intersiderale - διαστρική

beyond of control noborder köln summer 03

Noborder köln 2003 ; récit

URL [antirassismus ausbuchstabieren]

vendredi 22 août 2003, par intersiderale, TTX


Nous avons seulement été présents les 3 derniers jours, arrivés mercredi 6 dans la nuit, sans embûche. (à part un pneu crevé à hauteur de Eupen, belgique)

A l’entrée du camp, deux jeunes assis à une table, l’air épuisé, nous salue d’un grognement. Il est près de 3 heures du matin, quelque personnes tournent encore autour du bar, qui se trouve sous un pont ferroviaire. Dans notre dos, il y a une mégacasse&démolition qui sommeille, comme la grande majorité du camp qui est devant nous, sur +- 400 mètres le long du rhin.
[aussi]

vendredi 8 soir vers 21:30, il doit y avoir plus ou moins 300 tentes, et une cinquantaine de "mobiles", ce qui doit faire dans les 700 personnes,même si ce soir, des gens commencent à partir.

(jeudi 7, 08:50)

On n’arrive au "resto populace" (sic), restaurant qui a fini par être autogéré. Pas loin, un dazibao où les annonces sont en grande majorité en allemands et 1 peu en anglais, ça va pas être du gâteau (we speek english like spanish cow)

Après s’être servi le petit déjeuner (café très long, mousse de légumes sur une tartine de pain complet), on rencontre un africain parlant le français.
on lui demande un topo de la semaine, comment s’organisent les actions, etc.
> "Moi non, mais je vais vous trouver un francophone qui est un peu plus au courant que moi"...
Arrive un parisien, s’asseyant à notre table. Il fait partie du réseau "No Passaran". Poignées de main. On réitère notre question :

> "Alors, les camps Noborder sont des camps autogérés où..."
> "Ok, tu peux faire avance rapide."
> "Ok. Alors, tu trouveras un programme de la semaine, en français, à l’infopoint, à l’entrée. Chaque jour, il y a une démo légale. En général, ce sont des rassemblements devant des endroits "sensibles" dans la problématique de la liberté de mouvement, des sans papiers, du racisme, etc. Jusqu’à présent, les actions légales n’ont pas été d’une grande efficacité... Trop prévisible, trop de flics.
Tous les matins à 9 heures, il y a une réunion des délégué-e-s des groupes affinitaires. 1 peu plus tard se tient une AG, pas spécialement à une heure précise, plutôt quand le besoin se fait sentir. Mais bon, faut s’accrocher, c’est des gens qui défilent au micro pendant des heures, plus ou moins traduit en anglais, rarement en français.
> "Comment on fait pour connaître les actions "non officielles"
> "Bein, par définition, c’est pas simple. J’ai envie de te dire, tu te postes à l’entrée, quand tu vois un groupe où les tronches te reviennent, tu t’intègres au groupe. Mais bon, c’est pas évident, y’a une parano latente.

[vidéos des actions]  : www.kanalb.de / kurzdoku AZR (par ex.)

En fait, quand tu viens d’arriver, faut te faire "assimiler" tacitement, que les gens reconnaissent ta tête. Aux premières heures de notre arrivée, c’était difficile de filmer sans qu’une personne vienne te trouver pour te demander qui on est & ce qu’on filme.

> " Dans le fond du camp, après les mobile-homes, tu as les tentes de IMC lille et nantes"... Vous connaissiez No Passaran ?"
> "1 peu... Surtout de réputation. On a logé 2 de chez vous lors du contre-sommet de laeken, en décembre 2001."
> "Indymedia ?
> "A moitié,

Il fait 35 degrés à l´ombre, autant dire que ça ne donne pas beaucoup d´imagination, ça rendrait même un peu amorphe. Il a fallu une journée pour s’y habituer.

Le nombre de participant-e-s ; (nous n´avions jamais été à un Noborder) peu élevé, nous a surpris, pour un pays comme l´allemagne, ça nous parait quand même un peu court (+-700 pers.). C’est effectivement le même nombre qu’à Salento, en Italie. (< [aussi] & [aussi] >).

Un petit problème a épingler est aussi le manque de traduction, surtout au niveau de la littérature (il existe un journal du camp), c´est difficile de saisir correctement ce qu’il se passe ici, et ce manque de feed back empêche de s’intégrer de façon rapide... On parle beaucoup autour de soi, mais souvent pour demander des banalités logistiques.

