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La Mayday Parade désormais parle français

mercredi 19 avril 2006

paru dans Il Manifesto, 15 avril 2006, article de Giorgio Salvetti, traduit par un piment.

Un, deux, trois*, vingt ! Le mois de mars français appartient à tous et ne finira pas, au minimum il continuera jusqu’au premier mai. Précaires de toute l’Europe il serait temps de se bouger les fesses ! La Mayday parade 2006 arrive. La parade anarcho-syndicaliste très pink née à Milan il y a six ans se fêtera dans plus de vingt villes, de Helsinki à Séville. Et elle ne peut que parler français. Milan restera la fête avec la plus grande participation, mais cette année Paris aussi sera de la partie. Hier tous les rendez-vous ont étés présentés à Bruxelles, avec des actions à travers la capitale de l’Europe. Les précaires ont occupé l’Ert, le lobby du patronat européen, ont distribué des œufs de Pâques et un mini cortège a défilé devant le bureau des brevets, le siège de la Commission européenne, pour finir à l’église de Saint-Gilles depuis peu évacuée des sans-papiers.

Le mouvement anti-Cpe ne pouvait qu’y laisser sa trace. Les premiers à parler sont étudiants et précaires français : « Nous avons été surpris de rencontrer à nos côtés dans les manifestations, durant les actions et dans nos universités occupées, italiens, allemands, anglais, espagnols, belges, portugais. Vous avez suivi avec espoir notre mouvement, vous y avez donné votre soutien et surtout vous y avez fait comprendre que cette lutte devait être menée non seulement au niveau national mais aussi au niveau européen ». Voilà pourquoi la vague française a décidé de se répandre dans la Mayday internationale. Ces jours derniers, le lien entre les français et les autres précaires européens a été actualisé dans les cortèges après les discours de Chirac et dans les assemblées dans les universités. De Paris à Limoges et jusqu’à Marseille l’opportunité de porter en avant la lutte contre la précarité en dehors des syndicats officiels est reconnue. La Mayday parisienne partira de Pigalle à 17 heures, des dizaines de milliers de manifestants de toute l’Europe y sont attendus, venant aussi d’Italie, en particulier de Rome.

Deux autres moments clef du premier mai précaire seront la parade de Séville, avec une attention particulière au thème de la précarité en liaison directe avec les enclaves espagnoles en Afrique de Ceuta et Melilla, et celle d’Helsinki où dans les éditions précédentes la participation à la parade dépassait largement celle des traditionnelles célébrations syndicales. Gardant un œil vers Paris, la capitale de la Mayday reste Milan où tout a commencé et où la Mayday est désormais une sorte d’ « institution » atypique. Parmi beaucoup de surprises prévues, il y aura une loterie précaire, des chars de tous types défileront y compris celui des précaires du palazzo Marino, les vélos des critical mass et les travailleurs musicaux de la Scala seront également de la fête. Le slogan officiel est le même dans toute l’Europe : « Droits syndicaux, maternité payée et revenu garanti pour toutes et tous », qui en d’autres termes signifie : « faisons tous comme la France ! Parce que - expliquent les précaires - ils ont dut le retirer, à la fin, le Cpe, et avec la queue entre les jambes ».

Pour qui fait la moue parce qu’il ne sait pas ce que veut bien dire flexsecurity et pour ne pas se sentir trop embarrassé ou tenté par l’idée que ces précaires sont fantaisistes mais « peu sérieux », il faut se rappeler que la mayday est devenue en quelques années la plus grande manifestation du premier mai et a contribué à faire entrer dans les discussions politiques le thème méconnu du travail précaire, tenant tête à ces grosses légumes qui continuent à théoriser que la précarité est dure, mais nécessaire et inéluctable. Le langage est cyberpink, mais les demandes sont néanmoins cette année très claires et concrètes : « Nous demandons que soit débloquée la directive européenne sur le travail temporaire et la flexibilité qui est signée depuis deux ans et que Blair et Barroso voudraient envoyer à la poubelle, la fermeture des centres de détention pour étrangers et le free download et upload, c’est à dire la possibilité de charger, décharger et échanger librement et gratuitement savoirs, textes, musiques, dossiers et programmes sur internet ». Si vous vous sentez encore sceptiques, pensez que la Mayday milanaise sera la première grande manifestation post-électorale. Et l’objectif est évident. « Il est bon que Epifani aie tout de suite demandé d’abolir la legge 30 - dit Alex Foti, inventeur de la Mayday et candidat vert au conseil communal de Milan - parce que la legge 30 est notre Cpe.

*en français dans le texte.

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