intersiderale - διαστρική

[Novembre 2006]

Contre-Faits

de Pierre Morel, pour le collectif Contre-faits

dimanche 3 juin 2007, par stalinopAnk

"Pourquoi Contre-Faits ?
Quel est notre ligne de conduite ?
Qui sommes nous ?

Constatant notre société profondément injuste et inégalitaire. Notre monde de plus en plus pollué et détruit par les ravages d’un capitalisme avec ou sans visage humain. Notre vie sacrifiée au culte de la consommation.
Constatant l’importance de l’image dans notre société, son rôle, sa symbolique.
Constatant la responsabilité des médias traditionnels dans le déficit de conscience critique, politique et culturel des citoyenNEs.
Constatant l’absence d’un traitement des mouvements sociaux, politiques et culturels sacrifiés à la place des faits divers, de la mode, du sport ou du people.
Constatant que si information sur les problèmes du monde il y a, celle ci se fait soit de manière trop neutre, et se destine à être politiquement trop correct empêchant toute réflexion et action.
Constatant la pauvreté de la photo dans les médias traditionnels, sa réduction au simple statut d’illustration.
Constatant la difficulté que rencontre de plus en plus de photoreporters dans l’expression d’un regard engagé d’auteur.
Constatant que les photoreporters sont justement soumis à des impératifs de rentabilité et de dilution du message qu’ils veulent porter.

Nous, jeunes et moins jeunes, français et d’ailleurs, nous engageons dans la création et la participation au collectif de photographe Contre-faits

Notre idée est de se réunir sous forme d’un collectif de photographe avec comme pierre angulaire un site web pour la diffusion de nos images. Il s’agit de réunir des jeunes photographes issues de régions diverses et pour qui la photographie est avant tout un moyen d’expression et d’action politique : notre photo doit avoir un sens, un message, un combat.
En cela nous nous reconnaissons dans la tradition du photoreportage d’auteur, de la photo sociale et politique et de la photo de guerre. Pour autant, il s’agit aussi de prendre un autre chemin que l’industrie médiatique qui impose une vision de l’actualité, une actualité.

A nous, jeunes photographes de montrer notre actualité, notre point de vue et celle des mouvements sociaux que les sociétés traversent. Gardons comme ligne de fond un combat militant, un soucis de qualité photographique et de reportage d’auteur. Nous ne voulons pas être de simple illustrateur. La démarche de notre collectif s’inscrit donc dans celle de la production et de l’appropriation de notre information comme le réseau Indymedia le fait. Nous nous plaçons dans cette éthique là, pensant que le changement vient aussi d’une autre information et que l’outil internet présente un excellent moyen de le faire.

Se pose également la question de la diffusion. Nous voulons un monde libre et notre collectif vise à toucher un maximum de personnes. L’informatique permet de démultiplier les photos numériques gratuitement à l’infinie, nous profitons de cette technologie pour diffusez nos images, sous licence creative commons.

Enfin à une échelle plus photographique et personnel, ce collectif doit être aussi pour nous, passionné de photographie et d’engagement, d’engager une réflexion sur notre médium, de parler photos, de délivrer un message sur le rôle de la photographie, de se critiquer les uns les autres, de donner des conseils, de présenter des expos collectives. Il faut que ce collectif nous serve nous même avant toute chose. Il y a donc une démarche d’engagement personnel à mettre en place, on est là pour apprendre ensemble. Des questionnements se posent sur le droit à l’image, sur quoi montrer ou ne pas montrer, nous devons tenter d’y répondre collectivement.

Nous fonctionnerons au départ de manière totalement informelle et n’auront ni chef, ni dirigeant. Chaque auteur du collectif aura la même voix qu’un autre et tout le monde a un droit de parole, d’expression et de décision. Nous ferons tout pour les prendre par consensus. Se sont les membres du collectif qui décideront ou non d’intégrer un nouveau photographe au collectif. Nous n’excluons pas la participation avec d’autres auteurs comme des écrivains ou des cinéastes.

Pour le collectif Contre-faits, Pierre Morel, Novembre 2006."

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