La police est omniprésente, des camionnettes tournent autour du camps jour et nuit, et elles stationnent la journée ou encore suivent les petits groupes de gens. On a cru comprendre sur l’IMC allemand qu’il y aurait 2500 policiers mobilisés dans les moments "critiques".

Un cordon policiers entoure "in extenso" chaque rassemblement. C´est assez "provoquant", pour un belge, vu que chez nous, en générale, les flics rappliquent quand ça commence a dégénérer. Ici, ils sont la, et - t’empêche plus ou moins, de sortir de la manif. Exactement le contraire de chez nous ; ici, tu peux rentrer dans une manif, mais pas en sortir :-/...[aussi]

(jeudi 7, 13:00)

Une action légale est prévue dans le centre de Cologne, il s´agit d´un meeting contre la violence raciste de la police lors des contrôles. Nous essayons d’avoir des infos sur l’action illégale mais personne n’est très bavard, et lorsqu’on pose la question à un petit groupe quittant le camp, il nous renvoi à l’infopoint. Seulement voilà, l’action, elle est tellement illégale et tellement secrète qu’à l’infopoint, ils n’ont aucune... infos.

On va aller faire une action en marge de la démo légale tout à l’heure. On va foutre le souk dans la gare, à coup de fanfare et de blocage sympa. C’est la gare où il y a énormément de contrôles racistes de la part des flics. La démo officielle, sous le même thème a lieu devant la cathédrale, à côté de la gare, 1 heure après.

[récits des actions illégales]

Vers 13h, nous décidons d’aller à l’action légale. Par petits groupes, et dans plusieurs directions, les militant-e-s se rendent au point de rendez-vous, qui est la Cathédrale de Cologne, près de la gare centrale. Nous longeons le rhin. Tous les 2-300 mètres, il y a une camionnette de la polizei. ILLes ont l’air plus accaparé par la recherche d’un coin d’ombre qu’autre chose. RAS.

Au troisième pont, nous passons le rhin et arrivons dans le centre ville. Nous déambulons sans trop savoir où se trouve la place que l’on cherche... Puis, miracle, apparaît dans le ciel un hélicoptère. On le voit se balader, puis s’arrêter net. Il n’y a plus qu’à se rapprocher du point de vue de l’hélico, et... arriver sur la place où les gens se sont rassemblés. Merci la police.

Sur ce parvis, il y a environ 500 personnes, la plupart venant du camps. Quelques sont "déguisé-e-s" genre "Pink", il y a une fanfare "Blue blok", assez similaire au pink d’ailleurs, sans être "transgenre"(& pas la même couleur ;). La plupart des gens sont (en relativisant toujours les étiquettes) "autonome", travellers ou urbains. De petites actions de sensibilisation se déroulent, pendant que des militant-e-s distribuent des tracts aux passants. Très vite le cordon policier se met en branle alors qu´il ne se passe absolument rien de dangereux, et il ressert tellement le groupe, que les badauds, touristes et autre ne savent plus accéder au parvis Bref, ils nous isolent. Pendant ce temps, à l´aide d´un petit sound system, des africains témoignent de leur condition de vie en allemagne, des contrôles de police incessants et violents, traduit en anglais et français etc., Les participant-e-s écoutent les témoignages, écrasé-e-s par la chaleur et la promiscuité de la police, qui est d’ailleurs insultée en permanence. Pas d´incidents a déplorer, sinon une petite bousculade avec un collectif qui faisait un match de rugby festif...++++

Vers 16h, le rassemblement démarre en relative street party vers la prison de Cologne, ou plutôt... vers une station de métro qui nous y emmènera. Le cortège a quelque peu grossi depuis, et nous déambulons dans le centre de Cologne, toujours entouré-e-s d´un cordon de flics, en scandant des slogans sur la liberté de circulation des personnes (quelle provocation), l´antiracisme, l´anticapitalisme, la violence policière (et de l’intimidation continuelle< ndlr >)

