intersiderale - διαστρική

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La lutte des schlass

pourquoi les progressistes (mutants, droïdes & autres blob’s) seraient-ils antiprohibitionnistes ?

vendredi 1er novembre 1996, par intersiderale

La prohibition des drogues, outre les aspects éthiques et sanitaires qu’elle implique, repose sur des fondements impérialistes tout aussi évidents, mais pourtant loin  ce jour d’être perçus en tant que tels.

La prohibition participe d’une logique impérialiste qui sanctionne des produits essentiellement fabriqués dans le tiers-monde, tout en abreuvant les populations locales d’alcool [1]. La prohibition fonctionne  bien des niveaux comme le capitalisme, dans une logique erronée d’offre démesurée et de demande forcée, de marchandises surproduites et surconsommées.

Le même phénomène se reproduit d’ailleurs avec nos drogues culturellement acceptées. L’alcool, les benzodiazépines et autres tranquillisants dont la dépendance est reconnue, sont assimilés par une certaine couche de la société (qui directement ou indirectement en tire profit), alors qu’ils en déstabilisent une autre.

En d’autres termes, les substances prohibées (ou non) sont globalement intégrées dans une culture capitaliste de "classe contre classe". En effet, si les drogues sont synonymes de plaisir, de délectation, voire d’épanouissement poue des personnes bénéficiant d’une cohésion familiale, d’un accès  la culture et de perspectives d’avenir, ces mêmes drogues constituent un risque réel pour les couches sociales moins favorisées.

Les progressistes, au-del de toute bioéthique, doivent prendre position pour la légalisation afin que ces produits sortent de la logique maffieuse TOUT EN N’ENTRANT PAS DANS LA LOGIQUE "DE MARCHE" QUI NE DIFFERE QUE TRES PARTIELLEMENT DE LA PREMIERE.

Le cannabis, que beaucoup maintenant distinguent comme une "drogue douce" [2], est entré dans une première phase de déprohibition. Beaucoup s’accordent sur le fait qu’il faut en dépénaliser la détention et l’usage, mais concernant la production et la distribution, c’est le total flou.

la répression cannabique est devenue quasi inexistante [3]

Ce phénomène de fausse détente ddans certaines villes du pays s’explique probablement par l’augmentation simultanée de la pauvreté et la consommation de drogues "dures" dans certains quatiers.

mais il ne peut s’agir que d’un manque d’effectifs, d’une surpopulation carcérale ou ->

Une vaste machine de répression policière mobilisant un effectif éloquent a été mise en place [4] il y a quelques années dans l’espoir de "nettoyer" les quartiers de la drogue. Le flic harcèlera plus le junkie - ou le supposé tel - que le fumeur de cannabis. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des fumeurs de joints cyniques, méprisants envers les "toxs".

Devant ce genre de dérive "d’appréciation", il nous semble important de ne plus diviser les consommateurs de psychotropes. En effet, tolérer l’usage du cannabis  l’exclusion des autres drogues trendrait  amplifier la ghettoïsation des autres toxicomanes.

Nouvelle race de parasite urbain, le "tox" désigne essentiellement le 1/4-monde.

-> d’une production cannabique devenue sous nos tropiques plus intéressante que les tulipes

L’impuissance manifestée par les pouvoirs publics face  des drogues plus compulsives telles que l’héroïune engendre une violence toute particulière. A ce sujet, les dérives des Contrats de sécurité [5] révélées l’année dernière sont très éloquents : "C’est  peine si les ministres de la Santé publique et de l’Aide sociale, tant fédéraux que régionaux, ont été mis au courant de la manière dont M. Toback entendait collaborer médecins, thérapeutes, psychiatres et assistants sociaux  "lutte contre le crime et la toxicomanie". (...) La politque du minstre de l’intérieur installe des confusions entre les secteurs répressifs et préventifs" [6]

Si le cannabis semble ces dernières années avancer sur le chemin de la dépénalisation, la guerre  la drogue dure, par contre prend des allures de croisade.

Notes

[1] Certains proposent que la distinction entre drogues dangereuses (cannabis, héroïne...) donc illicites et drogues tolérables licites relève de leur origine culturelle. Les premières sont d’origine exogène, non occidentale. Leur prohibition viserait le maintien de la cohésion du groupe culturel.
En renversant ce raisonnement, nous pourrions remarquer que l’impérailisme occidental a déj introduit sa drogue principale, l’alcool, afin de conquérir d’autres cultures avec succès, des amérindiens aux aborigènes.

[2] même si l’on peut penser qu’il n’existe pas de drogue "dure" ou "douce". Ce jugement de valeur est loin de faire l’unanimité, mais nous reviendrons sur le sujet un peu plus tard.

[3] du moins  Liège, Louvain, Bruges et Namur où les prisons comptent, au total des consommateurs de drogues, de 5  10% de fumeurs de cannabis. A Gand et Huy, les proportions sont inversées. De 80  95% des drogués écroués sont l pour simple fait de consommation de joints (statistiques - 1993).

[4] Suite aux "contrats de sécurité", mis sur pied par Toback (et relayé par Van Delanote) pour les communes, et auquels la ville de Liège ns’esr empressée d’adhérer, on a vu s’organiser ponctuellement des interventions policières (et gendarmesques !) consistant  "boucler" le quartier concerné et  y opérer des contrôles d’identité "musclés" sur toute personne se trouvant dans le périmètre (et parfois au-del !).

[5] Soulignons au passage la responsabilité engagée des intervenants en la matière : "L’objectif des thérapeutes est d’introduire une plus grande complexité dans la vie des personnes au sens de briser des séquences répétitives de comportements et de susciter de nouvelles alternatives. Ils ne désirent pas qu’un patient suive simplement des directives. En ce sens, ils encouragent l’imprévisible et leur tâche est de favoriser le changement et un nouveau comportement souvent imprévu (...).
Les agents du contrôle social poursuivent bien l’objectif inverse. Ils tentent  normaliser les personnes dans la communauté et  réduire l’imprévu. Ils veulent que les perturbateurs retrouvent un comportement prévisble et habituel afin que personne ne soit dérangé."

[6] Déclaration des porte-paroles des plates-formes de concertation pour la santé mentale de la Communauté française, in La Libre Belgique et Le Soir du 25 novembre 1995.

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