intersiderale - διαστρική

compléments au pôle d’attraction unité versus diversité

électrons parasitaires

pourquoi les mutants, droïdes & autres blob’s de la galaxie sont-ils perplexes quand l’ordr’dur

mardi 1er avril 1997, par intersiderale

Todd Belsnor avait du mal à s’habituer à l’apesanteur. C’etait son premier voyage dans l’espace et en son for intérieur le dernier. Solidement attaché à son siège par des harnais, il comptemplait les images d’une voie lactée plus ou moins lointaine retransmise en rétro-projection sur le mur de sa cabine. Il était également attaché au bureau d’étude des Avancées techno-génétiques pour le compte du N.O.M. 
Todd Belsnor avait pour mission de revenir sur terre avec un dossier complet sur ce que l’on nomme communément l’électron Parasitaire.
L’électron Parasitaire était bien cette nouvelle drogue "venue de l’espace", apparue au début des années quarante, accrochant une partie de la population dite "télébranchée". Car pour une fois dans l’histoire des narcotiques, la drogue transitait par le réseau du câble et du téléphone.
Des informations aussi incongrues que fantaisistes transitaient sur le Réseau à propos de cette drogue, annonçant la venue prochaine dans l’atmosphère d’un cyclone intersidéral gigantesque capable de rassasier tous les cybertoxs muni d’un ordinateur et d’un modem pas trop foireux. 
Il existait des sites de résistance au N.O.M. un peu partout sur les continents... Leurs militants prétendaient trouver la foi et le courage de lutter gràce à l’absorption du produit. Ils l’appelaient également "la Matière". Les médias polémiquaient sur ces générations en dérive idéologique, car tous prétendaient consommer régulièrement de l€™ électron parasitaire, mais personne au sein du N.O.M. n’en avait jamais vu la couleur. De la CIA à Europol, c’était que dalle.
Ces pensées irritaient profondément Belsnor. Il savait qu’il aurait pu refuser cette mission mais une envie, quasi mystique, le poussait à démasquer cette supercherie. Il n’avait jamais cru aux O.V.N.I. C’est pas aujourd’hui qu’on allait lui faire gober cette histoire de "drogue de l’espace". Dans le fond, qu’est-ce qu’il en avait à foutre lui de quelques milliers de merdeux disséminés sur Internet ou ailleurs ? Belsnor pensait qu’il aurait pu finir ses jours à frimer en vidéoconférence, installé confortablement à son bureau. Mais là, c’était raté. 
Il regardait par le hublot la terre s’éloigner quand sur la rétro-projection se forma une fractale de constellations encore inédites à ses yeux.
 
 

JOURNAL D’INFORMATIONS INTERGALACTIQUES n°458, section B12, mardi 03 mai 45.

concerne : "électron parasitaire"

L’électron parasitaire évolue disséminé entre résidus & rejets polluants terriens - circulant d’un pôle à l’autre du système solaire - déjouant l’attraction des astres - on peut l’apparenter à un minerai, bien qu’organique - grouillant d’enzymes-mutants - dispersant ci & là de la poussière d’électron -
le minerai pénètre l’atmosphère pour se répandre dans les entrailles de la terre. Si vous êtes muni d’un micro-ordinateur, d’un modem, d’une ligne téléphonique & d’un traducteur midi : 
C’EST VOTRE CONSCIENCE QU’IL PENETRE & LE N.O.M. QUI RECULE.
Pour plus de renseignements : http:interc. (en appuyant sur shift et "cage").
de nouvelles instructions alors suivront - soyez discret - n’importunez pas le distributeur.