Arrivé à la station de métro, un petit échauffourée a lieu, une bousculade suite à une arrestation qu’on a pas vu... Des allemand-e-s nous expliquent que les flics filment continuellement les actions et il n’est pas rare qu’iLLes fassent des regroupements d’images, et ensuite iLLes essayent de repérer les gens & les arrêter. La tension se relâche assez vite. Nous descendons à 3-400 dans le métro pour nous rendre à la prison. Là, un important dispositif policier nous y attends, avec barrières nadar déployées autour de l´entrée de la prison. Est également présent un sound system où un groupe hip hop allemand, < Microphone Maffia >, fera un concert pour les manifestant-e-s, et bien sûr pour les détenu-e-s. C´est une des plus grandes prisons d´allemagne, avec paraît-il un fort pourcentage de sans papiers. Sont-iLLes là pour un délit ou simplement pour le fait de ne pas être en règle ?, on ne sait pas.

Le rassemblement durera 2-3 heures dans un ridicule face à face avec la police. En première ligne, des manifestant-e-s ont déployé des calicots qu’iLLes tiennent à hauteur d’humain, bouchant ainsi le champ de vision aux robots & à leurs caméras. Après le concert et quelques discours, nous rentrons gentiment au camp par le métro. Notre premier jour d’action à Cologne = bof.

(vendredi 8, le matin)

Il y a une grosse majorité d’allemand-e-s. La moyenne d’âge doit être dans les 25 ans. On peut signaler un petit 10% de francophones. Avons repéré un petit groupe d’anglais et d’italiens. Le camp se réveille vers 8 heures et déjà en cuisine un groupe d’une dizaine de personnes s’activent à préparer petits déjeuner et bouffe de midi. La logistique est classique par rapport à un camp Noglobal. Infopoint, mediacenter, medicalteam, toilettes chimiques, douches et flics en civil...

Cet après-midi, il y a une manifestation à Bonn devant la IOM [la IOM réalise aussi des recrutements de main-d’œuvre comme par exemple de l’Equador pour le marché de travail espagnol. Le réseau international de Noborder (le »noborder-Netzwerk« ) a lancé la campagne mondiale contre la IOM. Cela est une raison de plus de rendre énergiquement visite au bureau central de la IOM en Allemagne qui se trouve tout près à Bonn/Bad Godesberg !]. La matinée est celle d’une matinée classique. File devant la cuisine, file devant les douches, petits groupes qui complotent dans les coins, réalisations de calicots, etc.

En fin de matinée, une dizaine de combis polizei arrivent en trompe devant l’entrée du camp, des flics en sortent et se déguisent en robots en 2 temps 3 mouvements. Il ne faudra pas plus de temps pour que se rassemblent 2-3 cents personnes face à eux. Nous allons jeter un oeil. Résumé de la matinée  : Le campement est, comme nous l’avons dit, en bordure du rhin et est installé sur un halage où passent promeneurs et joggeurs. Ce matin, serait passé par là un motard de la polizei visiblement pas au courant que l’endroit, devenu zone libérée, lui était momentanément interdit. Une petite altercation aurait eu lieu avec de vaillant-e-s défenseur-e-s du lieu, et, d’après les dires du flic, on lui aurait subtiliser une caméra. Tout ça, on l’aura appris plus tard, et on a toujours pas compris pourquoi la police est venue rouler des mécaniques en tenue de combat pendant un quart d’heure pour ensuite se barrer, ... sans caméra. Cette caméra, elle va d’ailleurs nous pourrir la vie, jusqu’à la fermeture du camp.

On annonce au micro qu’il y a deux RER, respectivement à 11h06 et à 11h36 de l’autre côté du rhin qui se rendent à Bonn. La démo démarre à 13h. Relativement peu de gens partent vers 11h moins quart pour le premier, mais vers 11h15, nous sommes plusieurs centaines à emprunter le pont ferroviaire & piétonnier pour nous rendre à l’arrêt. Puis, bardaf, au milieu du pont, une info alarmiste circule ; les verts vont revenir dans 10 min perquisitionner le camp. La foule rentre donc dare-dare au camp. Nous faisons de même. Puis, dans l’attente, le doute s’installe. Les 10 minutes passent et repassent et pas de descente en vue... Puis d’abord, a-t-on réellement volé une caméra ? Si c’est le cas, prévenir que l’on va perquisitionner, genre dépêchez-vous de planquer le matos, ça ne tient pas vraiment la route. Pour certains d’entre nous, ça paraît clair, iLLes veulent nous empêcher d’aller à Bonne. & c’est réussi. Ou alors, iLLes ont besoin d’un mandat de perquisition et ça traîne...

