intersiderale - διαστρική

Le pr√©cariat rebelle li√©geois, un peu d’histoire

LES CYBERMANDAI/E/S 2002-2005

samedi 19 février 2005, par savate

" Nos capacit√©s communicationnelles, affectives et cr√©atives sont exploit√©es au maximum". On est pas dupe. Le contr√īle social r√©gimente nos vies.

Les polices de l’Etat Social Actif traque et punit nos d√©sertions du salariat et des autres formes d’exploitation.

Désobéir, ça on aime beaucoup.

Nous sommes des travailleurs hybrides, nomades et singuliers. Bien que cr√©ateurs d’un grand flux de richesses sociales, nous sommes rejet√©s dans un no man’s land du droit. Les gardiens de l’Empire ne nous tol√®rent que b√©n√©voles.

Nous, banlieusards du travail salari√©, n’avons jamais vu et ne verrons jamais le d√©sormais mythique contrat √ dur√©e ind√©termin√©e.

Qu’importe nos fa√ßons de vivre et de produire sont multiples, nous r√™vons d’autres choses.

Et notre lutte passe par la reconnaissance de nos modes de vie, nos manières de désirer et de produire.

les cybermanda√Į/e/s est un collectif n√© 2002 de la rencontre de l’intersid√©rale, petite tribu zapatiste d’intellectuels pr√©caires principalement li√©geois et d’autres tribus de squatteurs, √©tudiants, artistes et militants de toutes sortes. Il s’autod√©finit comme un collectif de barbares sympas et polymorphes, intermittents de la soci√©t√© du spectacle, adeptes de politique festive rose et argent , fans des barbapapas - qui comme eux se transforment √ volont√© - font la f√™te √ la f√™te du travail en subversion color√©e. Pour les mutants, les blobs, les pr√©caires, les cosmonautes et les hors genres.

Li√®ge 2002, le collectif s’accorde pour dire la meilleure fa√ßon de c√©l√©brer la f√™te du travail est d’organiser une streetparty.. Le 1er Mai, les cybermanda√Į/e/es prennent les rues et se r√©-approprient leur ville de mani√®re plut√īt festive. La street-party aura √©t√© le fruit d’une double r√©flexion, d’abord le 1er mai, f√™te du travail, devait √™tre la f√™te de tous les travailleurs y compris ceux qui ne sont pas reconnus en tant que tels, et donc le monopole des syndicats qui ne repr√©sentent et ne d√©fendent qu’une partie des travailleurs devait √™tre critiqu√©, ensuite cette critique pouvait devenir la base d’une nouvelle conception du travail dans laquelle les travailleurs pr√©caires pouvaient se d√©finir comme producteurs d’une richesse non-reconnue.

En avril 2003, un commando cybermandai/e/s attaque une agence int√©rim recouvrant les vitrines de slogans genre "si tu ne trouve plus rien, cherche autre chose" pendant une manifestation ouvri√®re, c’est le tour de chauffe. Le 1er mai, la steetparty est prolong√©e par l’occupation symbolique et √©ph√©m√®re d’une √©cole inutilis√©e appartenant la ville de Li√®ge. Cette occupation est un moyen concret de c√©l√©brer et de faire vivre ce qu’ils sont, des travailleurs pr√©caires, et ce qu’ils font, produire de la richesse immat√©rielle non-stop. Le but de cette op√©ration √©tait d’ouvrir une Zone Autonome Temporaire √ m√™me d’accueillir toute cette production immat√©rielle. Dans ce monde en guerre (eh oui, pour ceux qui ne l’ont pas encore remarqu√©, la guerre est globale et permanente), cette initiative cybermanda√Į/e/s avait pour but d’ouvrir un centre social, c’est-√ -dire un lieu r√©affect√© √ un usage √©chappant aux lois de la marchandisation et du formatage du monde, ce qu’ ils appelent l’Empire. Ouvrir un espace d’√©change, un espace de vie et de discussion est un acte politique.

Les cybermanda√Į/e/s quittent les lieux apr√®s cinq jours d’occupation en ayant pu partager leurs r√©flexions et leurs questions avec des centaines de personnes. Le savoir, les connaissances, la communication, l’information sont consid√©r√©s par tous comme des enjeux fondamentaux de notre pr√©sent. Celui qui n’y a pas acc√®s est un exclu social. Les cybermandai/e/s ont voulu poser la question donc de l’identification de ce que sont les savoirs, des lieux o√Ļ ils passent et se transmettent ? Qui a le pouvoir de produire et de transmettre des savoirs autres que ceux que le march√© r√©clame pour fonctionner ? O√Ļ sont les autres lieux de production et d’√©change ? Quels savoirs sont vecteurs d’√©mancipation ? Comment les savoirs, plus g√©n√©ralement, se produisent-ils, s’acqui√®rent-ils, s’√©changent-ils ? A qui et √ quoi servent-ils, et comment ? Comment se confrontent-ils aux enclosures li√©es √ la propri√©t√© intellectuelle et aux lois du copyright ? Comment la question de leur production se lie-t-elle √ celle du revenu ?

