intersiderale - διαστρική

M1

Reclaim A New Welfare*

CM8

lundi 1er avril 2002, par Cybermandaï-e-s

* (physical , material ), bien-être ; (spiritual ), santé ; (public aid ) aide sociale ; public welfare (good), le bien public ; to be on welfare, percevoir des allocations...

ON NOUS ENTONNE SOUVENT :
« mais qui êtes-vous ? ». Difficile à dire. On pourrait imaginer que certains sont du matin, d’autres du soir ou même de la nuit...
Ça peut paraître un peu court mais c’est déjà une base - nos vies sont multiples, autant que nos désirs - nos rencontres, aléatoires.
Les définitions, c’est pas trop notre truc, c’est un peu enfermant. Souvent, on se dit que nos idées sont radicales, mobiles et transversales. Ça on aime bien, passer à travers, bouger, ouvrir des brèches. On se sent singulier et collectif. Ça doit être notre nature.
CYBERMANDAï/E/S EST NOTRE NOM COMMUN.
LE PREMIER MAï EST NOTRE FêTE.

Nos cybercapacités - c’est-à-dire nos capacités communicationnelles, affectives et créatives - ont en commun d’être mandaïsées.
On n’est pas dupe.
Le contrôle social régimente nos vies. La police de l’Etat Social Actif traque et punit nos désertions du salariat et des autres formes d’exploitation.
Désobéir, ça on aime beaucoup. Rosetta est le beau nom du collier électronique et normatif passé au cou du travailleur hybride, nomade et singulier.
Ça doit être ça, on est des travailleurs hybrides, nomades et singuliers.
Bien que créateurs d’un grand flux de richesses sociales, nous sommes rejeté dans un no-mans-land du droit. Les gardiens de l’Empire ne nous tolèrent que bénévoles, free- lances, en formation, migrants, clandestins, intérimaires, intermittents, mi-temps, tiers-temps, quart-temps, de temps en temps - autant dire qu’ils nous veulent précaires.
Nous, banlieusards du travail, n’avons jamais vu et ne verrons jamais le désormais mythique contrat à durée indéterminé.
Qu’importe ! Nos façons de vivre et de produire sont multiples, nous rêvons d’autre chose. Nos désirs, nos cerveaux et réseaux ne s’arrêtent pourtant jamais de créer, de vouloir vivre.
Marre des plate-formes revendicatives et de leurs représentants,
nous sommes et serons une Grosse Forme Désirante,
Un corps, fort, résistant et en lutte.
Une multitude.
Notre lutte et notre force se construit en opposition aux politiques d’emploi, de formation et de sécurité - contre la mise en œuvre de la précarité, de l’insécurité et de la conformation de nos vies aux différents niveaux du pouvoir impérial.
Quelle étrange politique sociale qui fait :

- du miniméxé et du chômeur, un profiteur ;

- du FOREM, de l’université des agences d’interim ;

- du travailleur, « un entrepreneur de soi » compétitif et capable de s’adapter.
Paroxysme de cette logique sociale où temps de travail et temps de formation ne se distinguent plus, l’étudiant est devenu un travailleur sans revenu.
Quelle étrange politique de sécurité sociale qui fait

- d’un travailleur sans papier, un clandestin ;

- d’un sans-ticket, un criminel ;

- d’un sans-abri, un inadapté ;

- d’un jeune banlieusard, un sauvageon.
Notre opposition se marque par le refus du commandement et du contrôle de nos désirs et de nos activités... de notre vie : qu’ils s’en aillent tous, autant qu’ils sont, de l’Argentine au reste de l’Empire.
Notre lutte passe par la reconnaissance de nos modes de vie, nos manières de désirer et de produire. Pour cela nous réclamons de nouveaux droits, un nouvel « état de bien être ».
L’extension et la mutation des droits est bien la véritable politique des multitudes.

RECLAME LE SUPER DEAL !

P.-S.

Dans l’histoire pluriséculaire des luttes des pauvres et des lois de l’Etat social, ce mouvement social [le mouvement des chômeurs français] si particulier pourrait marquer le début d’une longue vague. Et, en même temps, l’aube d’une nouvelle législation du « droit à la vie » [...] et l’apparition à l’horizon de ce nouveau new deal sans lequel nous savons tous que les recettes keynésienne seraient purement incantatoires et rhétoriques. D’un nouveau new deal sans lequel la « bonne volonté » de la gauche reste dans le meilleur des cas privée de contenu et dans le pire répressive et réactionnaire, dans son apologie de la discipline du travail, dans sa défense des emplois à salaire minimum [...].
La défense de la valeur-travail cours au secours des formes d’esclavage des emplois salariés non-qualifiés, et refuse tout droit à la vie et au revenu, sans lequel il n’y aura ni création de richesse réelles, ni redistribution des temps libre et des temps d’activité, mais seulement une cautérisation sur les jambes de bois des emplois fordiste.
Toujours plus de citoyens refusent l’idée que les moyens financiers de la collectivité soient employés pour subventionner les emplois du secteurs privé, et aussi publique, qui ne produise aucune augmentation du bien-être collectif. La où le troisième secteur, qui produit vraiment le bien-être de la population (l’éducation, la santé, la garde des enfants, l’invention d’une qualité de la vie par les personnes âgées, l’environnement, la communication culturelle, le lien social) et qui pourrait créer des millier de poste de travail, est à peine considéré digne de l’aumône, selon ce raisonnement détestable par lequel il s’agit là de la redistribution d’une richesse qui doit être produite ailleurs.[...]
Moulier-Boutang.

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