Vers 12h30, une nouvelle annonce au micro, où l’on conseille à ceux qui veulent se rendre à la démo de Bonn qu’il est encore temps, mais peu de gens réagissent. Au final, nous seront une cinquantaine à passer le pont où, de l’autre côté, des flics nous attendent gentiment. Arrivé à l’arrêt du train & après petites discussions, on se rend compte que tout le monde suit tout le monde et que personne ne sait où l’on va. La seule infos que nous ayons est l’endroit d’où démarre la manif, et il est clair qu’elle sera déjà en route quand nous arriverons. Le RER arrive & nous grimpons dedans. Une demi heure et quelques stations plus tard, le train tombe en panne. Certain-e-s activistes chez qui le soleil doit avoir taper rudement nous disent que le chauffeur a probablement appelé les flics pour nous arrêter ! (effectivement, le train est resté à l’arrêt 10 bonnes minutes sans avoir la possibilité de descendre, mais bon...) Le chauffeur demande aux passager-e-s de descendre et d’attendre le prochain train. Certain-e-s désespèrent, considèrent que c’est loupé et rebroussent chemin. Nous serons une trentaine à arriver à Bonn, vers 14h/14h30.

En sortant de la station, sommes 1 peu paumé, alors on cherche l’IOM, le lieu de départ de la manif, histoire d’avoir un but. Puis, miracle, on voit un hélicoptère, on se dit super, on a qu’à le suivre, comme hier. Hélas, c’est la situation inverse... C’est lui qui nous suit. Puis, comme par enchantement, on voit à un carrefour 1 peu plus loin, 2-3 camionnettes vertes bloquer le passage. On court dans leur direction pour voir arriver la démo. 3-400 personnes, tout au plus, dans la même configuration que la démo de la vieille. Mêmes calicots, mêmes slogans, mêmes têtes. Mais bon, on est quand même content de trouver nos ami-e-s après deux heures de suée intense dans ces train sans clim’. Nous devons faire, au pif, un bon 300 mètres avant d’arriver devant une gare & entendre une annonce du genre : "merci d’avoir participer à la manifestation. Nous invitons tous les occupant-e-s du Noborder à rejoindre au plus vite le campement ; une perquisition de la police est à craindre... (sans blague). Nous, on reste positif, on voit du pays, puis les longs trajets en train, ça permets de discuter avec nos nouv-eaux-elles ami-e-s.

De retour vers 16h, nous marchons sur le pont en se demandant si le camp n’est pas à feu & à sang. Mais Tout Est Normal. On a plus qu’à attendre la soirée électro... ou une éventuelle descente de la polizei. Cette fin d’après midi oisive nous a permis de rencontrer un cama de IMC Lille. On s’est mis à causer de nos projets respectifs. Il avait entendus que nous travaillons sur un imc local. Nous lui expliquons, qu’outre l’envie d’un site plus coloré, la démarche de notre groupe affinitaires est plus orienté sur le biopolitique & la politique festive, ILLes embrayent sur légendaire problème avec un < parti stalinien :<>
[à ce sujet]

La raison de leur curiosité était dû au fait qu’en france, les partis "communiste" ne se soucie pas des imc, et restent dans leurs sphère d’influence. Pas par dédain, mais par ignorance de ce qu’implique un projet comme indymedia... A part peut-être la lcr & encore...

Le soir, il y a d’un côté des projections de films thématiques, de l’autre une soirée électro organisée avec des artistes du label < sonig > entr’autres. Les bénéfices du bar iront dans les cautions à payer pour libérer le(s) (? ?) dernier-e-s prisonnier-e-s.

Sociologiquement parlant, c’était rigolos de repérer les gens ne faisant pas partie du camp. Non seulement, les tenues étaient différentes, plus technoïdes, allons-nous dire, mais ce qui frappait encore plus, c’est cette odeur de parfum qui a soudainement emplit la grande tente où se déroulait la freeparty.

Bien que fans de musique électronique, à 1h, nous nous sommes résolu à aller dormir ; le lendemain avait lieu la manif des nazis de < pro-köln >. A 11h, partait du camp une contre manif.

