intersiderale - διαστρική

procession Squattus dei √ BxxL

jeudi 23 octobre 2003, par intersiderale

"B√©nie soit la douleur. - Aim√©e soit la douleur. - Sanctifi√©e soit la douleur... Glorifi√©e soit la douleur !" Jos√©maria Escriva, "Le Chemin", Point 208.

La conquête du pouvoir

Qu’est-ce que l’Opus Dei ? De saints asc√®tes vou√©s √ la d√©fense d’une noble cause ? Ou des religieux fanatiques, des froids calculateurs mafieux et assoiff√©s de pouvoir ? Milice religieuse au comportement de secte, h√©riti√®re d’un anticommunisme militant, puissance √ la fois √©conomique et politique, l’OEuvre exerce une influence multiforme sur l’√‰glise, mais aussi sur les pouvoirs temporels, qu’elle cherche √ infiltrer.

Depuis plusieurs ann√©es, cette organisation secr√®te catholique est violemment critiqu√©e. Mais peu d’informations filtrent sur la nature exacte de ses activit√©s. Certains documents [1] pour le moins surprenants l√®vent le voile sur la censure, la flagellation, la s√©paration des hommes et des femmes ou l’enr√īlement de jeunes d√®s l’√Ęge de 14 ans.

Avec l’Opus Dei nous sommes confront√©s √ de puissants r√©seaux politiques, √©conomiques et financiers, de Paris √ Tokyo, de Zurich √ Manille et de Londres √ Panama. Gr√Ęce √ ses oeuvres collectives et √ diverses fondations lui servant de paravent, la " Sainte Mafia " (c’est le surnom donn√© √ l’Opus Dei en Espagne, son pays de naissance) parvient √ infiltrer, entre autres, plusieurs organisations internationales (l’Union europ√©enne et les Nations unies, par exemple)

On ne peut pas ignorer son ascension dans l’√‰glise et au Vatican en particulier o√Ļ elle occupe d√©sormais de nombreux postes cl√©s. Aujourd’hui l’influence de cette organisation secr√®te dans le gouvernement central de l’√‰glise catholique est telle qu’elle p√®se d√©j√ dans la succession du prochain pape. L’Opus Dei appara√ģt bel et bien comme le fer de lance de la restauration catholique impuls√©e par Jean-Paul II, depuis son √©lection comme pape, il y a vingt ans.

En Belgique

L’ Opus Dei est r√©pertori√©e comme une secte par une Commission parlementaire depuis 1997 [2]. C’est donc avec une tr√®s grande pr√©caution qu’elle infiltre notre petit pays, m√™me si elle poss√®de des alliances solides. A Bruxelles, l’Opus agit clandestinement, comme d’ habitude [3]. Par exemple, elle n’est pas l√©galement propri√©taire des b√Ętiments qu’elle occupe, c’est une coop√©rative inf√©od√©e √ l’Oeuvre qui en poss√®de les titres de propri√©t√©. A Leuven, un de ces b√Ętiment dont l’Opus Dei est indirectemment propri√©taire et inoccup√© pendant de nombreuse ann√©es a √©t√© investi par des squatteur/es organis√©/es en un collectif, le "squattus dei". Evidemment cela n’arrange pas trop l’Opus Dei de loger un centre social anarchiste, l’organisation r√™ve d’un autre projet pour l’endroit. Il s’agit d’y am√©nager un centre de recrutement pour jeunes, sp√©cialement pour les √©tudiants de l’universit√© catholique, vue comme un terrain de chasse de pr√©dilection. L’Opus Dei fait donc pression pour expulser les squatteur/es et ceux-ci contre-attaquent.

A l’initiative de squattus dei, quelques activistes se r√©unissaient vendredi pass√© pour une procession symbolique. Le but de cette action √©tait de rendre visible ce qui ne l’est pas habituellement, c’est-√ -dire le parc immobilier de L’Oeuvre dans la capitale, et par l√ d√©noncer la pression subie les squatteur/es, et d’une mani√®re plus g√©n√©rale les m√©thodes de L’opus dei et sa progression disc√®te mais continue en Belgique [4].

