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F15

communiqué zapatiste contre la guerre

traduit en français, suivi de l’orignal en espagnol

mardi 18 février 2003, par MAD, savate, stalinopAnk

Communiqué de l’EZLN lu durant la manifestation à Rome le 15 février 2003 par Heidi Giuliani, mère de Carlo, assassiné par les robocops italiens à Genova en juillet 2001 lors du G8/7.

Armée Zapatiste de Libération Nationale. Mexique. 15 février 2003.

Frères et Soeurs de l’Italie Rebelle :

Recevez un salut des hommes, femmes, enfants et anciens de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Notre parole se fait nuage pour traverser l’océan et atteindre les mondes qui sont en vos coeurs.

Nous savons qu’aujourd’hui des manifestations se déroulent dans le monde entier pour dire "Non" à la guerre de Bush contre le peuple d’Irak.

Et cela, il faut le dire ainsi, parce que ce n’est ni une guerre du peuple Nord-américain, ni une guerre contre Saddam Hussein.

C’est une guerre de l’argent qui est représentée par monsieur Bush (cela dit pour souligner sa carence de toute intelligence.) Et c’est contre l’humanité, dont le destin est aujourd’hui en jeu sur les sols irakiens.

C’est la guerre de la peur.

Son objectif n’est pas de vaincre Hussein en Irak, ni d’en finir avec Al Quaeda. Non plus qu’il cherche à libérer le peuple irakien. Ce ne sont ni la justice, ni la démocratie, ni la liberté qui motivent cette terreur. C’est la peur.

La peur que l’humanité entière se refuse à accepter une police qui lui dit ce qu’elle doit faire, comment elle doit le faire et quand elle doit le faire. La peur que l’humanité se refuse à être traitée comme un butin.

La peur de cette essence de l’être humain qui s’appelle rébellion.

La peur que ces millions d’êtres humains qui aujourd’hui se mobilisent dans le monde entier fassent triompher la cause de la paix.

Parce que les bombes qui seront lancées sur le territoire irakien non seulement feront pour victimes des civils irakiens - enfants, femmes, hommes et anciens ; et leur mort sera seulement un accident sur le chemin arbitraire et précipité de celui qui, de son côté, en appelle à Dieu comme alibi pour la destruction et la mort.

Celui qui est à la tête de cette stupidité (soutenue par Berlusconi en Italie, Blair en Angleterre et Asnar en Espagne), monsieur Bush, achète le pouvoir qu’il prétend imposer au peuple d’Irak.

Parce qu’il ne faut pas oublier que monsieur Bush est le chef d’une police mondiale autoproclamée, grâce à une fraude si grande que seules les décombres des tours jumelles à New York et le sang des victimes des attentats terroristes du 11 septembre 2001 peuvent l’occulter.

Ni Hussein, ni le peuple irakien n’importe au gouvernement nord-américain. Ce qui lui importe est de démontrer qu’il peut commettre ses crimes dans n’importe quelle partie du monde, à n’importe quel moment et qu’il peut le faire impunément.

Les bombes qui tomberont en Irak cherchent aussi à tomber dans toutes les nations de la terre. Elles veulent aussi tomber sur nos cœurs et aussi universaliser la peur qu’elles portent en elles.

Cette guerre est contre toute l’humanité, contre tous les hommes et les femmes honnêtes.

Cette guerre cherche à nous faire peur, à nous faire croire que celui qui détient l’argent et la force militaire, détient aussi la raison.

Cette guerre veut que nos encojamos de hombros, que nous fassions du cynisme une nouvelle religion, que nous restions silencieux, que nous nous conformions, que nous nous résignions, que nous nous rendions... que nous oublions...

Que nous oublions Carlo Giuliani, le rebelle de Genova.

Pour les zapatistes, nous sommes les hommes qui rêvent nos morts. Et aujourd’hui nos morts rêvent d’un « non » rebelle.

Pour nous, il n’y a qu’un mot digne et qu’une action conséquente face à la guerre. Le mot est « non » et l’action la révolte.

Pour cela, nous devons dire "non" à la guerre.

Un "non" sans conditions ou excuses.

Un "non" sans demi-mesures.

Un « non » non entaché d’ombres.

Un "non" avec toutes les couleurs qui peignent le monde.

Un "non" qui est clair, catégorique, résonnant, définitif, mondial.

Ce qui est en jeu dans cette guerre c’est la relation entre le puissant et le faible. Le puissant l’est parce qu’il nous fait faibles. Il se nourrit de notre travail, de notre sang. Ainsi il s’accroît et nous languissons.

Dans cette guerre, le pouvoir a invoqué Dieu à son côté, pour que nous acceptions son joug et notre faiblesse comme une chose établie par une voix divine.

Mais, derrière cette guerre, il n’y a pas d’autre dieu que celui de l’argent, ni d’autre raison que le désir de mort et de destruction.La seule force du faible est sa dignité. Et cette dignité lui donne la force de lutter pour résister au pouvoir, pour se rebeller.