(samedi 9, 09:45)

1 blob & moi-même décidons de nous rendre au Lidl© du quartier afin d’y acquérir une bouteille de vin blanc, fidèle alliée ayant fait ses preuves lors des actions à Genova (par pitié, pas de débat sur le fait de boire de l’alcool avant le déjeuner/dîner ;). C’est en revenant au camp (10:15) qu’on se dit qu’on aurait mieux fait de prendre 2 bouteilles... Sur au moins 300 mètres dans une rue parallèle à celle où se trouve notre entrée, une cinquantaine de combis se garent et au moins 200 flics sautent des véhicules et s’habillent en robots avec plein d’entrain, 1 peu comme dans les films américain quand ça va être l’action finale. Certains combis sont déguisé en Head quarter, avec des mecs en costard (vert) assis à une table devant une carte, écouteurs sur la tête. Et nous, on rentre au camp en essayant de se faire le plus discret possible & ne pas marcher sur 1 flic tellement y’en a. A peine arrivons nous à notre point de départ que le dispositif se referme sur nous. Le camp est bel et bien assiégé. Nous avons un simulacre de liberté de mouvement sur à peine 100 mètresd’un côté, de l’autre, les escaliers accédants au pont sont squatté par des...flics

 

(test-jeu : comptez le nbre de fois où l’on a écrit le mot flic, polizei, etc. Ca doit être proportionnel au nbre de fois où nous, on l’a entendu dans les geulophones...)

Sur le pont, des... mecs&filles habillé-e-s en vert nous filment allègrement, des robots patrouillent sur les voies de chemin de fer (en effet, hier soir lors, de l’ag, certaines personnes évoquaient l’idée de de partir par les voies de chemin de fer). On en repère également sur des toits dans le quartier. On débouche la bouteille de vin et complotons...

>[on prend une carte du quartier] "bon, les flics sont là, là, là, là, là , là, là & là. Qu’est-ce qu’on fait ?, on va par où ?"

On escalade un talus menant aux voies de chemin de fer en sachant très bien qu’on va se faire ramasser. A peine l’un d’entre-nous est en haut que l’on voit des robots courir vers nous. C’était pour rire, on s’en va.
Ce petit jeu, au demeurant, assez ludique, va échauffer les esprits des représentant-e-s de l’ordre, peut-être un peu < stressé-e-s > par 9 jours de critique sur leur fonction de chien de l’Empire. Inversement, perdre son temps & son énergie avec les flics n’est jamais très constructif mais empêcher une contre manif antinazi amène systématiquement à des affrontements avec ceux&celles qui l’interdisent.
(11:30) Nous retournons à l’entrée du camp, au pied du pont où une attaque aux légumes pourris se prépare. Alors qu’une fanfare de casseroles improvisée fait un boucan d’enfer, certain-e-s participant-e-s lancent des fruits & des légumes pourris, des ballons remplis d’eau, ou (plus rare) aspergent au tuyau les gardien-ne-s de la paix. Le tout dans une ambiance <festive> & <décontractée>.

Les petits humains verts, excédés, sortiront à plusieurs reprises de leur tanière (c’est une tour avec des escaliers montant au pont) pour charger la foule, on n’a pas vu s’il y a eu des arrestations. Après une bonne heure à ce petit jeu là, les barrages postés à plusieurs dizaines de mètres dans les rues adjacentes se mettent à avancer, nous refoulant à l’intérieur du campement. Trois groupes d’une trentaine de flics chacun se placent de manières à empêcher toutes sorties vers le quartier où se déroulent la manif des nazis. Un groupe de flics se place à l’entrée du camp, prend le contrôle des arrivées d’eau & les coupe. La bonne centaine de campeu-r-se-s faisant bloc devant eux sont furieux & les insultent. Sont déployés en première ligne des calicots & les militant-e-s crient au verts de se casser. D’un autre côté, le blue blok s’est déployé et les joyeux-se-s fanfarons joue une samba tendance bavaroise pour souhaiter la bienvenue à la police. Derrière les chiottes (ça ne s’invente pas), le dernier < contingent > regarde une petit groupe de jeunes BB monter une barricade (qui ressemble plus à une sculpture de joseph beuys). Il est environ 12:30, commence un jeu des plus malsains ;
résumé en fotos jusqu’à +-19:30