L’action

Le rendez-vous √©tait fix√© √ 14 heures √ la gare du midi. Lorsqu’on arrive sur place, entre vingt et trente personnes sont rassembl√©es √ l’entr√©e de la gare, plus ou moins entour√©s par les gars de l’ex-bsr et toutes sortes de civils de la police f√©d√©rale int√©gr√©e. Un combi bien charg√© attends sur le parking. On se s√©pare pour faire le tour des lieux et √©valuer les forces de l’ordre. Pas de chance , la police, sans doutes pas tr√®s bien renseign√©e sur nos objectifs, a pr√©vu un comit√© d’accueil et surtout d’accompagnement d√©mesur√©. Derri√®re la gare du midi, une autopompe et quatre camions remplis de r√©serve f√©d√©rale de matraques passent √ toute allure. Le temps de traverser la gare pour pr√©venir les gars de Squattus dei, tout le monde a disparu, on apprends par t√©l√©phone que le rendez-vous a chang√©, direction Churchill. Le temps d’arriver, notre comit√© d’accompagnement est sur place. Sous les arbres, au milieu d’un rond-point, les squattus dei et leurs amis se pr√©parent √ la procession sous l’oeil ahuri de quelques passants et des policiers. VTM vient prendre quelques images comme pour dire que les m√©dias s’int√©ressent √ l’action... une cinquantaine de personnes se mettent en rangs pour le d√©part de la procession puisque c’est de cela qu’il s’agit. Emmen√©s par J√©sus qui porte sa croix, un ma√ģtre de c√©r√©monie encapuch√© et des pr√©lats opus dei avec des chapeaux rigolos, la petite foule de p√©nitents entame la marche, capuches ou perruques roses sur la t√™te.

Premi√®re √©tape : La Pr√©lature.

Nous nous balladons √ travers les quartiers hupp√©s et tranquilles escort√©s par des civils qui se donnent un mal de chiens pour anticiper notre route et nous attendre √ chaque carrefours. Nous nous dirigeons vers le n¬°112 de l’avenue de Floride ou se trouve le coeur de l’Opus Dei en Belgique, la Pr√©lature qui est l’organe de d√©cision central. Cette maison luxueuse abrite aussi Stephaan Seminck, le porte-parole de l’Opus. Evidemment aucun signe distinctif ne permet d’identifier le propri√©taire qui pr√©f√®re la discr√©tion. Tandis qu’on nous explique tout √ßa, les civils sont rejoins leurs coll√®gues en uniformes : ils arrivent √ toute vitesse sur nous, on range vite les pochoirs et les bombes dans les sacs, et on d√©gage bien serr√©s, m√™me si on ne risque pas grand chose pour quelques pochoirs " huis van/ maison de l’Opus Dei" sur les trottoirs.

Deuxi√®me √©tape : La Coop√©rative pour les Centres Culturels

Nous sommes √ nouveau en route et cette fois-ci notre escorte est bien visible les policiers courent autour de nous, des combis et des voitures ouvrent et ferment notre joyeux d√©fil√©, on nous siffle √ la sortie des √©coles on distribue des tracts aux passants dans les rues les plus anim√©es. arriv√©s devant la maison de ma√ģtre situ√©e au n¬°327 de l’avenue Moli√®re, on nous explique qu’elle appartient √ la coop√©rative, propri√©taire des biens de l’Oeuvre. Le dispositif policier autour de nous se resserre. Pendant que le ma√ģtre de c√©r√©monie nous lit quelques sentences du livre culte de l’opus [5], les p√©nitents crient des "amen"et des "alleluya" √ genoux. On se rel√®ve et red√©marre vers Mongomery, on va prendre le tram. En chemin, on croise la r√©serve f√©d√©rale stock√©e dans les camions, accompagn√©e de l’auto-pompe. ( j’ignore combien cela a pu co√ »ter √ l’√©tat et aux communes de mobiliser autant de personnel r√©pressif, mais c’est quand m√™me un peu honteux de d√©penser l’argent public de la sorte ; ils feraient mieux de nous le donner directement, on sait quoi en faire...) A l’arr√™t du tram, alors qu’une dame ag√©e vient nous encourager "c’est bien ce que vous faites, les petits", un membre de l’Opus Dei, p√®re de dix enfants, nous a-t-il r√©pet√© inutilement, compl√®tement choqu√© par notre d√©marche, nous a agress√© verbalement, la police se rapproche pour le calmer, un civil se fout de sa poire dicr√®tement, l’ambiance se d√©tend. On prend le tram.

Troisi√®me √©tape : le Club Narval.

Cette maison de jeunesse est situ√©e dans une luxueuse habitation situ√©e avenue Tervueren au n¬°263. Lorsque nous sonnons √ la porte, l’homme en noir qui nous ouvrir prend peur et la ferme aussit√īt, normal avec cinquante personnes dont pas mal de punks devant chez soi, quand on sert de dortoir-prison √ des jeunes filles que l’on fait venir d’Am√©rique Latine en leur promettant des √©tudes de cuisine par exemple et pour en faire des servantes soumises et dociles [6]. Comme pr√©c√©demment on se met tous √ genoux pour faire de "amen" et des pochoirs sur les trottoirs tandis que le ma√ģtre de c√©r√©monie nous r√©cite des extraits du "Chemin". Entre-temps, la r√©serve f√©d√©rale essaie tant bien que mal d’avancer dans les bouchons de la capitale (vive les transports en commun). On d√©gage tant qu’on est surveill√©s que par un gentil flic-espion, qui tient ses distances tout en indiquant notre position au Q.G.

