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Récit de la journée du 25 janvier en marge du sommet de Davos

mardi 28 janvier 2003, par intersiderale

Ce texte se veut être un récit le plus complet possible de ce qui s’est passé durant la journée du 25 janvier, depuis le départ de Genève en train jusqu’à la montée dans les trains devant réacheminer les opposants au WEF vers Berne et Zurich.

La partie de Landquart à Berne sera bientôt en ligne Tout commentaire permettant de compléter ce texte (complément d’information, informations inexactes, etc.) est le bien venu. http://switzerland.indymedia.org/fr/

Voyage de Genève à Zurich Au lendemain du rassemblement du vendredi soir pour protester contre les frontières et le fichage, les personnes au départ de Genève avaient rendez-vous à 6h15 dans le hall de la gare de Cornavin. Genève. 6h30. Le hall de la gare de Cornavin est rempli de jeunes militants prêts à dire ce qu’ils pensent du World Economic Forum.Le train est parti vers 6h40 avec environ 650 opposants au WEF. Une troupe musicale et une équipe de reportage ont aussi pris le train pour les accompagner. L’équipe avait pour but de réaliser un documentaire sur la journée. Dans le train, l’ambiance est festive.

Plusieurs centaines de manifestantEs ont rejoint le train tout au long du trajet jusqu’à Zurich (Lausanne environ 200 personnes, Neuchâtel environ 50 personnes). Durant le trajet, différentes activités se sont déroulées comme des ateliers de bricolage (confection de masques, préparation de slogans, etc.), distribution de tracts, mise au point de stratégie. Beaucoup de personnes ont voyagé sans billet. Des gens ont réussi à s’emparer du microphone du train pour scander des slogans et tenir informés les voyageurs de la situation dans le train, à Zurich, à Landquart, à Fideris et à Davos.

Gare de Zurich ArrivéEs à Zurich, les environ 1000 manifestantEs de différentes tendances politiques que comptait le train en sont descenduEs et ont rejoint en cortège le hall central de la gare. Nombre d’entre eux portaient des banderoles. Quelques policiers en combinaison anti-émeute protégeaient les sorties de la gare ; ce n’était que la partie visible de l’immense dispositif déployé par le gouvernement zurichois pour protéger les environs de la gare. Les manifestantEs ont attendu environ 20 minutes pour s’assurer de pouvoir rejoindre Landquart. L’attente s’est passée dans un climat festif (chants, slogans et troupe musicale animant l’ambiance). Le transite à Zurich s’est donc passé sans aucun problème. Deux trains ont transporté les manifestantEs jusqu’à Landquart.

Arrivée à Landquart Le voyage jusqu’à Landquart s’est aussi passé dans un climat festif. Le gros des manifestantEs (environ 2000 personnes) y est arrivé vers 12h00. Les trains ont été accueillis par le pink block et par des cris de soutien des personnes déjà présentes dans la gare (quelques centaines). La petite gare était entièrement fermée par des barrières, des grilles et des barbelés, derrière lesquels se trouvaient quelques dizaines de policiers anti-émeutes (une centaine d’autre étaient présent en ville, prêts à intervenir). Un super puma de l’armée survolait en permanence la gare. De là, était prévu que les opposants au WEF monte sur Davos en passant par le poste de contrôle policier de Fideris. Les forces de l’ordre y avaient installé un dispositif à couloirs, leur permettant de contrôler chaque personne individuellement. Ce contrôle avait été refusé par l’Alliance d’Olten (www.oltnerbuendnis.ch), jugeant inacceptable de contrôler les personnes désirant se rendre à une manifestation qui, de surcroît, était autorisée. Plusieurs bus de syndicalistes tentant de rejoindre Davos ont bloqué la route en signe de protestation. Des négociations se sont alors engagées avec la police pour arriver à un compromis.

En attendant de monter à Davos... Sporadiquement des boules de neige étaient lancées derrière des arbustes où se cachaient des flics, sans que ces derniers ne réagissent. Pendant que les manifestantEs se mettaient d’accord s’il fallait ou non monter à Fideris pour se faire contrôler selon les conditions établies par les autorités grisonnes, l’alliance d’Olten informait régulièrement les manifestantEs de l’avancement des pourparlers avec ces autorités. Ces derniers avaient pour but de permettre aux manifestantEs de rejoindre Davos sans passer par les dispositifs de contrôle mis en place. Il est important de souligner, contrairement à ce que soutient Mme Brunner, présidente du PSS (« l’alliance d’Olten est plus autoritaire que les policiers »), que tous les manifestants pouvaient s’exprimer sur la stratégie à adopter pour rejoindre Davos.