Pendant au moins quatre heures, l’entrée du campement va être confronté à des intimidations minables et haineuses de la part des gardien-ne-s de la paix. En jouant sur la surprise, iLLes pénètrent de 10 mètres à l’intérieur du camp & tente d’arracher les calicots (tous noués à une corde tendue de part & d’autres de la première ligne). D’abord, en nous bousculant & en tirant quelques coups d’aérosol au poivre, puis en dégénérant à coups de matraques & de poings dans la gueule... pour nous voler nos moyens d’expressions. On a vu au moins une jeune fille, traînée par terre, être arrêtée pour avoir voulu sauver un putain de calicot. Pas une seule fois, un projectile offensif n’a été jeté de notre part, mais la répression, qui devait être planifiée (?) est démesurée.

Du haut-parleur, des consignes sont lancées en allemand, anglais, français :
>"Nous rappelons qu’il est interdit en allemagne de manifester masqué-e, nous conseillons aux gens masqués de ne pas rester en première ligne .../... Ne lancez pas de projectiles venant du camp .../... ne répondez pas à la provocation de la police, restez calme .../... en cas d’attaque massive, constitution d’un corps autour de la cuisine, etc.

Une ag de crise démarre vers 16h, on invite à maintes reprises les campeu-r-se-s, de s’éloigner de l’entrée et participer à l’ag, de ne pas jouer le jeu de la police, qu’elle ne peut pas rentrer dans le camp. Peu de gens s’en iront et continuerons le face-à-face. De l’autre côté, le blue blok continue son travail festif, & ça marche... les robots ont abaissé leur garde, & l’on voit des gens parler avec eux,...

Cet après-midi là, on rencontrera d’autres personnes de Lilles & au fur à mesure de la discussion, on se dit qu’on se ferait bien une petite réunion le soir pour voir quel rapprochement on pourrait opérer... Inutile de dire, que cette réunion, on n’aura pas l’occasion de la faire.

Vers 17:30, le camp est encerclé par au moins 500 flics. On a toujours pas très bien saisi la nature de cette attaque. Quelques fruits pourris & une sois-disante caméra volée, c’est un peu juste pour un déploiement pareil. L’ag se termine & invite tous les participant-e-s à se réunir en bloc au centre du camp près de la cuisine. Nous, on court dare-dare replier nos affaires avant de nous rendre à la cuisine. Les flics commencent à installer des barrières nadar sur tous le périmètre & invitent les participant-e-s à quitter le camp en passant par le check point, histoire de prendre leur identité et se faire filmer. Un tiers des participant-e-s quittera le camp de cette manière. La procédure prend du temps, & nous tous, on est là, à 400, bien serré-e-s les un-e-s contre les autres, à se demander à quelle sauce on va être bouffé.

Vers 20:00 (les heures sont vraiment approximatives), quand les campeu-r-se-consentant-e-s ont tous été identifié, les forces de l’ordre ferment le dernier accès et déclarent que nous sommes tou-te-s en état d’arrestation. Que nous passerons la nuit en prison, & que nous pourrons venir rechercher nos affaires demain matin. Le camp devra être vide pour 11 heures. Huées de toutes part, slogans criés, etc.

Dans le fond du camping, une rangée d’une centaine de robots avancent en ligne & commencent à fouiller arbitrairement telle ou telle tente ; ça a de la gueule. La police ressert ses positions très lentement autour de nous, 2 autopompes et un blinder léger se mettent en position, comme si iLLes voulaient nous impressionner...

- "Eh, rambo, tu la trouves ta caméra !?"

Cette mise en scène de la guerre globale & permanente va durer des heures. Comme si nous étions de méchant-e-s terroristes gâvé-e-s au cocktail molotov, iLLes s’approchent de nous en tortue, grappillant quelques mètres comme si c’était une victoire chèrement gagnée. Cela masque peut-être les difficultés face à l’énorme logistique devant se mettre en place pour arrêter 400 personnes.

