intersiderale - διαστρική

d’une vie et de l’autre

03] suppression & non-prise du pouvoir

(tentative ratée de) mise à plat

1er 1998, par stalinopAnk (Date de rédaction antérieure : 1er 1998).

La suppression de l’Etat et la non-prise du pouvoir

"la suppression de l’Etat est aussi la suppression de la démocratie" (Oulianov 1917).

1. Evolution récente de l’Etat K
a. les idéologues et économistes néolibéraux (ou bourgeois) prêchent pour le moins d’Etat. L’O.M.C. en est une mise en pratique ;
b. mais ce moins d’Etat est seul la suppression de l’Etat keynésien ou social-démocrate. Car le renforcement de la machine répressive, forme quotidiennement visible de l’Etat, ne se dirige point vers le moins ;
c. certes, certains ultras - des libéraux éclairés - ne voient aucun inconvénient à la privatisation de la justice, des forces de police et des prisons.
2. Dans un ordre mondial sous l’hégémonie de deux protagonistes concurrents, un certain bien-être de castes était nécessaire à leur subsistance et au maintien de l’équilibre. Dans un monde où l’hégémonie de l’ordre mondial est limitée par les lois nationales et internationales, l’ordre impérial se doit de dissoudre les barrières, les frontières économiques, et de renforcer les frontières entre les gens.
3. "Dans la conception des philosophes, l’Etat est "la réalisation de l’Idée" (...), le domaine où la vérité et la justice éternelles se réalisent ou doivent se réaliser. De là cette vénération superstitieuse de l’Etat et de tout ce qui y touche, vénération qui s’installe d’autant plus facilement qu’on est, depuis le berceau, habitué à s’imaginer que toutes les affaires et tous les intérêts communs de la société entière ne sauraient être réglés que comme ils ont été réglés jusqu’ici, c’est-à-dire par l’Etat et ses autorités dément établies" (Engels 1891).
4. "Cependant, avec toute sa rationalité, l’Etat de Bien-être n’est pas un Etat où règne la liberté parce qu’il restreint systématiquement :
a) le temps libre " techniquement " utilisable ;
b) la quantité et la qualité des marchandises et des services " techniquement " accessibles aux besoins vitaux des individus ;
c) l’intelligence (consciente ou inconsciente) qui pourrait concevoir et réaliser les possibilités de l’autodétermination" (Marcuse 1968).

5. "le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’il est un mal dont hérite le prolétariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s’empêcher de rogner aussitôt au maximum les cotés les plus nuisibles, jusqu’à ce qu’une génération grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en État de se défaire de tout ce bric-à-brac de l’Etat" (Engels 1891).
6. Conclusion :
a. moins d’Etat
b. décisions prises en dehors de tout organisme élu
c. réaction attendue en cas de prise de pouvoir, nécessité d’employer la structure de la répression
d. pouvoir de sape des gens par une organisation en dehors, devenue nécessaire, de nos vies

***

"La révolution sociale ne peut se produire autrement que sous la forme d’une époque alliant la guerre du prolétariat contre la bourgeoisie dans les pays les plus avancés à toute une série de mouvements démocratiques et révolutionnaires, y compris des mouvements de libération nationale, dans les nations développées et opprimées" (Oulianov 1916).

Depuis lors, la révolution sociale s’est toujours fait attendre. Mais l’autre révolution, intersidérale, celle du quotidien et de l’infini, n’a jamais cessé.

L’objectif 1 se résumerait en égalité à :

suppression globale du pouvoir (de classe)
=
suppression entière de la société de classe =
suppression d’un mode
de vie socio-économique
basé sur l’exploitation,
méthodique et rationnelle de tous,
et la négation irrationnelle de chacun

L’organisation intersidérale se doit de rendre obsolètes toutes formes de pouvoir. Elle recherche une dissolution totale et absolue du pouvoir. Sa dilution extrême est intersidérale et passe par son autodilution infinie.

Quant à la suppression du pouvoir, elle passe par la dissolution de son organisation et l’émanation de toute son inorganisation. La dissolution du pouvoir rend purement inutile et obsolète l’Etat de classe et le système mondial d’exploitation. Mais les moyens paraissent toujours nous échapper.