Antoine Dumortier sortait un tract à la fois de son sac à dos. Pour une fois, il avait pense mettre sa paire de Reebooks. Une distribution de tracts galactiques se termine toujours par un sprint de la mort.
Il est 08:46, les voitures roulent au pas sur la voie rapide. Tout semble normal. Antoine, qui se sentait d’humeur sportive ce matin, emboite le pas vers l’Administration en glissant ci et la des papelards sous les essuie-glace des voitures grinçantes pare-choc contre pare-choc. 
Antoine Dumortier à 23 ans et vient de terminer une formation en résistance des matériaux. Il lui arrive de faire des petits boulots comme par exemple distribuer des tracts. C’est pas trop son truc mais à 1 ECU le papelard, on peut bien faire des concessions.
Antoine garde son diskman sur les oreilles quand il sort dans la rue. Parce qu’il n’aime pas la rue, ni les remarques des quidams en général. Pourtant ici, quai de la Goffe, c’est son quartier, il y a des années qu’il ne l’a pas quitté. Voyager, c’est pas son truc. Son truc, c’est payer son deux pièces, sa ligne téléphonique et qu’on lui foute la paix comme il dit.
Ce qu’on appelait "l’Administration" avait été réquisitionné depuis longtemps par l’Etat Fédéral. Transformée en labyrinthe de barrières Nadar pouvant acceuillir les 65 mille personnes s’amassant chaque début de mois pour acquérir leur chèque d’Allocation Universelle. Bien sûr, tous les habitants de la ville, et de la planète, y avaient droit mais seuls les plus démunis faisaient le déplacement jusqu’aux portes de l’Administration. Quel travailleur irait faire la queue une journée entière pour 500 ECU ? C’est ce qu’Antoine se faisait en une matinée, s’il était performant.
Plus on approchait de l’entrée, plus il était difficile de se frayer un chemin, entre les gangs d’Afro-magrebhins fumant des joints à renfort de claques dans le dos, les artistes en mal d’inspiration ou les SDF psychotiques...
C’est un de ces vieillards qui interpella le premier Antoine.
- "He !, fiston !" Antoine vire les ecouteurs de son Diskman, un peu à contre-coeur
- "Tu crois à ça, toi !? De la camelote venue de l’espace ?"
- "A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question... Mais..."
- "Dans quel quartier on peut acheter une télé pareille ?"
- "Laisse tomber, papy."
Antoine lui arracha le papier des mains, presque vexé. Pas qu’il ait une quelconque sympathie pour les galactiques, mais en tant qu’ingénieur, il se sentait un peu homme de science, et il prenait la remarque du vieux comme une insulte aux avancées technologiques, quelles qu’elles soient. 
Mais la foule poussait, poussait vers les portes battantes, gardées par deux vigiles sto&iulm;ques, matraque électrique à la main, et masque anti-odeur sur le visage...