Vers 23:00, nous sommes debout, "enchaîné-e-s" les un-e-s aux autres, la tension monte ; leur spectacle d’intimidation, il faut le reconnaître, porte ses fruits. De toutes part, à 2 mètres de notre bloc, un mur de boucliers et de casques, avec derrière eux des machines de guerre nous aveuglant avec leurs énormes phares. Inlassablement sont chanté des slogans sur la liberté de mouvement des peuples, sur la solidarité avec les sans papiers, des insultes envers la police, ainsi que des slogans en allemand(?)...

Alors que semble indiqué que ça va dégénérer, une mandataire verte (les autres) s’interpose entre nous & la police en nous demandant de ne pas user de violence pour se défendre. Que l’attitude de la police durant ce camp était inadmissible & qu’elle ne manquerait pas d’interpeller la parlement à ce sujet.
Huées & rires des < anarchistes >, applaudissements des < réformistes >, air perplexe pour les autres. Comme cavalerie, c’est 1 peu juste.

Quelques dizaines de minutes plus tard, la police entre en action. Leur technique est simple ; couper le bloc en 2 morceaux. A coups de matraque & de poings dans la gueule, une rangée de robots sectionnent notre groupe en moins de 3 minutes. L’ambiance devient réellement malsaine, on sent chez certains flics ; de la vengeance, après plusieurs jours, on finit par les reconnaître...

1 des 2 morceaux commence à se faire vider. De notre blok, on ne voit pas très bien comment s’opère la chose. Certain-e-s résistent, d’autres pas. De notre côté, des < bastons de regard > ont lieu de toutes parts. & tous l’monde a l’air fatigué-e-s, excepté quelques psychopathes qui jouent encore avec leur matraque.
Les heures passent, ça se détends dans notre groupe & chez nos assaillant-e-s. ILLes gardent leur position mais enlèvent leur déguisement, certain-e-s chez nous s’assied ou se couchent. Puis, miracle des conventions de genève !, des vivres commencent à circuler. Ca ressemble à des restes de notre cuisine, mais d’où on est, impossible de savoir. Petite euphorie à chaque fois qu’une nouvelle caisse arrive. On demande de la bière, des clopes,... Des instruments de musique apparaissent d’on ne sait où, des concerts improvisés démarrent. On oublierait presque que nous sommes en état d’arrestation ; vers 02:00, c’est notre bloc qui se fait vider. La plupart d’entre-nous décident de ne pas résister & se laissent emmener. Certain-e-s vont se faire filmer dans une tente, d’autres vont directement vers les bus prévus à cet effet en dehors du camp.

fotos du reste de l’opération policière

vidéo du samedi, +-10’

Il est plus ou moins 3 heures moins quart quant je me fais arrêter par un ours plus ou moins sympathique. En chemin, il me demande mon passeport, qu’il me rend, une fois arrivé en dehors du camp sous le pont. Nous sommes une vingtaine à attendre une place dans un bus, qui se suivent, pare-chocs contre pare-chocs. Ici ; c’est un peu les coulisses du spectacle qu’iLLes sont en train de donner 1 peu plus loin. Y’a des flics qui fument des clopes & qui rigolent, du catering qui passe, etc. Avant de monter dans le bus, on me fouille. On ouvre une grille puis il y un couloir avec sur ses flancs des cellules. Tu te retrouves à quatre dans une boite, genoux contre genoux, épaule contre épaule. On fait connaissance ; 1 jeune punk de stuttgard, et 2 jeunes de francfort. On s’échangera quelques banalités sur les us & coutumes des flics dans nos pays respectifs avant d’être assommés par la chaleur & la puanteur que nos corps dégagent. On se réveille au moment où le bus démarre, ainsi que la climatisation. Il y a une petite fenêtre où l’on regarde ce qui se passe dehors. On voit un paquet de flics puis plus rien, on quitte la ville & on prend de la vitesse. On roulera pendant une demi-heure plus ou moins.

Puis on arrive dans l’enceinte de la prison, & là, iLLes nous font poireauter au moins deux heures dans notre boite, avec la porte entrouverte. On voit des flics passer & repasser dans le couloir du bus. A chaque fois, on interpelle l’un-e ou l’autre pour demander un clope, & à chaque fois iLLes répondent qu’on ne peut pas fumer. De temps à autre, on voit passer une tête d’une porte entrouverte, la plupart des gens dans ce bus sont de jeunes filles avec des peintures de guerre faites à la suie. & la plupart ont l’air de se connaître. & moi, je me demande bien où sont les autres, on s’était promis que dès qu’un de nous serait arrêté, les autres feraient des pieds & des mains pour suivre.

