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Appel des migrants, grévistes de la faim (Grèce)

mardi 25 janvier 2011, par Διαστρική/ός/οί

Appel des immigrants, grévistes de la faim*

*Grèce, Janvier 2011 *

Nous n’avons pas le choix pour faire entendre notre voix : le 25 janvier, trois cent d’entre nous commencent une grève de la faim nationale à Athènes et à Thessalonique.

Nous sommes des immigrés et des immigrées venu(e)s de toute la Grèce. Persécut(é)s par la pauvreté, le chômage, les guerres et les dictatures, nous sommes arrivé(e)s ici. Dans nos pays, les multinationales occidentales et leurs serviteurs politiques ne nous ont pas laissé d’autre choix : risquer notre vie 10 fois pour atteindre la porte de l’Europe. L’Occident qui pille nos pays et dont le niveau de vie est nettement meilleur -si l’on le compare au notre- est notre seul espoir pour vivre en tant qu’êtres humains. Nous sommes arrivés (par voie légale ou non) en Grèce et nous travaillons pour notre survie et celle de nos enfants. Nous vivons la galère et dans l’ombre de l’illégalité au profit des patrons et des services de l’Etat qui exploitent sauvagement notre travail. Nous vivons de notre sueur avec le rêve qu’un jour nous obtiendrons des droits égaux à ceux de nos collègues grecs.

Ces derniers temps, les choses deviennent de plus en plus difficiles pour nous. Au fur et à mesure que les salaires et les retraites se voient rongés et que tous les prix augmentent, plus l’immigré figure comme le fautif, le coupable de la détérioration et de l’exploitation sauvage des travailleurs et des petits commerçants grecs. La propagande des partis et des organisations fascistes et racistes est devenue la langue officielle de l’Etat concernant l’immigration. Leur phraséologie est reproduite par les médias quand ces derniers font référence à nous. Leurs « propositions » sont annoncées en tant que politiques gouvernementales : mur à Evros, camps flottants et armée européenne en mer égéenne, rafles et répression brutale dans les villes, déportations massives. Ils font tout pour persuader les travailleurs grecs que, tout d’ un coup, nous sommes une menace pour eux et que nous sommes responsables de l’attaque inédite lancée par leurs gouvernements.

La réponse à leur mensonge et à leur barbarie doit être immédiate. C’est à nous, aux immigrés et aux immigrées de la donner. Nous mettons en avant notre vie pour mettre fin à l’injustice commise à notre égard. Nous demandons la légalisation de tous les immigrés et de toutes les immigrées.
Nous demandons des droits politiques et sociaux et des devoirs égaux à ceux des travailleurs et travailleuses grecs.
Nous demandons à nos collègues travailleurs grecs, à chaque être humain souffrant de l’exploitation de sa sueur de rester solidaire. Nous demandons de soutenir notre lutte, de ne pas permettre dans leur pays la domination du mensonge, du fascisme et du despotisme des élites économiques et politiques. C’est-à-dire de ne pas permettre ce qui a prédominé dans nos propres patries et nous a forcé à nous expatrier pour revendiquer une vie digne pour nous et pour nos enfants.

Nous ne disposons pas d’autre moyen pour faire entendre notre voix et pour faire entendre la voix de notre raison.
Le 25 janvier, trois cents d’entre nous commencent la grève de la faim à l’échelle nationale, à Athènes et à Thessalonique. Nous mettons en danger notre vie, de toute façon il ne s’agit pas d’une vie digne. Nous préférons mourir ici, plutôt que nos enfants vivent ce que nous avons subit.

*Janvier, 2011*
*L’assemblée des immigrés, grévistes de la faim

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