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contre-sommet U.E. du 16 au 22 juin 2003

Récit subjectif d’un blob désirant.. (Saloniki)

une semaine à Thessalonique et au 7è jour, y a encore beaucoup de travail !

samedi 5 juillet 2003, par stalinopAnk

Du courant négatif au.. au courant alternatif

Récit subjectif d’un blob désirant
Saloniki 2003, 16-23 juin

Les rues de Thessalonique sont couvertes de jolies affiches annonçant le Chaos..

Lundi 16/06 - 22h - arrivée au campus occupé de l’Université Aristote de Thessalonique

Les antiautoritaires sont encore peu nombreux, entre chaos et inorganisation. Le bâtiment de théologie est occupé. Nos amis nous ayant précédés nous annoncent que l’occupation du bâtiment de droit et d’économie a commencé pour accueillir le centre indymedia.

22h20 - une conférence-débat prévue pour 20h démarre par 3 discours... 3 orateurs parlent les yeux rivés sur leur papier dans un style bien connu « ex-cathedra. » Une petite centaine de « no-global ? » assiste à la représentation dans un murmure de moins en moins silencieux dans un amphithéâtre où une chaleur pesante règne en maître.
23h03 - les discours aux relents anarchistes dogmatiques déclamés au fil des lignes sont terminés. Place au débat ! Un cama anar explique la situation régnant à Volos concernant la politique d’immigration et nos actions depuis un certain Genova 2001. La cigarette la plus fumée dans l’auditoire est Philip Morris.. Hum !
23h18 - quelques interventions préparées, ainsi que celles - critiques - des camas anars turques. Les orateurs donnent la parole, puis répondent. Une trentaine de courageux continue d’assister. J’ai soif. Des slogans scandés de l’extérieur traversent les fenêtres. Qu’est-ce qui se passe dehors ?
Pour des anars, le « débat » semble vachement organisé, voire cadenassé, dans un style ML qui devrait leur être étranger et où un certain message idéologique doit passer.
Aux critiques turques, les anars de Salonika répondent une série de.. : les anars en Grèce, contrairement à d’autres organisations de gauche, sont restés en arrière, ils n’ont pas vu venir le phénomène « immigrés-réfugiés » ; pas organisés les anars, mais les réfugiés non plus, ni ici, ni d’où ils viennent ; contrairement à Volos, à Thessaloniki y a rien d’organisé à part quelques initiatives solidaires (traduire : du blahblah théorique) ; les anars apportent une analyse idéologiK et les autres forces de gauche (càd social-démocrate ou ML) les solutions ; les immigrés ne viennent pas vers nous, ils doivent venir nous parler, on doit apprendre les uns des autres, etc.
En clair, ces anars sont calés et en lutte pour leur spécificité du chaos, et passe ainsi à coté des réalités-luttes pratiques.
Vers minuit, la conférence finit en fiasco, une queue de poisson sans débat. Les orateurs se lèvent et déclarent le débat finit pour aller se disputer avec les fraîchement arrivés d’Athina.
C’est décidé, je n’assisterai plus à aucun débat, j’attendrai les AG pour étancher ma soif, les bières n’ont pas suffit.

Mardi 17/06 - 0h40 - ouverture de la 3è occupation précédée et suivie par des engueulades entre Thessaloniki et Athina, entre Salonika 2003 et le Black Blok Attack (BBA).

Une Free Electro Party démarre, il est temps d’aller se coucher.. ou de danser ? En tous cas pas de samba !

Vers 10h, quelques-uns se réveillent, d’autres se couchent. Le podium des concerts punks se construit. On installe notre campement « Volos. » La journée passe sans que je comprenne où se passent, et comment, les assemblées. Une caméra aurait été détruite sur Egnantia. Les engueulades entre anars continuent. Les mondes arrivent doucement. La journée du 18 connaît le même genre d’aléas. Les anars se battent pour ne pas détruire les antennes GSM ou pour ne pas shooter les journalistes et photographes. La faune qu’attirent les concerts n’est pas des plus politisées, un mélange punks-holligans.

Jeudi 19/06 - manifestations solidaires avec les immigrés. Le monde arrive, cela commence à ressembler à quelque chose. Un manif propagandiste anar démarre à 17h, des blocs de rouges démarrent à 18h. A quelques-uns, on décide de garder le campement vide.

Au retour, des assemblées dans tous les coins. La Caravane No Borders-Anti-EU Summit fait à manger gratis pour tous (dinero gratis), depuis hier. La Caravane est le seul truc réellement No-Global à mon goût.

Les dernières assemblées générales ont décidé d’entreprendre 2 types actions différentes, soit l’encerclement du sommet-UE à Halkidiki, soit une action No-Borders aux frontières des Macédoines yougoslave et grecque. D’autres bruits plus fous comment à courir.

Vendredi 20/06 - journée de désobéissance

7h30 - le camping-occupation des antiautoritaires se réveille et se met en branle. Le gros des troupes antiautoritaires (quelques miliers) se rendra à Halkidiki pour tenter d’assiéger la zone rouge en compagnie d’organisations rouges (d’autres miliers) : Forum social grec, NAR, Arrêtons la guerre, etc.

L’autre initiative proposée par la Caravane No Borders-Anti-EU Summit Thessaloniki 2003 est se rendre à Florina et d’y passer la frontière symboliquement pour discuter et apporter des vivres aux 700 réfugiés roms kosovars (lesquels ont fait et font encore les frais des ’dommages collatéraux’ de la dernière guerre de l’Otan contre la Yougoslavie en 1999.)

Les blobs choisissent les 2 initiatives.