Après un temps qui me parait une éternité, des flics viennent nous chercher, nous font descendre & nous emmène dans un grand entrepôt où une dizaine de pc sont installés, reliés à des caméras. On passera tous devant avant de passer devant un inspecteur assis à un bureau, toujours dans le même entrepôt. Le flic ne lève même pas la tête, encode ton nom dans sa machine, puis te fait signe que tu peux partir. Tout ça pour ça, c’est lamentable.
ILLes nous font monter dans un bus accordéon type service public, & c’est en démarrant qu’on comprend le pot qu’on a. Le bus roule au pas devant des cages surpeuplées où on reconnaît nos ami-e-s campeu-r-se-s. Visiblement, il n’y a plus de place. Dernier-e-s arrivé-e-s, permier-e-s parti-e-s. Il est 05:30.
Arrivé-e-s au camp, on est reçu triomphalement par les 50 survivant-e-s complètement bourré-e-s. Je vois un gars tituber fièrement avec un bouclier & une matraque. Mes camas m’accueillent avec de la bière, de la vodka et des clopes... cool.

Le temps de faire une petite sieste, de ramasser quelques crasses, de faire 2-3 vaisselles, & de saluer des gens ; vers 10:30, on charge la voiture pour retourner d’où on vient. En démarrant, on croise les premiers combis qui viennent probablement jeter un œil avant l’ultimatum de 11:00. Inutile de dire que le camps est loin d’être replié.

P.-S.

Le Noborder köln 2003 ne restera probablement pas dans les annales, sinon pour être probablement le camp le plus fliqué ces derniers temps. Aucune action, pour le peu qu’on en sache, n’a réellement atteint sa cible. Mais comme on dit souvent dans ces cas-là, la richesse des rencontres pallie à ce manque.

>impressions fragmentaires< jeu140803/ven220803, ttx.

1 Message

  • l’empire et ses vampires avancent.. et nous pietinnent ? 23 août 2003 03:51, par un des freres de ma soeur

    quand t’as un robocop devant un passage cloute tu le salues, lui demandes d’ou il vient, tu essaies de le lui expliquer que c’est toi qui le paie et qu’il est pas oblige de tjr t’envoyer des cs, des acides dans les autopompes, des coups de bottes et de matraques.. ni meme des "vraies" balles veritables ou en caoutchouc.. quand t’as 200 robocops tu fais pareil.. quand t’as 4000 robocops, tu sais que c’est perdu pour le blahblah, mais tu resistes activement ou passivement.. mais bon !

    comme disait bosaila.. ils nous epient, ils apprennent, et continuent de s’armer avec nos sous. et nous on n’y retourne pour etre sure qu’ils ont tout bien compris.. quelle suberbe praxis et apprentissage pour les robocops en etat de guerre permanent.. nous qu’est-ce qu’on apprend ? on rencontre d’autres gens et c’est deja pas mal.. en plus on essaie un truc ou l’autre..

    a thessaloniki, les bb ressemblaient a tout sauf a des bb, le spectacle etait de mise, les molotovs etaient offert par la police.. non, sans blague.. pas tres loin. genova c’est loin, les techniques fascistes des robocops italiens sont depassees, surtout quand le rassemblement n’est pas si innombrable de multitudes & dans la multitude.. et c’est mieux de museler sans effusion de sang du point de vue de leur opinion publique.. de toute facon vous etes tous des terroristes !

    pas simple de s’autogerer, de s’autoorganiser, de .. en respectant toutes les multitudes et tous les goupes affinitaires.. pas simple de ne pas se retrouver face aux rapports de force locaux entre groupes affinitaires nous invitant a l’action.. etc

    mon commentaire me semble assez long.. pour ne pas continuer. a plus.

    l’heure n’est pas a la guerre meme si elle est permanente et globale.. l’heure est a l’emulation collective.. non ?

    meme a l’attaque, on est sur la defensive..

    c’est quand les prochains rendez-vous ?

    p.s. dans toute a.g. on aura des flics.. donc on fait avec.. et d’autant plus, on a besoin de l’imagination, non pas au pouvoir, mais dans la creativite.. bon ca suffit.. je me tais ?

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