Aujourd’hui il y a un « non » qui affaiblit le puissant et renforce le faible : le « non » à la guerre.

Certains se demanderont si la parole qui unit tant de personnes dans le monde entier sera capable d’éviter la guerre ou, si elle est déjà entamée, de l’arrêter.

Mais la question n’est pas de savoir si nous pourrons changer la marche assassine du pouvoir. Non. La question que nous devons nous poser est : pourrons-nous vivre avec la honte de ne pas avoir fait tout ce qui est possible pour éviter et arrêter cette guerre ?

Aucun honnête homme ou femme ne peut rester silencieux et indifférent à ce moment.

Tous et toutes, chacun avec son ton, à sa manière, avec son langage, par ses actions propres, nous devons dire « non ».

Et si le puissant veut universaliser la peur via la mort et la destruction, nous nous devons universaliser le « non ».

Parce que le « non » à cette guerre est aussi un « non » à la peur, « non » à la résignation, « non » à la reddition, « non » à l’oubli, « non » au renoncement d’être humain.

C’est un "non" pour l’humanité et contre le néolibéralisme.

Nous désirons que ce « non » traverse les frontières, qui se moque des douanes, qui dépasse les différences de langue et de culture, et qui unisse la partie noble et honnête de l’humanité, qui simplement, sans l’oubli, soit la majorité.

Parce qu’il y a des négations qui confirment les hommes et les femmes dans le meilleur d’eux-mêmes c’est-à-dire dans leur dignité.

Aujourd’hui le ciel du monde s’assombrit d’avions de guerre, de missiles qui se proclament « intelligents » seulement pour masquer la bêtise de ceux qui les envoient et de ceux qui, comme Berlusconi, Blair et Asnar, les justifient, de satellites qui signalent les endroits où il y a de la vie et où il y aura de la mort.

Et le sol de la terre est souillé de machines de guerre qui le peindront de sang et de honte.

La tempête arrive.

Mais elle se lèvera seulement si les mots se faisant nuées pour traverser les frontières se transforment en un « non » fait de pierre, ouvrant une fracture dans l’obscurité, une fissure par laquelle pourra s’infiltrer le lendemain.

Frères et soeurs d’une Italie rebelle et digne:Acceptez ce "non" venant du Mexique, de nous les zapatistes, les plus petits.

Permettez à notre « non » de se joindre au votre et à tous ces autres « non » qui fleurissent sur toute la terre.Vive la révolte qui dit "non !"Meurs la mort !Des montagnes du Sud-Est mexicain.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.
Souscommandant Insurgé Marcos, Mexico, février 2003.


EJERCITO ZAPATISTA DE LIBERACION NACIONAL. MEXICO. 15 DE FEBRERO DE 2003.

HERMANOS Y HERMANAS DE LA ITALIA REBELDE :

Reciban ustedes un saludo de los hombres, mujeres, niños y ancianos del Ejército Zapatista de Liberación Nacional. Nuestra palabra se hace nube para cruzar el océano y llegar a los mundos que hay en vuestros corazones.

Sabemos que el día de hoy se realizan movilizaciones en todo el mundo para decir ’’No’’ a la guerra de Bush contra el pueblo de Irak.

Y esto hay que decirlo así, porque no es una guerra del pueblo norteamericano, ni es una guerra contra Saddam Hussein.

Es una guerra del dinero, que es representado por el señor Bush (tal vez para enfatizar que carece de toda inteligencia). Y es contra la humanidad, cuyo destino está hoy en juego en los suelos de Irak.

Esta es la guerra del miedo.

Su objetivo no es derrocar a Hussein en Irak. Su meta no es acabar con Al Qaeda. Tampoco busca liberar al pueblo iraquí. No son ni la justicia ni la democracia ni la libertad las que animan este terror. Es el miedo.

El miedo a que la humanidad entera se niegue a aceptar un policía que le diga qué debe hacer, cómo debe hacerlo y cuándo debe hacerlo.

El miedo a que la humanidad se niegue a ser tratada como un botín.

El miedo a esa esencia del ser humano que se llama rebeldía.

El miedo a que los millones de seres humanos que hoy se movilizan en todo el mundo triunfen al enarbolar la causa de la paz.

Porque las bombas que serán lanzadas sobre territorio iraquí no sólo tendrán como víctimas a los civiles iraquíes, niños, mujeres, hombres y ancianos cuya muerte será sólo un accidente en el atropellado y arbitrario paso de quien llama, de su lado, a Dios como coartada para la destrucción y la muerte.

Quien encabeza esta estúpidez (que es apoyada por Berlusconi en Italia, Blair en Inglaterra y Aznar en España), el señor Bush, con dinero compró el poderío que pretende arrojar sobre el pueblo de Irak.

