intersiderale - διαστρική

pourquoi les mutants, droïdes & autres blob’s de la galaxie sont-ils perplexes quand l’ordr’dur ?

Construire son propre monde ou un monde propre ?

unité versus diversité [pages 15-16]

mardi 1er avril 1997, par intersiderale (Date de rédaction antérieure : 1er avril 1997).

Le XXè siècle est un siècle idéologique par excellence. Dans le communisme ou dans le fascisme repose une exaltation du politique, par où se construit l’être-ensemble. Exaltation des possibilités collectives et historiques ou exaltation des pouvoirs particuliers et éternels Pour comprendre comment le fascisme pense le monde, il s’agit d’analyser la manière dont il fonctionne. Comme toute idéologie, il conceptualise la réalité, mais le monde qu’il construit est complètement abstrait, irréel. Mais qu’est-ce que l’idéologie ? L’idéologie travaille comme un jeu. Le jeu est une composante de l’imagination humaine à l’oeuvre dans l’espace politique. Le jeu est imaginé pour ôtre appliqué dans une pratique décidée et argumentée par des idées et des conceptions. Il est produit et généré par l’homme pour ôtre le reçu comme un monde à part-entière, les règles sont définies selon les failles découvertes par leur expérimentation. Le tout est de rester acteur du jeu et de savoir qu’il est jeu. Quel est le jeu du fascisme ? La conception fasciste du monde admet la différence binaire comme donnée d’une catégorisation posslble. Elle construit un espace dans lequel les acteurs se troussent divisés, en entités opposées et naturellement hiérarchisées (blanc-noir, Nord-Sud, masculin-féminin, etc). Les acteurs sont alors pris au piège du jeu. Les règles établies leur deviennent des règles extérieures. La réalité devient un terrain pour la constatation de la véracité de l’idéologie. Observé à travers le prisme idéologique, le monde n’a plus d’existence propre.
Et que fait la gauche quand elle discourt sur le fascisme ? S’interroge-t-elle vraiment au-delà du jeu qu’il impose au monde ? Prendre le fascisme comme un pantin à dégommer, à enfouir, à faire taire, à bannir, c’est Eviter de regarder le monstre en face s’opposer au fascisme dans une mise en scène du Bon donnant une leçon au Méchant, du légitime combattant l’illégitime, c’est exactement lui fait plaisir en nourrissant l’abstration idéologique et le culte du particulier.
Qui est bon ? Qui est méchant ? Qui est légitime ? Les acteurs de la scène politique font vivre le monde dans un spectacle binaire. Familiarisés avec le spectacle télévisuel quotidien, les hommes vivent la réalité comme telle, les rτles sont clairement impartis entre la femme garce et l’homme macho, le rigolo et l’intello, le rebelle et le résigné, etc. Le monstre est à comprendre et non à soustraire de la réalité. Alors que l’on brandit l’étendard de la mémoire collective en alerte face aux montées fascistes, il est important de rappeler que le monstre s’autoproduit et prend toujours de nouveaux visages. Les images de Pétain et du nazisme ne sont pas en rapport immédiat et analogique avec ce que nous vivons aujourd’hui. Donner une image au fascisme sert le fascisme.
Imposer au fascisme un modèle historique daté revient à s’empôcher de démasquer ses nouveaux visages. Pourtant le fascisme n’a rien d’un événement spontané, il est préparé par le système économique, social et politique dans lequel nous vivons. Il serait alors temps de penser une démocrate plus réelle, et de réfléchir aux impasses d’un capitalisme mondialisé ! L’avenir prendra toujours racine dans le présent. Mais quel avenir ?
L’école est-elle vraiment un lieu d’apprentissage collectif ? Le film d’Alan Parker "The wall" montre une scène très parlante, une chaξne de production, avec tout le calcul et la rationalisation qu’elle implique sur laquelle des écoliers sont alignés, sans forme ni odeur, décharnés, déshumanisés, désingularisés, assimilés à une môme substance destinée à une bouillie uniforme. Voilà bien le système éducatif actuel, l’école génère en autoproduit du môme, et ce n’est rien de plus que du totalitarisme démocratique !
Et au niveau de l’information, la situation planétaire qui est décrite n’est pas différente. Le processus du spectacle binaire est reproduit par le binaire. Notre spectacle est aussi notre oeuvre, l’image d’un tiers monde pauvre et malade, pris dans la guerre et la dictature. Nous diffusons notre spectacle (Dallas, Santa Barbara, jeux télévisés immondes, ) et nous réalisons notre oeuvre nous sommes toujours meilleurs.
J’aime à imaginer le processus du spectacle se projetant sur une bulle.
Bulle si transparente qu’on ne la perçoit môme pas mais sur laquelle les reflets de la matière existent cependant.
Le spectacle fascine par les interactions incessantes dans ce jeu de miroir. Et si l’on ne s’attarde pas sur la substance et sur l’existence même de cette bulle, la discussion est stérile, l’existence est dépossédée, car incluse dans ce spectacle binaire alors intériorisé.
Chacun agit librement sous le contrτle du binaire !
Comment échapper au spectacle binaire ? La liste est longue des remises en question d’un monde en crise (vache folle, agriculture intensive, sida, écologie, terrorisme, rlches-pauvres, etc) Mais rappelons-nous enfin d’une chose, le monde est fait à l’image des hommes qui le peuplent.

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