De son spatiojet, Todd Belsnor n’en croyait pas ses yeux, il interphona son assistant en le priant de venir le rejoindre. La porte coulissa et la jeune euro-assistante pénétra dans la cabine du professeur es manipulation génétique. 
Belsnor, bien que père de famille, ne pouvait s’empêcher de mater ce corps parfaitement moulé dans la combinaison anthracite, se déhanchant de la sorte dans l’espace de sa cabine, avec une chevelure d’or dansant comme des serpents. Il s’attarda un instant sur le sein gauche de la gorgone ou etait brodé un écusson bleu muni d’une couronne à 23 étoiles. On est en pleine mythologie moyenâgeuse songea Belsnor. Tandis qu’elle s’attachait sur le siège voisin, il avisa la situation rationnellement...
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Vous qui avez été dans l’espace, vous pouvez me le dire ?"
Sur le mur, une fractale de cristaux metallisés tournoyait comme un cyclone, explosant en millions de particules, pour ensuite se reformer suivant des proportions changeantes. 
Célia, l’euro-assistante, activa son portable en jetant un oeil distrait sur la rétroprojection.
- C’est la première fois que je vois ce genre de phénomène, professeur...
- "Et c’est tout l’effet que ça vous fait !?" Sa combinaison le démangeait, il n’aimait pas le côte moulant de la chose ; exposer de la sorte ses parties intimes devant un tel specimen terrien se révelait être un danger permanent pour l’étanchéité de ses pulsions théoriquement contrôlées. Il enfonça de nouveau le bouton de l’interphone. Il tomba sur le co-pilote du spatiojet.
- "Nous ne sommes plus qu’à quelques heures de la base lunaire, professeur. Rassurez-vous, un premier voyage spatial est toujours, comment dire, dérangeant." 
- "Je ne vous parle pas de ça, lieutenant ! C’est la retroprojection, ..."
- Et alors ? La retransmission est mauvaise ?"
Belsnor sentait des gouttes de sueurs perler sur son front. Célia tapotait sur son clavier dans la plus grande tradition du faites-comme-si-je-n’étais-pas-là-laissez-vous-aller ! Belsnor implosa.
- "D’ou viennent ces images, grand dieu !
- "Euh... d’un vidéomouchard ; quelques milliers de kilomètres devant nous."
- "ET CETTE... CETTE..."
- cette ?
- "CE CYCLONE ! QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE CYCLONE DEVANT MOI, VOUS POUVEZ ME L’DIRE, LIEUTENANT PARKER !"
- "Je ne vois rien de tel, professeur, tout semble normal sur nos moniteurs."
Todd se tourna vers Célia
- "pouvez-vous vérifier si la ligne de retransmission est piratée ?
Elle s’improvisa un chignon, ce qui soulageait Belsnor, puis bidouilla le réseau intérieur du spatiojet tandis que Todd hallucinait complètement devant la Tornade de l’Espace.
- "En effet professeur, nous nous sommes fait pièger, notre serveur est craqué par un Virus Mobile non identifié."
- " J€™en étais s%ucirc ;r ! Appelez le Bureau, on annule tout"
- "J’aimerais bien, professeur mais ma machine est completement plantée."

Todd Belsnor ne savait dégager son regard de cette superbe poitrine européenne.
 

Non loin de Ségovie, perdu dans les montagnes de la Cordillière centrale, le campement intergalactique B12 était sur le qui-vive. Un arrivage important d’électrons parasitaires est à prévoir dans les prochains jours. Léo pestait dans la tente N°2. C’est lui qui est chargé de traduire la camelote en numérique. Vingt-trois antiques Macintosh emplilés les uns sur les autres emplissait la quasi totalité de la tente. Léo avait des problèmes avec son réseau intérieur qui, vieux d’un demi-siècle, laissait à désirer. Dehors, on entendait ses cama’s s’affairer dans la construction de l’antenne Parabolique, interface suprême entre l€™électron et les ordis. Des cris de joie se faisait entendre dans la brume matinale. Ca faisait un bail qu’ils ne s’étaient plus neuroconnecté avec la Matière.
Ricket, alias Escobar, entra dans la tente en se frottant les mains et le bout du nez. L’hiver etait eprouvant dans la cordilliere. Il enleva son bonnet en faisant gaffe de ne pas marcher sur le broll électronique jonchant le sol, et tendit un joint à Léo qui laissa tomber un moment.
- "tout baye, Léo ?
Tout baye menti Léo, tout le monde avait confiance en lui, il ne pouvait deçevoir personne...
De leur côte, Steeve et K.wet tendaient les câbles indispensable à l€™antenne Parabolique. Ca caillait sec, mais ils étaient saouls comme des baleines.
Dans la tente voisine, Lucie faisait du feu en fredonnant le chant des partisans, vieille rangaine du siècle dernier...
 
& des fois
intergalactique devient un adjectif - un enzyme adjectif décrassant la croute terrestre - formant des cratères sur la planète terre.

 il n’empêche :
L’intergalactic, c’est pas au dessus de nos têtes - dans l’infini-machin - l’intergalactic : C’EST l’infini-machin dans lequel on evolue. ON EST EN PLEIN DEDANT
 
il est difficile de conçevoir "l’électron parasitaire". Maints scientifiques à la solde du Nouvel Ordre Mondial (N.O.M.) ont tenté d’isoler la molécule de base. 
Mais y’a pas de base. Certaines personnes vont jusqu’à affirmer que les interressés sont sujets à un effet placebo.
 

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