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Volos : la Forteresse Européenne à la sauce grecque se porte bien !

23 réfugiés détenus depuis 2 mois au poste de police de Néa Ionia

dimanche 26 octobre 2003, par stalinopAnk, Vacuity

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Ci-après, la traduction -presque libre et fidèle au texte- d’un tract de « en commun », espace de contestation et de pratique sociales (en grec, Apo Kinou) datant du 20 octobre 2003.

23 réfugiés détenus depuis 2 mois au poste de police de Néa Ionia. Cela passera-t-il encore en douce ?

Au milieu du mois d’août un nouveau « bateau », le 5ème en tout, a accosté sur les rivages de Trikeri en Magnésie  [1]. 23 réfugiés (11 Chinois, 8 Chinoises et 4 afghans) « ont débarqué » des filets des passeurs pour une région paisible et qui leur était totalement inconnue. Là, ils ont été arrêtés par la police locale puis ont été conduits aux maisons d’arrêt du poste de police de Néa Ionia de Volos  [2]. A ce jour, ils y sont toujours écroués. Peut-être n’ont-ils pas eu le même funeste destin que d’autres (25 réfugiés noyés à Évros début septembre ! - 49 durant les derniers quatre ans), ils se trouvent cependant détenus dans les geôles de la police. La détention y est limitée légalement à trois mois, délai « nécessaire » pour que soit examiné leur demande d’asile politique.

L’Etat grec, dans son rôle de garde-frontières de l’union européenne, suit à la lettre les ordres concernant la configuration de la forteresse Europe. Rappelons que la Grèce est la première étape des réfugiés venant des pays d’Asie (au quotidien incertain et aux énormes difficultés politiques) vers des pays du « paradis européen ». Les politiques suivies sont peu ou prou connues :

• Plus grande surveillance des frontières, arrestations (40.000 les derniers trois ans), multiples assassinats irrésolus et disparitions. Les passeurs, dont la part de responsabilité est évidente, continuent sans embûches leur travail.
• Emprisonnement des réfugiés jusqu’à ce que soit examinée la demande d’asile politique. Durant ce temps, ils sont gardés par des policiers armés comme les criminels de droit commun, soit aux maisons d’arrêt, soit dans des espaces spécialement aménagés (camps de concentration conviendrait mieux à leur description) sans aucune infrastructure et assorti de privation des droits élémentaires.
• Rejet de la majorité des demandes d’asile politique (désormais seulement 1% est accepté par an), même dans des pays connaissant une situation de guerre (p.ex. Irak, Afghanistan).
• Propagande systématique des médias et de la raison politique souveraine, où à bon escient l’ensemble des réfugiés et des immigrés est confondu avec l’ensemble des actions pénales ; ils deviennent ainsi les responsables des pourcentages élevés de chômage, indignes de confiance, le miasme de la pureté grecque.

Dans un climat de secret à caractère pathologique émanant des autorités locales et des médias, les 23 réfugiés ont été transportés aux maisons d’arrêt de Néa Ionia, afin que se maintienne le (non)paisible sommeil de la ville.

T’es-tu demandé pourquoi ?

Leur unique choix : être entassés depuis 2 mois dans 4 cellules, sans avoir le droit de marcher (le manque d’espace en serait la raison), sans aucune possibilité pour leur hygiène individuel.

Tu voudrais être à leur place ?

Nous exigeons :

• la fin de leur inadmissible détention
• l’octroi immédiat de cartes roses  [3] aux 23 réfugiés
• la résolution définitive de la question du séjour provisoire des réfugiés grâce à la création d’un centre d’accueil  [4]
• l’asile politique et légalisation pour tous les réfugiés sans conditions

Les visites au poste de police de Néa Ionia sont autorisées quotidiennement pour tout le monde entre 17 et 18h. Une petite aide matérielle (savons, papiers de toilette, produits hygiéniques, cartes de téléphone, lait, etc.) et un peu de soutien et de solidarité leur facilitera leur traitement de détention.

« en commun », espace de contestation et de pratique sociales

P.-S.

Les notes sont du traducteur. Le tract a été écrit par Vacuity et traduit par stlnpk pour Apo Kinou
Merci à Mary d’Apo Kinou pour la relecture finale

Notes

[1] Préfecture de Magnésie située en Thessalie (Grèce centrale)

[2] Il existe, à ma connaissance, deux Néa Ionia en Grèce : Néa Ionia de Volos et Néa Ionia d’Athènes.
Pour l’historique et l’anecdote : Néa Ionia signifie la Nouvelle Ionie. Dans l’antiquité, l’Ionie était la partie centrale de la région côtière de l’Asie Mineure. Selon une tradition, la Vierge & Sainte Marie serait morte à Ephèse, ville d’Ionie. D’autre part, la commune de Néa Ionia de Volos fut créée au début des années 1920 pour accueillir des réfugiés provenant d’Asie Mineure. A l’époque, la ville de Volos aurait put accueillir ces réfugiés en son sein. Mais, comme la plupart des Etats-Nations, l’Etat grec a préféré parquer ces réfugiés en dehors et créé ainsi une nouvelle ville limitrophe de Volos ; (à méditer)

[3] Carte rose : papier, valide pour 6 mois, accordé parfois aux réfugiés et leur permettant de résider et de circuler sur le territoire grec jusqu’à ce que soit acceptée ou refusée leur demande d’asile politique.

[4] Un centre d’accueil, vous avez bien lu ! il s’agit donc ni d’un centre ouvert ou d’un centre fermé.

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