"Cela signifie donc que le prolétariat ne doit pas répéter l’erreur commise par ses frères de Russie, c’est-à-dire de ne pas s’occuper d’organiser un pouvoir prolétarien sous la baguette quelconque d’un parti, même dit prolétarien, mais uniquement d’organiser la satisfaction des besoins de tous et de défendre la révolution contre toutes sortes de pouvoir d’Etat" (Makhno 1932).

D’autant que "L’instrument politique de son asservissement ne peut pas servir d’instrument politique de son émancipation" (Marx 1871).

Qu’est donc devenu le prolétariat suite à l’avènement d’un dit Etat prolétarien. Qu’est-il devenu ?

Probablement qu’il ne l’a pas attendu pour se perdre : "le prolétariat, la grande classe qui embrasse tous les producteurs des nations civilisées, la classe qui, en s’émancipant, émancipera l’humanité du travail servile et fera de l’animal humain un être libre, le prolétariat trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et terrible a été son châtiment. Toutes les misères individuelles et sociales sont nées de sa passion pour le travail" (Lafargue 1883).

Peinture falsificatrice de la Révolution ou de quelques vérités historiques oubliées

« une guerre de classe qui doit et devra se battre jusqu’à sa logique conclusion - l’extinction du capitalisme partout » (MacLean 1919).

DICTATURE DU PROLETARIAT

Difficile de se prononcer ouvertement ou de se déclamer honnêtement pour la dictature du prolétariat sans une idée de provocation ; or il s’agit d’une simple question de lucidité. Les raisons en sont historiques et idéologiques. L’idéologie de la dictature de la société marchande dominante, Kapitaliste et impérialiste se devait d’être dénoncée. D’un point de vue théorique, sa nécessité est peu douteuse, d’autant que l’arsenal de guerres et de répressions des systèmes K s’est perfectionné et décuplé dans un … de plus en plus virtuel. D’autre part, aucun régime de dictature du prolétariat n’a pu s’exercer dans un cadre mondial. Les divers essais se sont vus isolés nationalement ou dans un bloc de quelques nations.

Pour un esprit innocent, un rappel n’est pas inutile. La dictature du prolétariat est le nom du système du centralisme démocratique selon les bolcheviks où le pouvoir est exercé par la grande majorité et qui serait l’étape nécessaire à l’abolition de toutes les classes selon Marx, Engels, Lénine, Luxemburg et d’autres marxistes conséquents.

Le centralisme démocratique s’est révelé inefficace. (ici ou après ? ?)

"« Spartakus battu ! » Oui ! Les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été battus ! Oui ! Abattus des centaines des meilleurs d’entre eux ! Oui ! jetés au cachot des centaines parmi les plus fidèles !
(…)
Oui, ils ont été battus ! Et c’était une nécessité historique qu’ils le fussent. Car le temps n’était pas encore venu. Et pourtant la lutte était inévitable" (Liebknecht 1919).

"Or, la dictature du prolétariat, c’est-à-dire l’organisation de l’avant-garde des opprimés en classe dominante pour mater les oppresseurs, ne peut se borner à un simple élargissement considérable de la démocratie, devenue pour la première fois démocratie pour les pauvres, démocratie pour le peuple et non pour les riches, la dictature du prolétariat apporte une série de restrictions à la liberté pour les oppresseurs, les exploiteurs, les capitalistes. Ceux-là, nous devons les mater afin de libérer l’humanité de l’esclavage salarié ; il faut briser leur résistance par la force ; et il est évident que, là où il y a répression, il y a violence, il n’y a pas de liberté, il n’y a pas démocratie" (Oulianov 1917).

L’erreur de Lénine et des bolcheviks réside dans l’avant-garde. Rien n’est à attendre d’une avant-garde dès lors qu’il s’agit d’une élite. Une élite ne peut que réprimer ce qui ne l’égale pas ; élite est à l’antipode d’universel. Elle enterre la révolution par la voie des réformes.

"Lénine-Trotsky se prononcent au contraire pour la dictature d’une poignée de personne, c’est-à-dire pour la dictature selon le modèle bourgeois" (Luxemburg 1919). Cependant, Rosa oublie que la Russie tsariste n’avait pas encore connu la dictature bourgeoise, que beaucoup de marxistes russes voulaient s’arrêter au « programme minimum ».

Le prolétariat "a le devoir et l’obligation (...) d’exercer la dictature, mais une dictature de classe, non celle d’un parti ou d’une clique, dictature de classe, c’est-à-dire avec la publicité la plus large, la participation la plus active, la plus illimitée, des masses populaires, dans une démocratie complète" (Luxemburg 1919).

