intersiderale - διαστρική

NETCHA√ EV SERGUE√ GUENNADIEVITCH

[1847 • 1882]

jeudi 19 juillet 2007, par stlnpk

une petite intro avant de vous laisser lire ce qui suit. (si no ! allez plus bas ;)

quand on participe √ un r√©seau sans membre, essayant de pratiquer sans th√©oriser (et en oubliant collectivement la praxis marxienne) : les libert√©s individuelles, les libert√©s collectives, l’√©mulation, l’√©mulation collective, l’anti-Empire, l’anti-K, etc., on n’a pas toujours les id√©es claires, d’autant plus que notre √©ducation est souvent un formatage et que les autodidactes d√©fenseurs de la d√©mocratie sont plut√īt rares en-dehors de la "marginalit√©".

je veux dire par l√ , on n’a pas de ligne politique collective, et on est de fait en inf√©riorit√© par rapport aux rapports de force que nous imposent les pouvoirs. mais on ne s’en plaint pas, car aucun pouvoir, ni un conditionnement, ne tuera le spontan√©

au sein de "ι Διαστρική" (l’intersid√©rale-section grecque), certain/e/s avaient en horreur l’auteur qui suit et d’autres son contraire, sans r√©ciproque. [1] cependant le courant collectif pr√©f√©rait l’oublier en rapport avec le courant individualiste. re-cependant, dans notre monde civilis√© les courants alternatifs suivent des lignes et les courants continu sont cal√©s dans des piles. les ondes √©lectromagn√©tiques, d’un point de vue sanitaire, ne sont pas contr√īl√©es ; et librement elles se r√©pandent vers un tout un chacun

au sein de l’intersiderale, je ne sais pas. on en a jamais parl√©.

si vous voulez lire ailleurs le texte qui suit, il peut se retrouver entr’autre aux liens suivants :

  • http://www.republique.ch/archives/2...
  • http://www.chez.com/durru/netchaev/...

    Le catéchisme du révolutionnaire

    ATTITUDE DU R√‰VOLUTIONNAIRE ENVERS LUI-M√ŠME

    1. Le r√©volutionnaire est un homme condamn√© d’avance : il n’a ni int√©r√™ts personnels, ni affaires, ni sentiments ni attachements, ni propri√©t√©, ni m√™me de nom. Tout en lui est absorb√© par un seul int√©r√™t, une seule pens√©e, une seule passion - la R√©volution.

    2. Au fond de lui-m√™me, non seulement en paroles mais en pratique, il a rompu tout lien avec l’ordre public et avec le monde civilis√©, avec toute loi, toute convention et condition accept√©e, ainsi qu’avec toute moralit√©. En ce qui concerne ce monde civilis√©, il en est un ennemi implacable, et s’il continue √ y vivre, ce n’est qu’afin de le d√©truire plus compl√®tement.

    3. Le r√©volutionnaire m√©prise tout doctrinarisme, il a renonc√© √ la science pacifique qu’il abandonne aux g√©n√©rations futures. Il ne conna√ģt qu’une science - celle de la destruction. C’est dans ce but et dans ce but seulement qu’il √©tudie la m√©canique, la physique, peut-√™tre la m√©decine, c’est dans ce but qu’il √©tudie jour et nuit la science vivante des hommes, des caract√®res, des situations, et de toutes les modalit√©s de l’ordre social tel qu’il existe dans les diff√©rentes classes de l’humanit√©. Quant √ son but, il n’en a qu’un : la destruction la plus rapide et la plus s√ »re de cet ordre abject.

    4. Il m√©prise l’opinion publique. Il m√©prise et hait dans tous ses motifs et toutes ses manifestations la moralit√© sociale actuelle. A ses yeux il n’y a de moral que ce qui contribue au triomphe de la R√©volution ; tout ce qui l’emp√™che est immoral.

    5. Le r√©volutionnaire est un homme condamn√© d’avance. Implacable envers l’√‰tat et envers tout ce qui repr√©sente la soci√©t√©, il ne doit s’attendre √ aucune piti√© de la part de cette soci√©t√©. Entre elle et lui c’est la guerre incessante sans r√©conciliation possible, une guerre ouverte ou secr√®te, mais √ mort. Il doit chaque jour √™tre pr√™t √ mourir. Il doit s’habituer √ supporter les tortures.

