intersiderale - διαστρική

d’une vie et de l’autre

06] la nécessité à dépasser

(tentative ratée de) mise à plat

1er 1998, par stalinopAnk (Date de rédaction antérieure : 1er 1998).

"Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant" (Debord 1967).

De la nécessité à dépasser
De la nécessité de dépassement

Tout travail à abolir est en bref toute activité aliénée, productiviste et non productrice, consommatrice, consummatrice et inverse à celle de toute création. Tout travail à abolir est celui qui fait de nos vies un sacrifice et condamne nos survies à une éternité.

Le monde connu de la consommation, le monde K, va de paire avec celui du gaspillage exponentiel. N’allez pas croire à une complaisance pour et dans la privation. Loin de là, la morale des religions n’est pas bien loin de celle de l’ordre K. L’abstinence, comme la surconsommation, exacerbe certainement les désirs et leurs expressions. Mais une tare ne compense pas une consommation involue (à rectifier).

L’abondance pour tous est réclamée moins qu’elle est due depuis plus de 2 siècles, et nous surconsommons un monde qui pourrait encore nous l’accorder. Sinon, il se passera bien de nous.

Est-il pour seul but à notre espèce d’exterminer toutes espèces qui lui sont faibles pour pouvoir contempler la mort de son espèce ?

"On ne peut ni choisir le moment propice pour une révolution ni reporter cette révolution à la date qui nous convient. Car les révolutions ne sont au fond rien d’autre que de grandes crises sociales élémentaires, dont l’éclatement et le déroulement ne dépendent pas d’individus isolés" (Liebknecht 1918).

Théories de la Révolution

"En résumé, le réalisme veut non seulement que nous cessions d’attendre la "révolution", mais aussi que nous cessions de tendre vers elle, de la vouloir. "Soulèvement" - oui, aussi souvent que possible et même au risque de la violence" (Bey 1991).

Toutes les révolutions du XXè siècle ont apparemment renforcé le système K mondial, plus qu’elles ne l’ont déforcé. Ou, on avale ainsi depuis le temps où l’histoire n’est plus vécue mais est médiatisée par ses manipulations.

(mémoire sélective).

Vu les énergies, l’enthousiasme, la participation, l’imaginaire, etc. qu’elles ont mobilisé, produit et dégagé, elles se réduisent toutes et pour l’instant seulement à un échec. Cet échec collectif donne par ailleurs aux libertés individuelles un nouveau contenu révolutionnaire.

Toutes leurs théories révolutionnaires pratiquées, plus que toutes les pratiques développées autour d’elles, sont aussi en échec. Elles sont en tort par le passé et le restent pour l’avenir, malgré et d’autant toute justesse de leurs analyses.

De plus, si une révolution se résumait et pouvait se limiter à une tentative de meilleure gestion que celle du Kapital, elle serait déjà perdue. Elle serait dès lors confisquée en son sein. Elle porterait un autre nom, plus proche encore de celui de l’alternative. Le résumé des multiples expériences socialistes étatiques se résume à ce mot.

Toutes les justifications marxistes-léninistes, des staliniennes aux trotskistes, et les accusations anarchistes, makhnovistes n’expliquent en rien -ou faiblement en surface- l’échec passé et à terme des révolutions socialistes ou sociales. Aux préludes, ils n’avaient point de recul.

Une révolution est, se doit d’être et ne peut être que création perpétuelle. Une révolution ne se dirige pas, elle s’élabore et se construit aux fils de sa progression.

Une révolution voulant écraser, supprimer et abolir l’Etat de classe bourgeois et créer une société socialiste,

communiste,

"Le communisme actuellement, c’est encore l’attaque ; ce n’est pas la destruction de l’autorité, mais c’est la prise de possession, au nom de toute l’humanité, de toute la richesse existant sur le globe. Dans la société future, le communisme sera la jouissance de toute la richesse existante, par tous les hommes et selon le principe : De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins, c’est-à-dire : De chacun et à chacun suivant sa volonté" (Cafiero 1880).

anarchiste,

"Anarchie, aujourd’hui, c’est l’attaque, c’est la guerre à toute autorité, à tout pouvoir, à tout Etat. Dans la société future, l’anarchie sera la défense, l’empêchement apporté au rétablissement de toute autorité, de tout pouvoir, de tout Etat : pleine et entière liberté de l’individu qui, librement et poussé seulement par ses besoins, par ses goûts et ses sympathies, se réunit à d’autres individus dans le groupe ou dans l’association ; libre développement de l’association qui se fédère avec d’autres dans la commune ou dans le quartier ; libre développement des communes qui se fédèrent dans la région - et ainsi de suite : les régions dans la nation ; les nations dans l’humanité" (Cafiero 1880).

c’est-à-dire une société créatrice d’humains vivants, créateurs, libres et riches de leurs créations libérées, ne peut se permettre de reproduire dans sa pratique aucune des formes de domination et de destructions K. Ni l’organisation révolutionnaire ni l’individu participant ne peuvent se déroger à cette réalité révolutionnaire. Telles sont de simples leçons de l’histoire usagée. Mais ces formes usées restent attractives, et tant qu’à présent inévitables, tant l’endoctrinement K et son système sont enracinés en nous, tant elles nous ont déracinées. Tant qu’elles ne sont pas sur les voies du dépassement tant individuel que collectif. Tant qu’elles ne sont sur les voies du passé. Le cul-de-sac n’aurait-il pas assez duré ! Place à la société des vivants qu’aucun mot, ni un seul, ne peut représenter tant les réalités et les vécus sont multiples.