Or, ce même Oulianov était loin d’ignorer que : "Les choses n’allèrent pas mieux pour les blanquistes. Elevés à l’école de la conspiration, liés par la stricte discipline qui lui est propre, ils partaient de cette idée qu’un nombre relativement petit d’hommes résolus et bien organisés était capable, le moment venu, non seulement de s’emparer du pouvoir, mais aussi, en déployant une grande énergie et de l’audace, de s’y maintenir assez longtemps pour réussir à entraîner la masse du peuple dans la révolution et à la rassembler autour de la petite troupe directrice. Pour cela, il fallait avant toute autre chose la plus stricte centralisation entre les mains du nouveau gouvernement révolutionnaire" (Engels 1891).

Et il va de soi aussi que : "La liquidation finale et totale de l’Etat ne pourra avoir lieu que lorsque l’orientation de la lutte des travailleurs sera la plus libertaire possible, lorsqu’ils élaboreront eux-mêmes leurs structures d’action sociale" (Makhno 1926).

En théorie, selon Oulianov, la dictature du prolétariat est un demi-Etat où s’élabore la démocratie jusqu’au bout.

« Mais il y a des défaites qui sont des victoires et des victoires plus fatales que des défaites » (Liebknecht 1919).

Les hommes et les femmes du système K dans leurs peurs de devenir humains laissent aux pouvoirs (K) le devoir de l’oubli. Cependant, la révolution réelle, celle adaptant le monde à nos désirs ne s’arrête pas par quelques soubresauts qui évidemment dépasse l’époque, la mémoire et la durée de vie d’un être.

« Oui, les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été battus. Et les Ebert-Scheidemann-Noske ont remporté la victoire. Ils l’ont remportée parce que les généraux, la bureaucratie, les junkers de la campagne et de l’industrie, la curés et les sacs d’argent, et tout ce qui est étroit, mesquin et arriéré, les ont aidés. Et ils l’ont remporté pour eux avec des obus, des bombes à gaz et des lance-mines » (Liebknecht 1919).

« Je suis convaincu que le mouvement du travail en Angleterre est aussi mort qu’il l’est en Ecosse » (MacLean 1921).

DEPASSEMENT DE LA DEMOCRATIE

"La démocratie, (…) c’est une organisation destinée à assurer l’exercice systématique de la violence par une classe contre une autre, par une partie de la population contre l’autre partie" (Oulianov 1917).

"La société capitaliste n’est rien d’autre que la domination plus ou moins voilée de la violence" (Liebknecht 1918).

"La société capitaliste, considérée dans ses conditions de développement les plus favorables, nous offre une démocratie plus ou moins complète en république démocratique. Mais cette démocratie est toujours confinée dans le cadre étroit de l’exploitation capitaliste et, de ce fait, elle reste toujours, quant au fond, une démocratie pour la minorité, uniquement pour les classes possédantes, uniquement pour les riches. La liberté, en système capitaliste, reste toujours (...) une liberté pour les propriétaires d’esclaves. Par suite de l’exploitation capitaliste, les esclaves salariés d’aujourd’hui demeurent si accablés par le besoin et la misère qu’ils se "désintéressent de la démocratie", "se désintéressent de la politique" et que, dans le cours ordinaire, pacifique, des événements, la majorité de la population se trouve écartée de la vie politique et sociale" (Oulianov 1917).

La suppression de l’Etat et donc de la démocratie sera quand "disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d’un homme à un autre, d’une partie de la population à une autre ; car les hommes s’habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission" (Oulianov 1917).

"Alors seulement deviendra possible et sera appliquée une démocratie vraiment complète, vraiment sans aucune exception. Alors seulement la démocratie commencera à s’éteindre pour cette simple raison que, délivrés de l’esclavage capitaliste, des horreurs, des absurdités, des ignominies sans nombre de l’exploitation capitaliste, les hommes s’habitueront graduellement à respecter les règles élémentaires de la vie en société connues depuis des siècles, rebattues durant des millénaires (...), à les respecter sans violence, sans contrainte, sans soumission, sans cet appareil spécial de coercition qui a nom : l’Etat" (Oulianov 1917).

P.-S.

suite 04] abolition du travail

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0