    6. S√©v√®re envers lui-m√™me, il doit l’√™tre envers les autres. Tout sentiment tendre et amollissant de parent√©, d’amiti√©, d’amour, de gratitude et m√™me d’honneur doit √™tre √©touff√© en lui par l’unique et froide passion r√©volutionnaire. Il n’existe pour lui qu’une seule volupt√©, une seule consolation, r√©compense ou satisfaction - le succ√®s de la R√©volution. Jour et nuit, il ne doit avoir qu’une pens√©e, qu’un but - la destruction la plus implacable. Travaillant froidement et sans r√©pit √ ce but, il doit √™tre pr√™t √ p√©rir lui-m√™me, et √ faire p√©rir de sa main tout ce qui emp√™che cet accomplissement.

    7. Le caract√®re du v√©ritable r√©volutionnaire exclut tout romantisme, toute sensibilit√©, tout enthousiasme ou √©lan. Il exclut m√™me la haine et la vengeance personnelles. La passion r√©volutionnaire √©tant devenue sa seconde nature, doit s’appuyer sur le calcul le plus froid. Partout et toujours, il doit incarner non pas ce √ quoi le poussent ses entra√ģnements personnels, mais ce que lui prescrit l’int√©r√™t de la r√©volution. ATTITUDE DU R√‰VOLUTIONNAIRE ENVERS SES CAMARADES

    8. Le r√©volutionnaire ne peut ch√©rir et traiter en ami que celui qui a r√©ellement fait preuve d’une activit√© r√©volutionnaire √©gale √ la sienne. La mesure de l’amiti√©, du d√©vouement et autres devoirs envers un camarade, est d√©termin√©e exclusivement par le degr√© d’utilit√© de celui-ci au point de vue des effets pratiques de la r√©volution destructrice.

    9. Nous n’avons pas √ insister sur la solidarit√© des r√©volutionnaires entre eux. C’est en cette solidarit√© que r√©side toute la force de l’action r√©volutionnaire. Les camarades r√©volutionnaires qui poss√®dent au m√™me degr√© la passion r√©volutionnaire, doivent autant que possible discuter en commun et r√©soudre √ l’unanimit√© toutes les affaires importantes. Mais en ce qui concerne l’ex√©cution du plan con√ßu, chacun doit travailler seul √ la r√©alisation de l’action destructrice, et n’avoir recours aux conseils et √ l’aide de ses camarades qu’ au cas o√Ļ cela serait indispensable pour le succ√®s de l’entreprise.

    10. Chaque camarade doit avoir sous la main plusieurs r√©volutionnaires de seconde et de troisi√®me cat√©gorie, c’est √ -dire √ moiti√© initi√©s. Il doit les consid√©rer comme faisant partie du capital r√©volutionnaire mis √ sa disposition. Il d√©pensera avec √©conomie la partie du capital qui lui est √©chue, cherchant toujours √ en tirer le plus grand profit. Il doit √™tre d√©pens√© pour le triomphe de la cause r√©volutionnaire, un capital dont il ne pourra disposer sans le consentement de toute la confr√©rie des initi√©s.

    11. Lorsqu’un malheur arrive √ quelque camarade, et que le r√©volutionnaire doit d√©cider s’il faut, oui ou non, lui porter secours, il ne devra tenir compte des sentiments personnels, mais uniquement de l’int√©r√™t de la cause r√©volutionnaire. Aussi devra-t-il peser d’une part l’utilit√© que pr√©sente le camarade en question, d’autre part la d√©pense des forces r√©volutionnaires n√©cessaires pour le sauver ; il prendra sa d√©cision en cons√©quence.

    ATTITUDE DU R√‰VOLUTIONNAIRE ENVERS LA SOCI√‰T√‰

    12. L’admission d’un nouveau membre, dont le z√®le ne se serait manifest√© qu’en paroles et non en action, ne peut √™tre vot√©e qu’√ l’unanimit√©.

