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no border Ă cologne /interview de nicole

lundi 11 août 2003, par savate

le camp "out of control" organisĂ© Ă cologne par le rĂ©seau no border s’est terminĂ© par un descente de polizei impressionante. arrestations massives et coup de matraque. ce matin bouzouki a rencontrĂ© nicole sur la batte. ils ont bu un cafĂ© Ă la casa et elle lui a racontĂ© sa soirĂ©e Ă polizeipark

Hey nicole. Tu reviens de Cologne, il paraĂ®t que c’Ă©tait chaud et que tu as encore Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e ?

oui , effectivement j’ai Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e hier soir vers 21h, au mĂŞme titre que les environ 500 activistes noborders qui avait dĂ©cidĂ© de ne pas quitter la rive du Rhin sur laquelle ils avaient campĂ© une dizaine de jours. J’ai Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e vers 3h30 : ils voulaient nous filmer prendre nos identitĂ©s et nous mettre en garde Ă vue mais ils m’ont attrapĂ© beaucoup trop tard. Après m’avoir fichĂ©, ils m’ont parquĂ© sous une tente et ordonner d’attendre un bus qui n’est jamais arrivĂ©. Finalement, ils se sont rendus compte qu’ils n’avaient plus de bus pour nous conduire en prison, oĂą de toutes façons il n’y avait plus de place. Et vu qu’ils avaient fichĂ© tout le monde, ils se sont tirĂ©s en laissant sur place une bonne cinquantaine de mutants et Ă la place du bus et de la prison, ces sont les casiers de bière qui sont arrivĂ©s. Coup de bol, on faisait partie de la bande mes potes et moi, et pas mal de francophones aussi. Un copain Ă fait le trajet jusqu’Ă la prison mais ils ont du le ramener au camp parce comme je l’ai dĂ©jĂ dit c’Ă©tait « complet  »

Et qu’est ce que vous avez fait pour mĂ©riter çà ?

Ben d’un point de vue gĂ©nĂ©ral, dĂ©jĂ quand t’es un rĂ©seau comme noborder que tu fais ce que tu fais faut quand mĂŞme s’attendre un peu Ă ce que le système essaie de te contrĂ´ler. Mais bon, dans le cas du « grenzkamft  » Ă cologne il y a eu quelques incidents, mais rien de vraiment grave. Cela c’Ă©tait soldĂ© par des arrestations ciblĂ©es et non ciblĂ©es lors des actions illĂ©gales ( genre le coup de l’hĂ´tel ibis), aussi la veille, ils prĂ©tendaient qu’on leur avaient piquĂ© un camĂ©ra dv et ils avaient mis la pression en nous faisant croire qu’ils allaient attaquer le camp. Mais samedi le truc c’est que la dernière action devait ĂŞtre une contre manif antifa parce que un groupe qui s’appelle "prokoln" et qui veut nettoyer la ville, notamment des roms, avait reçu l’autorisation de dĂ©filer. Et donc on s’Ă©tait donnĂ© un rv la veille quelque part dans le quartier pour se faire les nazis : on devait y aller par petits groupes. Mais en sortant du camps on s’est rendu compte que c’Ă©tait pas possible de bouger , il y avait des keufs partout, ils nous filmaient a fond et comme ils ne nous laissaient pas passer( un comble pour des gens qui militent pour la libertĂ© de circuler) on a commencĂ© Ă les lĂ©gumer un peu. C’est super l’Ă©change de pratiques, j’avais entendu parler du truc mais pas encore vu : on t’amène des caisses de lĂ©gumes pourris et tu les lances sur les flics, c’est rigolo et c’est pas dangereux, enfin il faut pas se faire attraper, sinon ouille ... Bon puis ils nous ont encerclĂ© et lĂ on a flashĂ© j’avais jamais vu çà, et pourtant je commence Ă avoir l’habitude, ils Ă©taient plus que nous et lĂ ils voulaient contrĂ´ler tout le monde et vider le camp. On avait le choix, soit partir de grĂ© soit de force. Tu me connais, tu me vois partir ...

Comment s’est dĂ©roulĂ© ton arrestation ?

On occupait une une zone comme trois ou quatre terrains de foot au bord du Rhin ils nous ont encerlĂ©s en fin d’après-midi et ils sont entrĂ©s dans le camp en dĂ©but de soirĂ©e en ratissant et vĂ©rifiant qu’ils n’y avait personne de planquĂ© dans les tentes oĂą dans les camions. Nous on s’est tous rassemblĂ©s au centre du camp, près de la cuisine populaire et on a fait corps ( des chaines en cercles), ils nous ont annocĂ© au mĂ©gaphone qu’on Ă©tait tous « under arrest  » et ils nous ont entourĂ©s, lĂ on a commencĂ© Ă flipper un peu parce que eux aussi faisaient corps autour de nous, ou plutĂ´t mur, un mur de boucliers et de casques. On criait et on chantait des super chansons dans toutes les langues, ça sentait la fin...ils ont attendus la tombĂ©e de la nuit, ont amenĂ© les auto-pompes des projeteurs pour Ă©clairer la surface de jeu. Et puis ça a commencĂ©, ils nous ont bourrĂ© dedans en matraquant sĂ©rieux tout ce qui rĂ©sistait un minimum ou qui avait la pas de chance de se trouver sur leur chemin et ils ont sĂ©parĂ© le corps en deux et ils commencĂ© a emmener les gens un par un. Vu les coups de matraques, on a pas tellement eu envie de rĂ©sister. MalgrĂ© tout, l’ambiance s’est dĂ©tendue doucement, on a mĂŞme pu manger les poivrons et les kiwis qui restaient dans les rĂ©serves et on a fumĂ© nos derniers joints. Comme cela durait longtemps tout ce cinĂ©ma de contrĂ´le, les filles ont fini par improviser une espèce de tente-toilette. Puis ils sont venus me chercher ..on a tout filmĂ©, les autres sont en train de monter le truc

Qu’est-ce que tu pense de tout çà ?

Je ne sais pas trop pour le moment je pense au ralenti Ă cause du soleil et puis on a fait la fĂŞte après en attendant qu’on libère tout le monde et ce matin c’Ă©tait tranquille, maintenant il faudrait que je sache si des gens ont Ă©tĂ© inculpĂ©s et pourquoi mais d’abord je vais aller dormir..

P.-S.

merci Ă bouzouki souvlakia qui travaille mĂŞme le dimanche

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