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les 12 & 13 octobre 2002 √ Li√®ge (Belgique)

Séminaire / Laboratoire Pratiques Politiques Emergentes (I¡)

Pratiques Politiques Emergentes : devenirs, coop√©rations, limites ? [suite]

mardi 1er octobre 2002, par R a F

A la Maison des Jeunes du Nord " LA BIBI ", 26 rue Lamarck √ 4000 Li√®ge, de 10 √ 18h.

Le cadre

Ces deux journ√©es (entre kamarades, " en petit comit√© ") suivront une table ronde qui se d√©roulera le vendredi 11 et qui portera plus particuli√®rement sur le(s) devenir(s) de nos pratiques politiques " alternatives " au niveau international. Seront pr√©sents √ cette table ronde publique : des amis de Longo Ma√Į (coop√©rative agricole et culturelle "exp√©rimentale" qui s’est √©tablie depuis plus de 25ans dans le sud de la France), John Jordan (ex-Reclaim the Street, Royaume Uni), Matteo Jade (porte-parole g√™nois des "Disobbedienti", mouvement des d√©sob√©issants, ex-Tute Bianche italiens), et un repr√©sentant hollandais de l’"Action Mondiale des Peuples".
Les rencontres des 12 et 13 porteront d’avantage sur le(s) devenir(s) de nos pratiques politiques au niveau local -m√™me si nos amis √©trangers pourront nous apporter leurs √©clairages sur telle ou telle question. En gros, c’est √ßa l’objectif de cette rencontre, se poser ensemble des questions, et si c’est possible, y apporter des (d√©buts de) r√©ponses.
Ces questions sont "
qu’est-ce qu’on peut faire ?", ensemble et/ou localement, et aussi "comment fait-on ?", et surtout "dans quel(s) but(s), √ courte ou longue √©ch√©ance...."
Bref on ne manquera pas de sujets de conversations...