Allez ! va pour l’action No-Borders. Un autre blob vous parlera d’Halkidiki.

Une caravane (250 activistes) démarre en direction des frontières.

Là-bas, après quelques heures de route, un « comité d’accueil » borné et armé nous y attend. L’autre initiative a déjà atteint Halkidiki et va commencer à bouffer du CS et des bottes.

L’action No-Borders durera toute la journée. Négociations sans ou avec peu de succès afin de passer la frontière. La frontière grecque est semi-ouverture, celle de Macédoine (ex-)yougoslave restera fermée pour nous. Enervements, bousculades, engueulades, assemblées générales et rires seront au menu de la journée pendant que la frontière restera bloquée. Les robocops sont couvert d’insultes, à défauts d’autres ustensiles. Un blob colle courageusement des affiches à la main.

Notre revendication est le passage des 250 personnes avec ou sans papiers. Les flics semblent vouloir collaborer. Non finalement seulement les 70-80 munis d’un passeport en règle pourront franchir la frontière (les ordres viennent du ministère.) On joue avec nos pieds. Première ouverture, 5 no-global dont une voiture sont autorisés à franchir la frontière grecque. On espère qu’ils pourront du no-man’s land communiquer avec les roms kosovars qui sont parqués à 30m de la frontière de la feu Yougoslavie.

50 no-global doivent rentrer à la maison, le chauffeur du car a d’autres courses. Les flics changent - ou montrent - leur tactique. Vous passerez 5 par 5 ..mais.. les 5 nouveaux passeront quand les 5 précédents seront de retour.. ces conditions sont inacceptables. Forcer la frontière est illusoire (certains le proposent pourtant) et aurait pour seul et unique résultat : nombreuses arrestations (si pas tout le monde) et blessés. Nous sommes 200, les robocops sont 150. Les flics macédoniens refusent d’ouvrir la frontière, ainsi que d’accepter les vivres.. les réfugiés roms ne manquerait de rien..

18h - finalement, la caravane se décide à contre coeur et rentre à la maison, on a besoin du Medical Team là-bas, ça a chauffé à Halkidiki, les gaz et les matraques ont flués.

Samedi 21/6 - entre assemblées et activités de cuisine gratuite en attendant les manifs. Les blobs sont partout et nulle part, entre décision et indécision, à l’image du climat politique et météorologique des jours passés. Pluies et soleil. Dans le Chaos, chacun fait fait fait ski lui plait (et trop de ski tue le ski.)

17h - le BBA s’amasse pour la guerre au pied d’indymedia. Certains blobs les accompagnent. Salonika 2003, un autre BB, moins noir donc plus coloré, s’amasse au pied de l’école de Théologie.

L’équipe des blobs-collage hésite, elle a quelques 300 affichettes à coller, difficile de coller en se joignant à un BB. L’équipe collage se joint à Salonika 2003. Sans prévenir, Salonika bifurque. Une multitude reste sur Egnantia sans slogans, ni caliquots. Le collage commence.

Les spectateurs-acteurs apprécient les affiches intersidérales. Elles sont collées partout : la route, les trottoirs, les poteaux, les caméras, les vitrines, etc. Des légères odeurs de CS se répandent dans la ville.

Arrivée près du MacDo qui n’existe plus (caché sous des tôles ondulées comme d’autres échoppes) pour la semaine de réjouissance des pontes européens. Des BB et BBA refoulés vers nous à coup de CS et de matraques, attaquent la MacDo. Les manifestants applaudissent. Les CS et les molotovs s’échangent. L’action collage continue. Chacun fait son travail. Les manifs continuent leur cours. Les BB se retranchent dans l’asile universitaire ou se fondent dans les manifs. L’équipe collage est agressée par un groupuscule d’arriérés de la IVè « Internationale » qui les prennent pour des BB tentant de se fondre à eux. La colle s’envole.. feu Staline a oublié de figurer sur leurs drapeaux à l’image de "trop de ski".

Pas que ça à faire ! Conclusion de la journée : les BB sont des poules mouillées, beaucoup de cinéma et peu de combat. 27 arrestations ciblées (autant d’autochtones que d’étrangers), les robocops ont fait leur travail et sont prêts à faire des faux témoignages vu qu’eux ils sont assermentés. [Ici, une vision complémentaire des faits par un Lillois arrêté en ce jour.]

[ 7 personnes sont à ce jour toujours en prison : 3 Grecs, 1 Anglais, 2 Espagnols et 1 Syrien. Le 10 juillet est une journée internationale de solidarité. Stalinopank vous traduira la lettre de prison du cama Syrien (qui existe en grec et en anglais) ]

Dimanche 22/6 - donner à la police l’opportunité de frapper

De midi à 20h, on est là en face du palais de justice.. pour montrer notre solidarité envers les personnes écrouées. Stalinopank s’amuse à donner des leçons pink blok aux robocops.

Plus l’heure passe, plus l’espace du face à face avec les robocops se rétrécit, plus les slogans n’ont rien à voir avec la solidarité, mais avec les classiques anarchistes. Cela pue de plus en plus.

Un photographe(?) débarque, c’est la bisbrouille dans le camps « solidaire » qui se désolidarise.. pour se disputer.

Et ainsi crée l’opportunité tant attendue, la superbe occasion pour les robocops de frapper à nouveau.. et de nettoyer ce qu’ils considèrent comme de la pourriture.

Résultats : quelques personnes à l’hôpital et d’autres embarquées.. Stalinopank se demande comment ces veilles tactiques policières marchent encore !! N’aurait-on rien appris ? Y a encore beaucoup de travail !

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