"Monter à l’assaut de la morale et des théories sociales du capitalisme. Démolir dans les têtes de la classe Appelée à l’action les préjugés semés par l’idéologie dominante. Proclamer à la face de tous les cafards de droite que la Terre cessera d’être la vallée de larmes des travailleurs, que dans la société de l’avenir, que nous fonderons si possible pacifiquement, sinon violemment, l’être se substituera à l’avoir" (Lafargue ). ((ils ont à monter à l’assaut de la morale et des théories sociales du capitalisme ; ils ont à démolir, dans les têtes de la classe appelée à l’action, les préjugés semés par la classe régnante ; ils ont à proclamer, à la face des cafards de toutes les morales, que la terre cessera d’être la vallée de larmes du travailleur ; que, dans la société communiste de l’avenir que nous fonderons "pacifiquement si possible, sinon violemment" , (Lafargue 1883).))

Il est difficile voire impossible - sans spontanéité élaborée - de sortir des rapports de domination, soumission, assistance et discipline hiérarchique éduqués, quand nous tentons de créer une organisation autre. D’autant plus quand il s’agit de mettre en place une alternative durable, tant nous sommes conditionnés et craintifs. Et ces faibles chances s’écroulent quand cette organisation s’agrandit et prospère. Aussi, toute organisation usant du pouvoir considéré pour lui-même nous écarte de nos buts. Et "nos" organisations organisées paient ceux-là loin de nos buts.

"Lorsque l’Internationale fut devenue, par la Commune, une puissance morale en Europe, la discorde commença aussitôt. Chaque tendance voulut exploiter les succès à son profit. Vint la dislocation qui ne pouvait manquer" (Engels 1874).

Il est pratiquement impossible au sein d’un groupe d’individus égaux organisés d’arriver à agir et d’élaborer en dehors de ce genre de rapports de pouvoir et d’attente, entendez de servitude.

"on a parfaitement raison de craindre pour la liberté, lors même que l’égalité existe ; tandis qu’il ne peut y avoir aucune crainte pour l’égalité là où existe la vraie liberté, c’est-à-dire l’anarchie" (Cafiero 1880).

Mais partout où une tentative doctrinaire est faite de s’organiser, l’anarchie se lézarde au profit du passé resté dominant ?

La spontanéité est de ce qu’il nous reste de pulsions naturelles, passion, désir, instinct de vie et de préservation, et rejoint l’esthétique d’un monde oublié et enfouis où se mélangent enfance, rêves, poésie... et révolutions. L’autonomie individuelle articulée au sein du respect collectif de chacun et du respect de chacun du collectif en son essence est une condition du dépassement depuis qu’elle est condition de la vie.

"La classe capitaliste a dirigé la société et sa gestion a échoué. Sa direction a non seulement échoué mais elle a échoué déplorablement, ignoblement et horriblement. La classe capitaliste avait une opportunité telle qu’aucune classe dominante n’avait jamais eu auparavant dans l’histoire du monde" (London 1905).

Le système K s’est monstrueusement adapté et a montré ses capacités - du moins en apparence - à inverser les conditions qui le menaçaient. Cela ne lui accorde pour autant aucun mérite. Sa permanence n’est que la somme de nos échecs.

La mesure révolutionnaire du travail obligatoire pour tous (Marx & Engels 1848) perdait définitivement toute nature progressiste, moins d’un siècle après son énoncement, avec l’avènement des systèmes réactifs nazi et fascistes et du travail forcé et obligatoire.

« Le Manifeste explique lui-même que l’application des principes dépendra partout et toujours des circonstances historiques données, et que, par suite, il ne faut pas trop attribuer d’importance aux mesures révolutionnaires énumérées à la fin du chapitre II » (Marx & Engels, 1872).

Les mots d’ordre d’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, d’appropriation collective des moyens de production, de suppression de la propriété privée, etc. issus d’une analyse qui s’écartent de l’individualiste libéral, entendez de l’égoïste liberté d’entreprise, identifient les causes économiques, collectives et sociétales de nos souffrances individuelles, de nos non-sens collectifs. Cependant, ils ont été mal interprétés par les actes et détournés dans les faits. Tant l’inertie du système K que notre adaptation imprégnée dans nos masses ont contribué à ce détournement.

Mais les désirs et la volonté de vies ne suivent aucun mot d’ordre. Ils ne sont ni détournables ni aliénables. Un amour déchu, exprimé, vécu, consommé et dérobé à l’ennui n’appartient ni à l’oubli ni à la nostalgie. Dans nos sociétés de surproduction et surconsommation, les désirs sont le moteur d’une révolution qui nous aveugle et qui nous échappe mais à laquelle nous n’échappons pas et contribuons de jour en jour par nos actes de vies et parfois par nos morts. La logique du système K reste celle de la mort et de son entretien durable.

"Le sacrifice de la vie humaine à la nécessité de travailler a inauguré une logique de mort que mène à ses conséquences extrêmes le sacrifice de la survie aux impératifs monétaires" (Vaneigem 1996).

L’exigence de vie de qualité pour tous ne peut plus être un énoncé ou une mesure révolutionnaire. Elle se doit d’être une pratique généralisée et motrice d’une révolution permanente de la vie.

P.-S.

suite 07] PROMOTION DU SABOTAGE

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