    13. Le r√©volutionnaire ne p√©n√®tre dans les sph√®res de l’√‰tat, des castes et de la soci√©t√© dite civilis√©e, et n’y vit, que dans le but de leur destruction aussi totale que rapide. Il n’est pas un vrai r√©volutionnaire s’il regrette quelque chose dans ce monde, si la situation et les relations d’un homme appartenant √ ce monde (o√Ļ tout doit lui √™tre √©galement ha√Įssable) le font h√©siter. Tant pis pour lui s’il a gard√© dans ces sph√®res des relations de parent√©, d’amiti√© ou d’amour ; il n’est pas un vrai r√©volutionnaire si elles peuvent faire h√©siter sa main.

    14. Dans le but d’une destruction implacable, le r√©volutionnaire peut et doit vivre au sein de la soci√©t√© et chercher √ para√ģtre tout diff√©rent de ce qu’il est en r√©alit√©. Le r√©volutionnaire devra p√©n√©trer partout, dans toutes les classes moyennes ou sup√©rieures - dans la boutique du commer√ßant, dans l’√©glise, dans l’h√ītel du noble, dans le monde bureaucratique, militaire, ainsi que dans celui des lettres, dans le IIIe Bureau et m√™me au Palais d’Hiver.

    15. Toute cette soci√©t√© abjecte doit, √™tre divis√©e en plusieurs cat√©gories : premi√®re cat√©gorie : elle est condamn√©e √ mort sans d√©lai. Qu’on √©tablisse une liste de ces personnes selon le degr√© auquel elles peuvent √™tre nuisibles au succ√®s de la cause r√©volutionnaire, afin que ceux qui portent les premiers num√©ros p√©rissent avant les autres.

    16. En √©tablissant l’ordre de cette liste, il ne faudra pas s’inspirer des m√©faits personnels de tel ou tel individu, ni m√™me de la haine que ces m√©faits ont provoqu√©e chez le peuple. Provisoirement, ces m√©faits et cette haine peuvent m√™me √™tre utiles, car ils aident √ √©veiller la r√©volte populaire. Il faudra donc s’inspirer du degr√© d’utilit√© qui pourra r√©sulter de la mort de cet individu, pour la cause r√©volutionnaire. Aussi, faudra-t-il supprimer en premier lieu les hommes tout particuli√®rement nuisibles √ l’organisation r√©volutionnaire, ainsi que ceux dont la mort violente et subite pourra inspirer le plus de terreur au gouvernement. En privant celui-ci d’hommes fermes et intelligents on arrivera √ √©branler son pouvoir.

    17. La seconde cat√©gorie devra pr√©cis√©ment comprendre les hommes auxquels on conf√®re la vie provisoirement, afin qu’ils provoquent la r√©volte in√©luctable du peuple par une s√©rie d’actes f√©roces.

    18. La troisi√®me cat√©gorie comprend un nombre consid√©rable de brutes haut plac√©es et de personnalit√©s qui, gr√Ęce √ leur situation, b√©n√©ficient de la richesse, des relations puissantes, de l’influence et du pouvoir. Il faut les exploiter de toutes les mani√®res, leur faire perdre pied, les rendre bredouilles, et en faire ses esclaves en mettant la main sur leurs vils secrets. Leur influence, leurs relations, leur pouvoir, leurs richesses et leur force deviendront ainsi un tr√©sor in√©puisable et un puissant secours pour les organisations r√©volutionnaires.

    19. La quatri√®me cat√©gorie comprend les hommes d’√‰tat ambitieux et les lib√©raux de toute nuance. Il est permis de conspirer en leur compagnie et selon leur programme, en faisant semblant de leur ob√©ir aveugl√©ment, tandis qu’en r√©alit√© on les asservit, on s’empare de leurs secrets, on les compromet d√©finitivement, afin de leur couper la retraite et jeter le trouble dans l’√‰tat par leur entremise.

    20. La cinqui√®me cat√©gorie comprend les doctrinaires, les conspirateurs et les r√©volutionnaires, se livrant √ des vaines palabres dans les cercles politiques et dans leurs √©crits. Il faut sans cesse les pousser, les entra√ģner, les obligeant √ faire des d√©clarations concr√®tes et dangereuses, dont le r√©sultat sera la faillite d√©finitive de la majorit√© et l’√©ducation r√©volutionnaire de quelques-uns.