Un compromis est trouvé Vers 13h, un compromis a été passé entre les autorités et l’Alliance d’Olten : les contrôles seraient réalisés dans les trains par 2-3 policiers accompagnés de juristes progressistes (le contrôle se limitant à la fouille des sacs, les gens ayant la possibilité de rester masqués pour préserver leur anonymat). Les autorités se sont publiquement engagées à respecter ce compromis, et ce devant de nombreux journalistes. Les bus des syndicalistes ont alors libéré la route vers Fideris et ont rejoint Davos. Ce compromis a aussi été accepté par une majorité des opposantEs au WEF présentEs à Landquart, permettant aux trains de pouvoir convoyer les contestataires de Landquart à Fideris.

Départ pour Fideris A 13h40, le second train de la journée, très bondé, est parti en direction de Fideris. 3 autres trains sont directement arrivés en gare de Landquart pour permettre aux autres contestataires de rejoindre la gare de Fideris. Les manifestantEs sont directement montéEs dans les trains. De nombreux manifestantEs qui n’avaient pu prendre place dans les 4 trains précédents attendaient le train suivant sur les quais.

Gare de triage de Fideris : les autorités ne tiennent pas leur parole Arrivé à Fideris, l’attitude de la police s’est révélée très confuse. Prétextant qu’il était impossible à ses agents de monter dans le train pour effectuer ses contrôles (train trop plein), elle a demandé aux passagers de descendre, brisant ainsi le compromis qu’elle avait elle-même passé 30 minutes auparavant avec l’alliance d’Olten, et ce devant de nombreux médias mainstream !. Une bonne partie des passagErEs ont obéi et sont descendus. La police pouvait dès lors aisément contrôler le train et les passagErEs à l’intérieur et à l’extérieur du train. Elle pose cependant, à la stupeur générale, une nouvelle condition : chaque passagerE doit passer dans les fameuses tentes oÙ les contrôles seraient effectués.

Après 45 minutes de négociation, les manifestants ont compris que le compromis ne serait pas respecté. Se sentant trahis et constatant qu’ils ne pouvaient pas se fier à la parole des autorités, les passagErEs ont décidé de ne pas se soumettre à ces nouvelles conditions. La police empêchera au train de redescendre vers Landquart, pour permettre à ses troupes d’y retourner. Le train sera ainsi bloqué une bonne partie de l’après-midi à Fideris.

Déception chez les manifestants et violence policière L’impossibilité de monter à Davos à cause du revirement policier a évidemment été accueilli avec une grande déception dans la gare de Landquart. Spontanément des groupes se sont formés pour discuter des stratégies à adopter et de la suite à donner à la journée. A l’improviste, un groupe est parti en direction de l’autoroute avec comme but de l’occuper, comme il y a deux ans. L’accès à celle-ci était protégé par des barbelés et un cordon de policiers. A environ 20-30 mètres des grilles protégeant l’autoroute, des gens (initialement une vingtaine) ont recommencé à narguer les policiers avec des boules de neige. Quelques minutes après les premières boules de neige et sans respecter le principe de proportionnalité, les policiers ont commencé à tirer des balles en caoutchouc contre les manifestants, visant souvent les têtes des manifestants. Il était alors environ 14h40. Très rapidement, de nombreux policiers sont venus renforcer le dispositif protégeant l’autoroute. Vers 15h30, 3 camions « lance à eau » de la police bavaroise ont rejoint le dispositif de protection de l’autoroute, qui comptait une cinquantaine de flics (groupes de 5-8 individus étalés sur environ 400 mètres). Peu après, ces camions ont aspergé les manifestantEs qui étaient à présent une bonne centaine. 200-300 personnes les observaient en contre-haut depuis les voies ferrées. Aux alentours de 15h45, les policiers ont commencé à lancer des grenades lacrymogènes en direction des manifestantEs présentEs vers l’autoroute, gazant de surcroît tous les manifestantEs. Leur gazage et leur mitraillage à durer durant toute l’après-midi, sans aucune raison apparente.