En guise d’introduction

Se passer des recettes, les transgresser...
Dans notre imaginaire politique le 1er janvier 1994 reste un moment fort. L’EZLN sortait de la for√™t. Et l’insurrection Zapatiste allait, selon nous, devenir un des principaux moteurs de la reconstruction des luttes anti-capitalistes qui se red√©ploieraient ensuite de multiples fa√ßons partout dans le monde.
Incontestablement, cette derni√®re d√©cennie aura √©t√© celle de l’√©mergence de pratiques politiques d’un antagonisme radical √ ce qu’on est aujourd’hui de plus en plus nombreux √ appeler l’Empire.
La logique Zapatiste est neuve en ceci qu’elle ne repose plus sur la conqu√™te du Pouvoir - √ quelque niveau que ce soit. Elle consiste simplement √ lib√©rer des territoires par et pour ceux qui y vivent. Pour qu’y circulent une multitude de possibilit√©s de vie, d’invention, de cr√©ation. L’insurrection Zapatiste ne vise pas √ la prise de structures institutionnelles ou publiques. Elle a pour but de se prot√©ger de volont√©s h√©g√©moniques ext√©rieures et de dispositifs d’assujettissements qui menacent le droit d’usage des indig√®nes sur des terres et sur les √©quipements dont ils sont les co-constructeurs. Leur lutte rel√®ve donc d’ une conception de la d√©mocratie bien plus attach√©e √ la reconnaissance des minorit√©s - revendiquant des droits pour celles-ci - qu’√ l’imposition d’un mod√®le par et pour la majorit√©.
Une multitude de mouvements se sont, selon nous, engouffr√©s dans cette nouvelle perspective politique, non pas comme simples reproducteurs, mais en la re-cr√©ant pour l’adapter √ des situations singuli√®res. Partout de Seattle √ G√™nes - et jusqu’√ Porto Allegre ( ?) - on a d√©sob√©i aux m√©canismes d’asservissement imp√©riaux pour r√©affirmer des principes fondamentaux. Ceux du droit pour chaque √™tre humain de disposer d’un logement, de circuler librement, de faire usage d’√©quipements publics (tels que les transports en commun), de manger et voire m√™me de manger correctement. Partout on a d√©sob√©i aux dispositifs de pouvoir imp√©riaux pour inventer des droits, des fa√ßons de travailler et des formes de vie minoritaires et/ou invisibles.
L’extension et la mutation des droits s’est impos√©e comme la v√©ritable politique des multitudes.
Cette √©mergence de nouveaux mouvements a aussi (modestement) contribu√© √ bouleverser les pratiques politiques li√©geoises. Plusieurs exp√©riences s’inscrivant dans cette perspective politique ont √©t√© men√©es - avec plus ou moins de succ√®s. Les derni√®res initiatives ont r√©v√©l√© des difficult√©s de fonctionnement et d’organisation. Elles impliquaient diff√©rents groupes d’affinit√©s et des singularit√©s diff√©rentes.
Si certaines de ces exp√©riences furent v√©cues comme des r√©ussites (la street party du 1er mai), il nous est tr√®s vite apparu que nous ma√ģtrisions tr√®s mal les m√©canismes qui font de telle action un succ√®s et de telle autre un demi-√©chec. que nous avions un d√©ficit de m√©thodes quant √ la construction d’une force antagonique puissante - et donc rassemblant des subjectivit√©s multiples.
Les questions que nous nous posons nous en ce moment, les difficult√©s auxquelles nous sommes confront√©s, nous sommes convaincus que d’autres ailleurs y sont -ou y ont √©t√©- confront√©s : " Comment pour un collectif monter en puissance ? ", "Comment lib√©rer des espaces autonomes ? ", " Comment assurer l’autonomie, voire l’auto-subsistance -d√©j√ juste financi√®re, mais aussi alimentaire...- de ces espaces ? ", " Jusqu’o√Ļ on collabore ou non avec des mouvements plus institutionnels ? ", " Comment on fait au mieux circuler l’info, comment on se forme et comment on transmet nos savoirs ? ", " Comment on int√®gre de nouvelles composantes dans nos territoires, c-√ -d. comment on s’ouvre suffisament sans se diluer (question de la d√©mocratie directe ou pas, question de l’hospitalit√© et de la convivialit√©, modalit√©s d’int√©gration au groupe...) ? ", " Comment on partage les t√Ęches sans tomber dans la sp√©cialisation (intellos-manuels...)  ?", " Et formellement, quelle esth√©tique pour nos luttes, et comment on la travaille (questions autour du discours, du langage, de l’accessibilit√©) ? ", " Comment est-ce qu’on s’ancre suffisament dans un espace, une r√©alit√©, sans tomber dans le pi√®ge identitaire et sans renoncer au nomadisme qui fait aussi notre richesse ? ", " Quand on n’attend plus le Grand Soir, comment tirer de nos luttes des b√©n√©fices pour nos vies quotidiennes, c-√ -d. comment ne pas avoir l’impression qu’on se sacrifie en vain ? ", " Et, surtout, comment est-ce qu’on ne s’essoufle pas ? " et " Qu’est-ce qu’on fait, une fois qu’on a fini de se poser toutes ces questions ? "...

Bref, nous nous retrouvons un peu dans la m√™me position que d’autres dissidents avant nous, nous demandant Que faire ? - avec la ferme intention de reprendre la question sans garder la m√©thode. Aujourd’hui, il nous semble n√©cessaire de s’arr√™ter un instant, pas tant pour faire le point que pour redessiner de nouvelles lignes de fuite - v√©ritables vecteurs de nos luttes √ venir. C’est dans cette perspective que nous invitons des militants d’horizons divers et dont les pratiques ont su d√©passer ces difficult√©s, gagnant en puissance et s’inscrivant dans la dur√©e. Conscients que les m√©thodes de luttes ne sont pas transposables d’une situation √ une autre, nous sommes n√©anmoins d√©sireux d’acqu√©rir des savoirs que nous pourrions ensuite r√©-actualiser chacun dans nos territoires et selon nos sp√©cificit√©s.

Créer des réseaux ...
Si nous pensons que nos luttes doivent d’abord viser √ tisser des r√©seaux locaux forts, nous sommes √©galement convaincus qu’aucune tentative de contre-pouvoir efficiente ne peut se construire, aujourd’hui, sans prendre en compte la dimension globale des dispositifs de pouvoir imp√©riaux et donc sans se penser, elle aussi, globalement. D√®s lors, se dessine une autre probl√©matique essentielle : comment articuler des coop√©rations entre diff√©rentes exp√©riences et diff√©rents mouvement au niveau mondial - et plus modestement dans le cadre de ce s√©minaire au niveau local et europ√©en ?

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