Il leur semble impossible de faire l’√©conomie de la question des conditions d’une reconqu√™te par le savoir de son statut de bien collectif, social et non-privatisable. Peut-√™tre faut-il chercher √ construire des dispositifs nouveaux et multiples de production et d’√©change, fond√©s sur la coop√©ration ... C’est sur cette base qu’une partie du collectif s’engage sur un nouveau projet "Blablaxpress" , d’une part et que la l’ann√©e suivante, le collectif " ...suivre le lapin blanc", cr√©e pour l’occasion, organise l’ouverture d’un b√Ętiment appartenant √ l’universit√© de Li√®ge et baptis√© "facult√© autonome du Kaspatou".

Blablaxpress est une association sans but lucratif. Des cybermandai/e/s se sont rassembl√©s autour d’un projet de microservice public num√©rique, un projet de m√©dias ind√©pendants et de laboratoire informatique lib√©r√©e. Au cœur du projet de blablaXpress, il y a surtout la tentative de penser les mutations en cours, de les travailler dans le sens d’une plus grande autonomie pour nous. BlablaXpress est fait de machines, de c√Ębles, de connexions √©th√©riennes, de d√©localisations, d’un local, de savoirs-faire, de cerveaux qui coop√®rent. L’objectif de blablaXpress est de promouvoir la "copyleft attitude" , d’offrir un acc√®s libre √ un espace, des outils et des m√©thodes qui permettent √ ses usagers de s’exprimer √ travers les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et de g√©rer collectivement ces outils. En ce sens Blablaxpress veut √™tre un l’outil de la communication des cybermanda√Į/e/s

Aujourd’hui, il y a certainement une possibilit√© concr√®te de d√©passer le simple droit √ l’information pour tous pour proposer le droit √ l’autogestion de la communication. La rencontre d’une mutation technologique avec un d√©sir de mutation sociale am√®ne √ consid√©rer les NTIC comme l’opportunit√© d’explorer un mode de production et de communication diff√©rent : celui du rapport de tous √ tous. Elles offrent la possibilit√© de quitter le si√®ge du spectateur pour gagner la posture de l’usager. Dans Blablaxpress l’enjeu r√©el est plut√īt de se r√©approprier les m√©dias en tant que moyens de production de besoins, de d√©sirs et de relations plut√īt qu’uniquement comme moyens de repr√©sentation.

Le 1er mai 2004, les cybermandai/e/s savent qu’ils ne sont pas les seuls √ travailler la question du pr√©cariat, toute une gen√©ration de jeunes europ√©ens est en train de prendre conscience d’elle-m√™me. Ils changent momentan√©ment de nom et occupent un b√Ętiment appartenant √ l’universit√© de Li√®ge. L’intention d’y √©tablir une centre social pour y d√©velopper un usage √©chappant aux lois de la marchandisation et du formatage du monde est claire et partag√©e. Les cybermanda√Į/e/s esp√®rent pouvoir travailler leurs questionnements et leurs revendications politiques. Malgr√© l’expulsion imm√©diate, des n√©gociations sont entam√©es pour trouver un lieu qui pourra accueillir un centre social autonome. Quant √ blablaxpress, l’association attend avec impatience l’ouverture du centre social pour pouvoir y installer ses bureaux et ses activit√©s.

En 2005, il est question d’organiser l’euromayday √ Li√®ge, en collaboration avec des activistes et des collectifs de toute la r√©gion et de tout le pays.

Le "precaritylifestylecrew" est sorti de l’ombre au mois de janvier et tente d’amener la question de la pr√©carit√© sur la place publique, d’une part, et de proposer d’investir l’euromayday comme moment de visibilit√© et d’action politique, d’une autre.

P.-S.

une prochaine soir√©e d’info est pr√©vue le mercredi 9 mars 2005 √ la Zone, n¬°42 quai de l’ourthe 4020 li√®ge

1 Message

  • > LES CYBERMANDAI/E/S 2001-2005 31 mars 2005 15:45, par Vas-y KiKi tu peux toujours chercher.......

    La po√©sie est effectivement un tr√®s joli d√©fouloir...Mais h√©las pour l’homme qui aime les actions en vous fr√©quentant il se met hors jeu...Et j’aime jouer donc me voil√ condamn√© aux mensonges et √ la solitude. Juste une questions de formes... N’est-ce pas ??????

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