Quatri√®me √©tape : le Centre Culturel Fontanelle

Ce centre culturel situ√© Avenue Brandt Withlock n¬°36 est un lieu totalement ferm√© et r√©serv√© √ une √©lite. Ceci ne correspond pas vraiment √ notre id√©e de centre culturel, il serait peut-√™tre int√©rressant pour les membres de l’Oeuvre d’aller passer quelques jours au "squattus dei" √ Leuven pour √©changer des points de vue et peut-√™tre d√©couvrir qu’il est possible de vivre autrement qu’en se mortifiant et en se soumettant totalement √ des sup√©rieurs hi√©rarchiques. On ach√®ve le petit rituel et les voitures de l’ex-bsr arrive. On est d√©j√ parti.

Derni√®re √©tape : l’Actec [7]

Pour achever la procession, nous nous rendons au n¬°21 Boulevard Reyers. Ici il ne s’agit pas d’une maison mais seulement d’une bo√ģte aux lettres, celle de l’Actec. Cette association de coop√©ration au d√©veloppement est un satellite de plus de l’Opus dei. Compromise dans des affaire de fraude, cette ONG, reconnue par le Minist√®re belge de la Coop√©ration au

Notes

[1] Peter Hertel, Les secrets de l’Opus Dei, √‰ditions Golias, Villeurbanne, 1998
Luc Neufontaine, L’Opus Dei, Cerf /Fides, 1Paris, 1993
Andr√© Van Bosbeke, L’Opus Dei en Belgique, Editions E.P.O., Bruxelles, 1986
Jesus Ynfante, Le Monde diplomatique, juillet 1996
Fran√ßois Normand, La troublante ascension de l’Opus Dei

[2] http://www.lachambre.be/documents/L... (p185-199)
http://www.lachambre.be/documents/L...

[3] le bulletin hebdomadaire Europe Today, en espagnol, fran√ßais et anglais, envoy√© depuis Bruxelles dans le tiers-monde, et notamment en Am√©rique latine, o√Ļ il est distribu√© gratuitement. Se pr√©sentant comme ¬« une agence de presse internationale, sp√©cialis√©e dans la sant√©, les probl√®mes de soci√©t√© et l’√©ducation ¬ », il d√©fend les positions les plus r√©actionnaires de la droite catholique

[4] une lettre ouverte de Squattus dei

[5] En 1935, Escriva de Balaguer fait √©diter un petit livre appel√© Camino ¬ » (le chemin), comprenant 999 courtes maximes, conseils et pr√©ceptes, publi√© en 11 langues. C’est le fondement de l’Opus Dei, une r√©f√©rence incontournable pour les adeptes. Ce recueil est gorg√© de toute la mythologie fasciste, ali√©n√© par l’idol√Ętrie, avec une soumission totale de la hi√©rarchie, dur, d√©pourvu de sentiment, militariste intol√©rant, convaincu que lui seul et les siens sont les bons.

[6] des témoignages de victimes sur squat.net

[7] Association for Cultural, Technical and Educational Cooperation

4 Messages de forum

  • > procession Squattus dei √ BxxL 18 décembre 2003 07:02, par pano

    bonjour,

    mon message est tous dif√©rent de votre sujet, je suis √ la recherche sur des information sur les franc-ma√ßon en belgique, cette communaut√© quie comprend Magistrats, avocats et d’autres, ces information afin de contre attaquer cet franc -ma√ßonnerie.

    merci de votre conpr√©hension, merci si vous pouvez m’indiquer des lieu ou je peut trouver.

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  • > procession Squattus dei √ BxxL 12 septembre 2005 13:58

    Bonjour, je vois que vous avez de bonnes intentions mais une compl√®te deroute. J’√©tais l’autre jour invit√© √ Narval et malgr√© le quartier un peu hupp√© la maison est assez minable. Je vous encourage √ les aborder en leur demandant des explications. Surement vous ne serez pas d’accord, mais au moins vous les respecterez si vous √™tes unpeu tol√©rents. En fin, je crois. Bye A.Tallon

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  • Une article vraiment interessant 5 septembre 2018 10:33, par sylvie

    Bonjour, c’est vraiment interessant ce que je venais de voir ici. Merci beaucoup.

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