intersiderale - διαστρική

Communiqué de L’Intersidérale sur les 2 manifestants arrêtés à Luxembourg

UNE PRISE D’OTAGE SOCIALE

lundi 21 avril 2003, par intersiderale

COMMUNIQUE DE PRESSE

Quatre jours après les incidents, tout se passe comme si les autorités luxembourgeoises cherchaient à cacher, dans l’ombre des congés de Pâques, la dynamique des fait survenus dans les rues de leur capitale lors de la manifestation des métallurgistes liégeois de ce jeudi 17 avril 2003. Les événenements survenus mériteraient pourtant d’être arrosés de lumière - pour nous changer un peu des auto-pompes.

On tire à balles en caoutchouc - sans sommation et à froid -, on effectue des charges de blindés (BELGES) au risque de piétiner les corps, on traîne sur plusieurs mêtres -et avec l’aide d’un des ces fameux blindés BELGES, une camionnette de la FGTB alors que son chauffeur est toujours au volant, on arrête arbitrairement et violemment des gens jusque dans les cafés. Et on part en congé, sans fournir aucune explication !

Il n’en faudrait pas d’avantage pour s’inquiéter et pour exiger des autorités luxembourgeoises qu’elles s’expliquent sur cette médiocre mise en scène orchestrée par un commandement policier qu’on nous dit inexpérimenté. Il n’en faudrait pas d’avantage, mais il y a hélas plus grave encore !

Le jour même de ce drame, deux jeunes manifestants ont été transférés à la prison de Schrassig, alors qu’une vingtaines d’autres, embarqués dans des conditions similaires, étaient logiquement relâchés. Ces deux jeunes militants sont passés vendredi matin devant le juge d’instruction qui a confirmé leur détention pour complément d’enquête, c’est à dire qu’ils resteraient privés de liberté au moins jusqu’au mardi 22 avril. Le bruit court cependant qu’ils pourraient être maintenus en détention jusqu’à ce que la manifestation du 25 avril soit passée... C’est là une attitude inacceptable de la part de la justice grand-ducale. C’est à une véritable prise d’otages sociale qu’on assiste ! Soit les deux manifestants ont commis des actes délictueux et il y a une procédure légale à respecter, soit ils sont purement et simplement des détenus politiques, pris au coeur d’un chantage social. En tout cas les provocations continuent et ce climat malsain risque d’échauffer encore les esprits pour la manifestation européenne de ce vendredi.

Il nous semble évident que leur maintien en détention s’inscrit dans un contexte général de criminalisation des mouvements sociaux de contestation et de fichage systématique.

Autre chose : l’un des deux manifestants n’est pas métallo, d’accord ; mais en tant que sans-emploi et liégeois d’adoption, il était parfaitement à sa place aux côtés des travailleurs d’Arcelor ! Celui-ci est un militant actif, pas quelqu’un qui était là pour se défouler, comme le prétendraient certains. Il est engagé de longue date dans les milieux associatifs et militants. L’image qu’il nous a toujours donné est celle d’un citoyen engagé au quotidien dans un travail social et politique de réflexion, de recherche et d1action non-violente.

C’est pourquoi nous réclamons sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi que celle du travailleur de Kessales.

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