    21. La sixi√®me cat√©gorie, fort importante, comprend les femmes, qu’il faut diviser en trois sous-cat√©gories : les unes l√©g√®res, stupides et sans √Ęme, dont on pourra user de m√™me que de la troisi√®me et de la quatri√®me cat√©gorie des hommes ; les autres ‹ passionn√©es, d√©vou√©es, mais n’√©tant pas des n√ītres, parce qu’elles n’ont pas encore √©labor√© une conception r√©elle, pratique et sans phrases de la cause r√©volutionnaire. Il faudra en tirer parti de m√™me que des hommes de la cinqui√®me cat√©gorie. Enfin, les femmes qui sont enti√®rement des n√ītres, c’est √ dire pleinement initi√©es et ayant accept√© l’ensemble de notre programme. Celles-ci sont nos camarades, et nous devons les envisager comme notre plus pr√©cieux tr√©sor, car nous ne saurions nous en passer. ATTITUDE DE LA CONFR√‰RIE ENVERS LE PEUPLE

    22. La Confr√©rie n’a pas d’autre but que l’enti√®re lib√©ration et le bonheur du peuple - c’est-√ -dire des travailleurs. Mais convaincue que cette lib√©ration et ce bonheur ne sont possibles qu’au moyen d’une r√©volution populaire qui balayerait tout sur son passage, la Confr√©rie contribuera de toutes ses forces et de toutes ses ressources au d√©veloppement et √ l’extension des souffrances qui √©puiseront la patience du peuple et le pousseront √ un soul√®vement g√©n√©ral.

    23. La Confr√©rie n’entend pas sous ¬« r√©volution populaire¬ » un mouvement r√©gl√© selon les id√©es de l’Occident, et qui s’arr√™terait respectueusement devant la propri√©t√© et les traditions de l’ordre social, et devant ce qu’on appelle la civilisation et la moralit√©. Ce genre de mouvement s’est born√© jusqu’ici √ renverser une forme politique, afin de la remplacer par une autre et de cr√©er l’√‰tat dit r√©volutionnaire. Seule peut √™tre salutaire au peuple une r√©volution qui d√©truira jusqu’aux racines de l’√‰tat, et supprimera toutes les traditions, les classes et l’ordre m√™me existant en Russie.

    24. Aussi, la Confr√©rie n’a nulle intention d’imposer au peuple une organisation venant d’en haut. La future organisation sera sans aucun doute √©labor√©e par le mouvement et la vie populaire elle-m√™me ‹ mais c’est l√ l’affaire des g√©n√©rations futures. Notre oeuvre √ nous est une destruction terrible, enti√®re, g√©n√©rale et implacable.

    25. Aussi, en cherchant un rapprochement avec le peuple, nous devons tout d’abord nous joindre aux √©l√©ments populaires qui, depuis la fondation de l’√‰tat moscovite, n’ont pas cess√© de protester non seulement en paroles, mais en actes, contre tout ce qui est li√© directement et indirectement au pouvoir : la noblesse, les fonctionnaires, les corporations, le commer√ßant exploiteur. Joignons-nous aux brigands hardis, qui sont les seuls v√©ritables r√©volutionnaires de la Russie.

    26. Fondre ces bandes en une force invincible qui d√©truira tout sur son passage - telle sera l’oeuvre de notre organisation, de notre conspiration, tel sera notre but.

    Serge Netcha√Įev

  • Voir en ligne : pour une petite bio- sur wiki

    P.-S.

    pour rassurer les autres citoyens et la police f√©d√©rale, j’ajouterai en √Ęme et conscience, que "Le cat√©chisme du r√©volutionnaire" ce n’est ni mon trip, ni ma tasse de th√©.

    Notes

    [1] Ήρωας : 1. από τους μεγαλύτερους εχθρούς της επανάστασης, πριν και μετά. Ειδικά επειδή δεν το γνωρίζει.=H√©ros : 1. un des plus grands ennemis de la r√©volution, avant et apr√®s. en particulier, puisqu’il ne la conna√ģtra jamais. cf. pamphlet 10

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