Une nouvelle bataille éclate Vers le pont à l’entrée de la gare, des affrontements ont éclaté, la police utilisant les lances à eau et gazant toute la gare. Tout autant inégale que la précédente, elle opposait cette fois, une dizaine de manifestantEs armés de cailloux aux balles de caoutchouc et aux lacrymos des flics. En lançant une quantité complètement hallucinante de gaz, la réponse de la police a été de nouveau disproportionnée. De plus, les cartouches de lacrymos tombaient derrière les lanceurs de pierre et le vent poussait le gaz encore plus loin en direction des manifestantEs éparpilléEs un peu partout dans la gare.

Le train bloqué à Fideris regagne finalement Landquart Vers 16h30, le train bloqué à Fideris a pu amorcer son retour vers Landquart. Les passagErEs sont continuellement informéEs de la situation en gare de Landquart. Pour ne pas se retrouver dans un nuage de gaz, des passagErEs ont arrêté le train à environ 500 m de la gare de Landquart. Ils sont tous descendus, et une quinzaine d’entre eux se sont dirigés vers l’autoroute avec l’idée de l’occuper. Les passagErEs ont alors marché sur les voies ferrées en direction de la gare. Immédiatement, un cordon de policier se trouvant à 300 mètres est venu à leur rencontre. Ne sachant que faire, les manifestantEs sont partis de chaque côté des voies. Sans qu’ils aient montré le moindre signe de violence, la police, qui s’est rapprochée, a tiré des lacrymos sur les personnes parties du mauvais côté. Ces dernières rejoignent donc rapidement celles parties de l’autre côté. Après avoir fait le tour de Landquart sous escorte policière, elles se sont finalement retrouvées avec tous les autres manifestantEs dans la zone barbelée de la gare.

Retour vers Berne et Zurich Vers 17h30, deux trains ont rapatrié les manifestants vers Zurich et Berne.

Conclusion Partis pour aller manifester à Davos, les manifestantEs ont finalement passé une bonne partie de leur journée emprisonnéEs en gare de Landquart, qui pour l’occasion ressemblait plus à une arène qu’à une gare : les habitants de Landquart et les yeux électroniques des flics observaient dans une enceinte métallique les opposantEs au WEF. Après de longues discutions entre les autorités grisonnes et l’Alliance d’Olten pour essayer de trouver un compromis permettant aux contestataires de se rendre à Davos, ces derniers ont du déchantés. Les autorités n’ont pas été capables d’honorer leur engagement pourtant pris devant plusieurs médias. En fait, il semble à présent clair que la stratégie de la police a été de diviser les manifestants et de faire traîner au maximum la situation. Leur but non-avoué était de partager en 3 groupes (Davos, Fideris et Landquart) les quelques 6000 manifestantEs qui comptaient se rendre à Davos. En effet, 2000 y sont arrivéEs, 700 autres ont été bloquéEs à Fideris et environ 3500 sont restéEs emprisonnéEs à Landquart.

Dès lors, chez de nombreux manifestantEs aux sentiments d’isolement et d’oppression, se sont mêlés les sentiments de frustration de ne pas avoir pu se rendre à Davos et d’avoir été bernés par les autorités. Ce sentiment s’est transformé chez certains par la volonté de bloquer l’autoroute, mais pour cela il fallait encore franchir les grillages et les cordons de policiers. Aux boules de neige et cailloux lancés à plus de 20 mètres par des manifestants, les policiers ont répondu par des tirs de balles en caoutchouc (plusieurs centaines) et par des lacrymogènes. De nombreux manifestantEs ont ainsi été blesséEs dont plusieurs au visage (crane et arcade sourcilière ouverts). La réaction des policiers a été une fois de plus disproportionnée et violente : elle n’a servi qu’à échauffer les âmes de certains.

S’il fallait tirer un bilan de la journée on pourrait confirmer que : les flics sont des provocateurs et des violents les autorités mentent et ne sont pas fiables contrairement à ce qu’il essaie de faire croire, le P-$$ (Parti Socialiste Suisse) est à la botte du kapital

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