Porque no hay que olvidar que el señor bush está de jefe de la autoproclamada policía mundial, gracias a un fraude tan grande, que sólo pudo ser ocultado por los escombros de las Torres Gemelas en New York y la sangre de las víctimas de los atentados terroristas del 11 de septiembre del año 2001.

Ni Hussein ni el pueblo iraquÍ le importan al gobierno norteamericano. Lo que le importa es demostrar que puede cometer sus crímenes en cualquier parte del mundo, en cualquier momento y que lo puede hacer impunemente.

Las bombas que caerán en Irak buscan también caer en todas las naciones de la tierra. Quieren caer también sobre nuestros corazones y así universalizar el miedo que llevan dentro.

Esta guerra es contra toda la humanidad, contra todos los hombres y mujeres honestos.

Esta guerra busca que tengamos miedo, que creamos que aquel que tiene el dinero y la fuerza militar, tiene también la razón.

Esta guerra pretende que nos encojamos de hombros, que hagamos del cinismo una nueva religión, que nos quedemos callados, que nos conformemos, que nos resignemos, que nos rindamos... que olvidemos...

Que olvidemos a Carlo Giuliani, el rebelde de Génova.

Para los zapatistas, los hombres somos lo que sueñan nuestros muertos. Y hoy nuestros muertos sueñan un ’’no’’ rebelde.

Para nosotros sólo hay una palabra digna y una acción consecuente frente a esta guerra. La palabra ’’no’’ y la acción rebelde.

Por eso es que debemos decir ’’no a la guerra’’.

Un "no" sin condiciones ni peros.

Un "no" sin medias tintas.

Un "no" sin grises que lo manchen.

Un "no" con todos los colores que pintan el mundo.

Un "no" claro, rotundo, contundente, definitorio, mundial.

Lo que está en juego en esta guerra es la relación entre el poderoso y el débil. El poderoso lo es porque nos hace débiles. Se alimenta de nuestro trabajo, de nuestra sangre. Asi él engorda y nosotros languidecemos.

En esta guerra, el poderoso ha invocado a Dios de su lado, para que aceptemos su poderío y nuestra debilidad como algo establecido por designio divino.

Pero detrás de esta guerra no hay más dios que el dios del dinero, ni más razón que el deseo de muerte y destrucción.

La única fortaleza del débil es su dignidad. Ella lo anima a luchar para resistir al poderoso, para rebelarse.

Hoy hay un "no" que debilita al poderoso y fortalece al débil : el "no" a la guerra.

Alguno se preguntará si la palabra que convoca a tantos en todo el mundo será capaz de evitar la guerra o, ya iniciada, de detenerla.

Pero la pregunta no es si podremos cambiar el rumbo asesino del poderoso. No. La pregunta que nos deberíamos hacer es : ¿podremos vivir con la vergüenza de no haber hecho todo lo posible por evitar y detener esta guerra ?

Ningún hombre y mujer honestos pueden permanecer callados e indiferentes en este momento.

Todos y todas, cada quien con su tono, con su modo, con su lengua, con su acción, debemos decir "no".

Y si el poderoso quiere universalizar el miedo con la muerte y la destrucción, nosotros debemos universalizar el "no".

Porque el "no" a esta guerra es también un "no" al miedo, "no" a la resignación, "no" a la rendición, "no" al olvido, "no" a renunciar a ser humanos.

Es un "no" por la humanidad y contra el neoliberalismo.

Deseamos que este "no" traspase las fronteras, que burle las aduanas, que supere las diferencias de lengua y cultura, y que una a la parte honesta y noble de la humanidad, que siempre, no hay que olvidarlo, será la mayoría.

Porque hay negaciones que unen y dignifican. Porque hay negaciones que afirman a los hombres y mujeres en lo mejor de sí mismos, es decir, en su dignidad.

Hoy el cielo del mundo se nubla de aviones de guerra, de misiles que se autodenominan "inteligentes" sólo para ocultar la estupidez de quien los manda y de quien, como Berlusconi, Blair y Aznar, los justifican, de satélites que señalan los puntos donde hay vida y habrá muerte.

Y el suelo del mundo se mancha de máquinas de guerra que habrán de pintar de sangre y vergüenza la tierra.

Se viene la tormenta.

Pero sólo amanecerá si las palabras hechas nube para atravesar las fronteras se convierten en un "no" hecho piedra y le abren una rendija a la oscuridad, una grieta por la que se pueda colar el mañana.

Hermanos y hermanas de la Italia rebelde y digna :

Acepten este "no" que, desde México, les mandamos los zapatistas, los más pequeños.

Permitan que nuestro "no" se hermane con el vuestro y con todos los "no" que hoy florecen en toda la tierra.

¡Viva la rebeldía que dice "no" !

¡Muera la muerte !

Desde las montañas del Sureste Mexicano. Por el Comité Clandestino Revolucionario Indígena-Comandancia General del Ejército Zapatista de Liberación Nacional.

Subcomandante Insurgente Marcos.

México, febrero de 2003.

P.-S.

translations : en english en italiano

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