tant appréciée de je-ne-sait-plus quel obscur philosophe allemand et sans doute à moitié cinglé du 19ème siècle : se non è verro, è ben trovato !

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